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Des adventices (ray-grass et autres) sur une butte de pommes de terre en 2021 Messagerie Nord

Pommes de terre : comment désherber efficacement avec la sécheresse actuelle ?

29 avril 2021

Pour optimiser le désherbage des pommes de terre, l’idéal est d’intervenir dès la prélevée. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour élaborer le meilleur programme : flore adventice présente, niveau d’infestation de la parcelle, climat, qualité du buttage et variété plantée. Voici les recommandations pour cette campagne 2021.

La période de sensibilité à la concurrence des adventices s’étend de la levée à la fermeture des rangs. L’enjeu du désherbage est donc de limiter la concurrence des adventices afin de réduire leur nuisibilité sur la culture en place (rendement, qualité), d’éviter le re-salissement de la parcelle, et donc, l’augmentation du stock semencier pour les cultures suivantes, mais également d’éviter de créer un milieu favorable à l’installation et au développement des maladies, des virus…

Quelle flore dans la parcelle ?

Avant d’élaborer la stratégie de désherbage, il est essentiel de connaître le sol et la flore à venir de la parcelle. Morelle, chénopode, matricaire, renouée liseron, renouée des oiseaux et gaillet sont généralement les adventices les plus fréquentes. En raison de leur important développement, ces adventices se révèlent souvent problématiques, notamment pour les chantiers de récolte.

Mercuriale, séneçon, fumeterre, sanves, ravenelles ainsi que le datura sont également de plus en plus présents en culture de pomme de terre. A ce cortège de dicotylédones annuelles, on peut ajouter des graminées (ray-grass, pâturin, sétaire, panic…) et des plantes vivaces comme le chardon des champs, le chiendent, le laiteron des champs…

La maîtrise des dicotylédones se joue principalement en prélevée

La sélectivité des herbicides est dite de position, c’est-à-dire que l’herbicide doit être réparti dans la couche superficielle du sol pour être absorbé par les racines des adventices alors que la pomme de terre doit se développer dans une zone sans produit. Il faut donc réaliser les traitements sur butte définitive, suffisamment émiettée, légèrement humide, et au moins une semaine avant la levée. La persistance des herbicides étant loin de couvrir toute la durée de la culture, l’utilisation d’un plant sain et bien préparé ainsi qu’un sol réchauffé permettront d’avoir une couverture rapide du sol, et donc de résoudre le problème de manque de persistance des herbicides.

Adapter le mélange herbicide en fonction de la flore

Pour la campagne 2021, le climat de ce printemps est plutôt sec, au risque d’avoir une moins bonne efficacité du désherbage de prélevée. Dans ce cas, et s’il n’y a pas de pluies prévues, privilégier plutôt les mélanges à base de clomazone, cette matière active étant capable de se « réactiver » très tard après l’apport avec un retour des pluies. Eviter par contre l’utilisation de produits à base de métobromuron. Cette substance active appartient à la famille des urées et risque donc d’avoir une moindre efficacité en conditions sèches.

Voici quelques exemples d’associations de produits :

• Parcelles « propres » : l’association Défi + Sencoral SC (3 à 4 l + 0,5 l) ou Arcade (4 l) reste toujours une base intéressante. Il est également possible d’utiliser des produits tels que Toutatis Damtec (2,4 kg/ha), Metric (1,25 l/ha), Bastille (2,5 kg/ha), et Tahoma (1,2 l/ha).

• Infestation faible à moyenne (renouée liseron, mercuriale, gaillet, morelle) : favoriser plutôt des associations à base de Challenge 600 + Arcade (2 l/ha + 3 l/ha), Toutatis D. + Sencoral SC (2,4 kg/ha + 0,3 l/ha), Toutatis D. + Défi/Roxy (2,4 kg/ha + 2,5 l/ha).

• Parcelles très « sales » ou méconnues (comme les parcelles louées dont on ne connaît pas l’infestation en adventices) : le mélange de trois produits peut s’avérer intéressant avec par exemple Défi/Roxy + Proman/Soleto/Inigo + Metric (3 l/ha + 2 l/ha + 1,25 l/ha) ou encore Défi/Roxy + Proman/Soleto/Inigo + Sencoral SC (3 l/ha + 2 l/ha + 0,3 l/ha).

Dans le cas d’un printemps sec, si la prélevée n’est pas complétement efficace, un rattrapage en postlevée n’est pas à écarter.

Des conditions particulières pour l’application de certains produits

La métribuzine (présente dans les spécialités commerciales Almeria 70 WG, Bretteur, Sencoral SC, par exemple) n’est pas tolérée par toutes les variétés. Il faut vérifier la sensibilité variétale avant son application. De même, avant d'utiliser cette molécule, il faut suivre un arbre de décision qui aide à définir le type de parcelles où la mise en place d’un dispositif de cloisonnement des inter-rangs est nécessaire pour éviter le ruissellement et protéger les organismes aquatiques.

Quant au prosulfocarbe (présent dans les spécialités Défi, Roxy 800EC et Arcade), il doit obligatoirement être appliqué avec un matériel homologué pour réduire la dérive (buses à injection d’air en particulier). D’autre part, étant donné la nécessité de renforcer les conditions d’emploi du produit afin d’éviter la dissémination de la substance active, en cas d’application sur une parcelle adjacente à des cultures non-cibles (cultures maraîchères, légumières, aromatiques ou médicinales), voici ce qui est préconisé :

• Si des cultures non-cibles sont situées à moins de 500 mètres de la parcelle traitée : ne pas appliquer le produit avant la récolte de ces cultures.

• Si les cultures non-cibles sont situées à plus de 500 mètres et à moins d’un kilomètre de la parcelle traitée :

- ne pas appliquer le produit avant la récolte de la culture ;
- ou, en cas d’impossibilité, appliquer le produit uniquement le matin avant 9 heures ou le soir après 18 heures, en conditions de température faible et d’hygrométrie élevée.

Enfin, rappelons que la spécialité Challenge 600 ne peut pas être utilisée sur la variété Monalisa en terre crayeuse.

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