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Implantation de la pomme de terre

Préparer, planter, butter en réduisant les passages

21 décembre 2010

Recherche de performances accrues dans les débits de chantier, limitation des intervenants dans la réalisation des travaux et baisse du coût de production, amélioration de la qualité de formation des buttes, la combinaison des opérations de plantation est aujourd’hui plus qu’une piste de réflexion en prenant garde au respect agronomique de l’intervention.

Le chantier traditionnel d’implantation de la pomme de terre mobilise bon nombre d’équipements et moyens de traction : engins de manutention, remorque(s), tracteurs et équipements de travail du sol, de plantation et de buttage. L’association d’une cape de buttage (ou tôle formeuse) directement sur la planteuse permet de réaliser, sans trop de contrainte de traction, les opérations de plantation et de buttage en un seul passage. Cela nécessite de disposer au préalable d’un sol ameubli et émietté suffisamment profondément pour disposer d’une quantité de terre fine assez importante pour réaliser des buttes correctes. Pour cela, un très bon ressuyage du profil est requis pour assurer une préparation de sol profonde optimale sans risquer de tasser ou de lisser l’horizon non repris.

Pour pousser plus avant la combinaison d’outils, la préparation du sol et l’opération de plantation-buttage peuvent également aujourd’hui être réalisées en un seul passage grâce à la combinaison d’outils tirés, semi-portés ou portés y compris pour des plantations à 90 cm entre buttes. Ceci nécessite de disposer d’une puissance de traction suffisante, a minima 230 à 250 CV. Mais par rapport à la seule combinaison plantation/buttage, on supprime un tracteur. Compte tenu de la puissance requise qui pourrait être difficilement valorisable sur une seule exploitation, le recours à un travail en commun entre plusieurs producteurs est à examiner. Mais plus encore que précédemment, il est indispensable d’intervenir en bonnes conditions de sol.

Des réductions de temps et de coûts d’intervention variables

Les simulations d’ARVALIS-Institut du végétal ont permis de chiffrer les avantages économiques de ces techniques. Par rapport à des chantiers séparés, le gain en temps de main-d’œuvre est estimé à environ 30 % si l’on effectue seulement le buttage directement au moment de la plantation. Il est proche de 45 % si les trois opérations sont réalisées en un seul passage. Pour le coût de production, on peut tabler sur une diminution de 15 à 20 % du coût total du chantier quand on combine plantation et buttage. Par contre, le bénéfice s’amenuise fortement si on combine les trois opérations, compte tenu notamment du recours à une puissance de traction supérieure pour l’association de la préparation. L’avantage de la combinaison de ces techniques est ainsi d’abord organisationnel, car elles réduisent le nombre de matériels et de personnes mobilisés par le chantier de plantation. Le raisonnement dans le bon dimensionnement de l’investissement et la bonne valorisation de ces équipements spécifiques, mais aussi de traction, est donc à examiner de près dans le contexte général de l’exploitation.

Des impacts limités sur le comportement de la culture

Face à la remarque souvent émise d’un moindre réchauffement du sol dans le cas de la formation d’une butte définitive, les mesures montrent qu’il n’existe pratiquement pas d’écart sur les températures moyennes relevées au cœur de la butte sur la période plantation-levée pour les différents types de plantation. En effet, les grosses buttes se réchauffent moins en cours de journée, mais se refroidissent également moins la nuit. Pour éviter tout déboire, il est cependant nécessaire de travailler avec un plant bien conservé, gardant une bonne vigueur germinative, et réaliser l’implantation sur un sol convenablement ressuyé en profondeur et en cours de réchauffement. Dans ces conditions, on peut également compter sur une limitation des risques de tassement de sol liés à la multiplication des passages de roues dans la parcelle. D’un point de vue qualitatif, la teneur en matière sèche des tubercules apparaît peu affectée. Par contre, il est nécessaire de réaliser un traitement des plants efficace pour garantir la bonne qualité de présentation des tubercules (rhizoctone et de gale argentée).

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