En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Parcelle de blé tendre à dernière feuille étalée Messagerie Hauts-de-France

Préparer le dernier apport d’azote sur blé tendre avant une pluie

12 mai 2021

Un apport azoté positionné fin montaison (entre dernière feuille étalée et gonflement) des blés, juste avant une pluie, garantit une valorisation optimale en rendement et en protéines. Le point sur la stratégie à adopter cette année.

L’épiaison des blés est prévue avec près d’une semaine de retard !

Les températures du mois d’avril sont particulièrement fraîches, en lien avec les minimales plus froides que d’habitude, ce qui conduit à un ralentissement des stades des céréales à paille d’hiver cette année.

L’avancée des stades contraste avec les repères que nous avons habituellement. Au 5 mai 2021, la plupart des parcelles est encore au stade 2 nœuds, et les plus avancées arrivent au stade dernière feuille pointante (DFP), ce qui place l’année parmi les plus tardives sur cette période. Pour mémoire, l’année dernière (année très précoce), les premières parcelles commençaient déjà à épier au 10 mai !

Pour la région Hauts-de-France, le modèle physiologique d’ARVALIS prévoit le stade dernière feuille étalée (DFE) autour du 15-20 mai, voire 25 mai pour les situations les plus tardives.

Quant au stade épiaison, il devrait apparaître à partir du 20-25 mai pour les situations les plus précoces et s’étaler jusqu’à début juin pour les plus tardives, soit près d’1 semaine de retard par rapport aux références pluriannuelles (figure 1). Les conditions climatiques des prochains jours pourront également faire évoluer ces estimations.

Figure 1 : Nombre de jours de retard d’apparition du stade épiaison des blés en 2021 par rapport à la moyenne pluriannuelle

Une valorisation de l’azote au printemps 2021 parfois compliquée

Les apports azotés réalisés début montaison ont parfois été anticipés cette année compte tenu de la crainte d’une sécheresse potentielle. Toutefois, les épisodes pluvieux mi-mars, fin mars et les 9-10 avril ont été favorables à la valorisation des précédents apports azotés (tableau 1).

Par ailleurs, le temps frais du mois de mars a ralenti le développement des blés, qui ont atteint le stade épi 1 cm seulement début avril. Leurs besoins n’étaient donc pas forcément élevés courant mars.

Les apports azotés du mois de mars ont été bien valorisés dans l’ensemble, excepté ceux du 20-25 mars qui ont dû attendre les pluies du 9-10 avril. Pour ces situations, des pertes par volatilisation ont pu avoir lieu, d’autant plus que le temps était venteux à cette période. Ces pertes se chiffrent à 20-30 % pour la solution azotée et 5-10 % pour l’ammonitrate et les urées enrobées.

Tableau 1 : Valorisation des apports azotés de début montaison selon le cumul de pluies dans les 15 jours suivant l’apport (15-20 mm de pluies étant nécessaires à une bonne valorisation)

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Le potentiel des blés début mai est plutôt bon, mais la pluie est attendue

A ce jour, l’état du potentiel des blés est plutôt bon sur la région, les blés sont courts, les entre-nœuds très courts, mais les biomasses et les niveaux d’azote corrects. Le déficit pluviométrique commence à se faire sentir dans les terres les plus superficielles (figure 2), mais reste encore peu marqué en sol profond (figure 3).

Pour autant, à ce stade, le blé est capable d’endurer des carences temporaires en azote pendant la montaison sans gros dégâts jusqu’aux stades DFE / fin gonflement. Le retour de la pluie est donc attendu avec impatience. Un apport azoté positionné entre dernière feuille étalée et gonflement, juste avant une pluie, garantira une valorisation optimale en rendement et en protéines.

Figure 2 : Simulation du déficit en eau en terre de cranettes séchantes à Saint-Fuscien (80) - variété Ténor semée le 2 décembre

Figure 3 : Simulation du déficit en eau en sol de limon profond à Aubigny-aux-Kaisnes (02) – Variété Chevignon semée le 19 octobre

Comment appliquer le dernier apport azoté fin montaison ?

Il est important de rappeler que dans bon nombre de situations cette année, de grandes quantités d’azote ont parfois déjà été appliquées. Mais, au vu de la tardivité de l’année, les plantes poussent lentement mais sûrement, et les besoins n’étaient pas si énormes jusqu’à aujourd’hui. Actuellement, les stades sont d’une semaine en retard cette année, alors qu’on était en avance de 1 à 2 jours à épi 1 cm. Il est donc quasi impossible pour les blés d’avoir absorbé tout l’azote qui a parfois été appliqué. Et maintenant, cet azote n’est plus vraiment disponible car réorganisé, voire en partie volatilisé. Il est donc possible d’attendre, et de diagnostiquer le plus tard possible les blés avec les outils de pilotage afin de prendre en compte le potentiel de l’année qui est encore très bon à ce jour.

En cas de déclenchement assez élevé avec les outils de pilotage (complément > 50 kg N/ha), il est recommandé de le fractionner : une première partie apportée rapidement, le solde apporté entre gonflement et début épiaison. Dans tous les cas, l’apport ne doit être réalisé que si une pluie significative est prévue.

Quelques chiffres « repères » autour de l’azote en Hauts-de-FranceLes références régionales pluriannuelles indiquent des absorptions d’azote (parties aériennes) entre 120 et 160 u au stade 2 nœuds, et entre 170 et 210 u au stade DFE. A floraison, on sera entre 220 et 270 u en moyenne ; ceci comprend les apports minéraux bien sûr mais aussi les fournitures du sol.
A titre indicatif, si aujourd’hui, 7 mai, vous avez déjà appliqué plus de 140 u, le surplus n’a sûrement pas - et ne pourra pas- être absorbé.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10