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Fertilisation azotée des tubercules Calcul de dose et fractionnement

Pomme de terre : des besoins en azote réactualisés

04 avril 2019

La fertilisation azotée de la pomme de terre est un des leviers majeurs pour optimiser le rendement et la qualité des tubercules. Le raisonnement des apports d’azote repose en premier lieu sur une estimation correcte des besoins de la plante pour assurer une production de qualité, éviter un excès favorisant les accidents physiologiques (repousse, cœur creux) et limiter les pertes d’azote dans l’environnement par lessivage ou volatilisation.

Ces besoins sont estimés à partir de l’azote absorbé par la plante dans les différents organes et au cours du cycle végétatif (levée, tubérisation et sénescence). Ils dépendent essentiellement de la longueur du cycle – influencée par la précocité variétale et les conditions climatiques -, du type de sol et des objectifs de production (débouchés).

Des besoins en azote réévalués depuis 2017

Depuis 2017, ARVALIS propose de nouvelles références en terme de besoins par débouché et par bassin de production.

Précédemment, les besoins azotés étaient évalués à l’aide du modèle agrophysiologique CRITIC, basé sur des données climatiques sur la période 1974-1998. Mais l’évolution de la gamme variétale et les premiers effets du changement climatique de ces dernières années modifient les facteurs influençant la longueur du cycle, et donc, la production de biomasse.

Pour prendre en compte ces évolutions, les nouvelles références s’appuient sur près de 800 courbes de réponse mesurées sur les essais menés entre 1990 et 2015 ainsi que sur un objectif de rendement optimal réévalué de 95 à 98 % du maximum. Ce changement de seuil respecte mieux les performances variétales observées au champ ainsi que les objectifs de rendement optimaux d’autres espèces.

Les départements français peuvent ainsi être classés en quatre groupes de bassins de production (figure 1). Pour chaque bassin, les nouveaux besoins en azote sont différents selon les objectifs du débouché (tableau 1). Ils augmentent entre 10 et 35 kg N/ha par rapport aux anciennes références, avec des valeurs maximum de 300 kg N/ha, une moyenne de 200 kg N/ha et un écart-type entre bassin, précocité et durée du cycle d’environ 60 kg N/ha.

Ces nouveaux besoins n’augmentent pas de façon significative les reliquats post récolte.

Figure 1 : Répartition de la typologie des bassins de production en quatre classes de besoins

Tableau 1 : Exemples de besoins en azote réévalués pour le bassin 1 (besoins calculés en fonction du débouché et de la date de défanage).

Pour en savoir plus sur les nouveaux besoins par bassin de production et par débouché, téléchargez la brochure disponible en accès libre « Azote et pomme de terre : bien évaluer les besoins pour maîtriser les apports ».

Ces nouvelles références sont maintenant intégrées et relayées par le COMIFER. De façon opérationnelle, elles sont intégrées dans les outils de calcul de dose prévisionnelle conforme à la méthode COMIFER. Cependant, les arrêtés référentiels régionaux concernant la directive nitratent et plus particulièrement la mesure d’équilibre de la fertilisation azotée n’intègre pas encore à ce jour toutes ces références. Certains programmes régionaux et arrêtés sont en cours de révision (notamment dans les nouvelles grandes régions du Grand Est, Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté).

Augmenter l’efficacité des apports grâce au fractionnement

L’augmentation des besoins engendre de ce fait un apport d’azote plus conséquent à la plantation, et donc un risque accru de perte par lixiviation. Le fractionnement des apports peut limiter ce processus et permettre d’ajuster au mieux les apports à la dynamique d’absorption de la culture.

Une synthèse de 54 essais, conduits par ARVALIS et ses partenaires, a montré qu’un premier apport à la plantation (au moins 50 % de la dose totale), suivi d’un deuxième apport au plus tard 45 jours après la levée, favorisent la dynamique d’absorption de l’azote dans la partie aérienne et dans les tubercules. Au-delà de 45 jours après la levée, un apport d’azote est moins efficace, il engendre une baisse de rendement de l’ordre de 0,5 t/ha (figure 2).

Pour aller plus loin dans le pilotage des apports, ARVALIS et ses partenaires travaillent actuellement sur un projet de pilotage en cours de culture basé sur la télédétection.

Figure 2 : Impact sur le rendement d’un deuxième apport d’azote selon la date de l’apport après la levée

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5 commentaires 10 avril 2019 par ARVALIS

Bonjour, Les besoins pour les pommes de terre grenaille ne s’appliquent que dans les parcelles cultivées entièrement pour ce débouché ; peu de surfaces et peu de parcelles spécifiques sont concernées. Si on cultive des pommes de terre à chair ferme pour ensuite trier les petits calibres et les vendre en grenaille, la grenaille n’est alors pas un débouché spécifique, mais bien un tri de la production de chair ferme (ce qui arrive plus régulièrement). Dans ce cas, il faut prendre les besoins pour les pommes de terre à chair ferme. ARVALIS participe au GREN Hauts-de-France et nos références sont cohérentes avec les décisions prises collégialement. Par ailleurs, ARVALIS ne s’occupe pas des besoins des plants de pommes de terre. Pour cela, il faut s’adresser directement à la FN3PT. Cordialement

08 avril 2019 par ARVALIS

Bonjour, non il n’y a pas de modulation variétale. Les nouvelles références pour les besoins sont estimées par rapport au débouché et au groupe de précocité. Par conséquent, pour savoir quels sont les besoins de sa variété, il faut d’abord se situer sur la carte des bassins de production, puis connaître le débouché et ensuite la date de plantation et de défanage. Cordialement

08 avril 2019 par LEUBA

Je ne trouve pas sérieux qu'il y ait un écart entre le bassin de production n°1 (région des Hauts-de-France) et les valeurs validées par le GREN des Hauts-de-France. En particulier un tableau "Grenailles" existe alors que lors du GREN à la demande des professionnels de la pomme de terre présents, il avait été convenu d'aligner les besoins sur la pomme de terre Grenaille sur la pomme de terre "chair ferme". De même lors de la réunion du GREN il avait été demandé que les besoins du Plant de pommes de terre soient alignés sur les besoins de la pomme de terre de consommation. Pourquoi n'est-ce pas indiqué dans vos tableaux ?

08 avril 2019 par LEUBA

Je ne trouve pas sérieux qu'il y ait un écart entre le bassin de production n°1 (région des Hauts-de-France) et les valeurs validées par le GREN des Hauts-de-France. En particulier un tableau "Grenailles" existe alors que lors du GREN à la demande des professionnels de la pomme de terre présents, il avait été convenu d'aligner les besoins sur la pomme de terre Grenaille sur la pomme de terre "chair ferme".

06 avril 2019 par TROLET

Bonjour Avec ce nouveau référentiel de gestion d azote il n y a plus de modulation à la hausse ou à la baisse selon les variétés?

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