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Profil de sol : résidus de paille de blé ou d'orge sur la terre Vidéo

Pourquoi restaurer le stock en matière organique des sols ?

29 mai 2019

Depuis plusieurs années, une baisse des teneurs en matière organique dans les sols du sud de la France est observée. De nombreux projets ont été menés sur la restauration de la fertilité via l'agriculture de conservation des sols ou par l'apport de matières organiques exogènes. Les conséquences sont multiples comme l'amélioration de la fertilité physique du sol ou la réduction des transferts de produits phytosanitaires dans l'environnement. Explications en vidéo avec Lionel Alletto, chargé de mission environnement à la chambre régionale d'Agriculture d'Occitanie.

Pour Lionel Alletto, cette baisse des teneurs en matière organique s’explique par la combinaison de trois pratiques : le retrait de l’élevage, l’intensification du travail du sol et l’exportation de pailles.

Elle a des conséquences multiples, comme par exemple une diminution de la stabilité des agrégats de sol, qui conduisent dans certains cas à de l’érosion, et donc, à une perte de la fertilité de la parcelle concernée.

La fertilité des sols : le point centrale de nombreux projets

A la fin des années 90, des travaux ont été engagés - entre chambres, instituts et coopératives - autour de techniques d’agriculture de conservation. L’objectif était de mieux comprendre le fonctionnement agronomique et les performances économiques des systèmes où le labour était abandonné.

D’autres projets, qui ne s’intéressaient pas uniquement à l’agriculture de conservation, visaient à ré-aiguiller le système dans lequel le statut organique des sols était restauré par des apports par exemple de matière organique exogène (compost, fumier…).

Aujourd’hui, la Chambre d’agriculture de l’Ariège continue de travailler sur le curseur de la matière organique dans les sols, afin de voir ses impacts agronomiques et environnementaux, notamment en matière de fuites de produits phytosanitaires.

Plus récemment, un projet en région a été engagé principalement à destination des céréaliers avec une clé d’entrée autour de la restauration de la qualité et la quantité de matière organique que l’on peut espérer dans un sol agricole.

Une meilleure fertilité du sol pour réduire les transferts de produits phytosanitaires

Les principaux résultats de ces projets de restauration du stock de carbone dans le sol montrent une amélioration de la fertilité physique du milieu assez rapide, sur la culture de printemps qui suit. Des effets agronomiques intéressants sont constatés dans ces systèmes, comme des niveaux de rendement équivalents ou le plus souvent améliorés. A moyen terme, les sols sont globalement plus stables et se comportent un peu mieux, notamment sur coteaux face à des problématiques d’érosion.

Un exemple concret de service que l’on peut attendre est celui d’épuration, en particulier des produits phytosanitaires. Lorsque le sol est bien pourvu en matière organique, les risques de transfert vers les eaux par ruissellement et érosion ont plutôt tendance à être limités. En effet, la meilleure stabilité des sols diminue les risques de transfert, par lixiviation ou par drainage, en adsorbant les molécules. Ainsi retenues, elles sont éventuellement dégradées par l’activité biologique du milieu.

Aujourd’hui, un consensus existe : en restaurant la matière organique dans les sols, on a tendance à réduire les risques de transferts dans l’environnement des produits phytosanitaires.

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3 commentaires 02 juin 2019 par VI

Les intégristes de l'écologie oublient que la famine fait partie de l'écologie,comme aux siècles précédent dans l'histoire de France,du temps ou toutes les fermes avait de fumier. Mais maintenant ça s'appellerait la malnutrition

01 juin 2019 par PINAUD

avec 40 ans de retard on y arrive ! encore un petit effort et la biodiversité va retrouver ses droits et sa place légitime Un agronome désabusé !

31 mai 2019 par MARTIN

On se rappelle que les amines substituées maintenant interdites comme le reste, sont plus lessivés par les sols riches en MO que par les sols qui en sont dépourvus. Que sont devenues les parcelles dites de Demolon (mais bien antérieures) de Grignon mais retournées il y a moins de 20ans et sur les quelles étaient suivis depuis plus d'un siècle les effets des amendements sur les sols cultivés . Leurs résultats osaient-ils contredire les élucubrations des écolos ?

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