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Parcelle de blé tendre avec des symptômes de fusarioses sur les épis, au loin l’orage, en mai 2021 en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Pluie et fraîcheur : des conditions optimales pour le remplissage mais attention aux fusarioses

27 mai 2021

Après la longue période de sécheresse, le retour des pluies début mai est arrivé à point nommé afin de préserver les potentiels en place et valoriser les derniers apports d’azote. Le temps actuel, alternant pluies et éclaircies avec des températures fraîches, est idéal pour le remplissage des grains. Néanmoins, la majorité des parcelles se trouvant au stade floraison, les averses répétées exposent les céréales au développement des fusarioses des épis.

Des potentiels préservés dans la plupart des situations

Après des mois de mars et avril très secs, le retour de la pluie depuis début mai est salutaire au maintien des potentiels en place. Les épisodes pluvieux de ce début de mois ont permis de solder les derniers apports d’azote dans les parcelles, avec une bonne valorisation de ceux-ci. Les potentiels actuellement en place dans la région sont plutôt bons ; exception faite des parcelles aux sols très superficiels et/ou situées dans des secteurs où la pluie a fait défaut en avril (Vendée, sud Loire-Atlantique), pour lesquelles l’impact de la sécheresse est avéré.

Un temps frais et régulièrement pluvieux très favorable au remplissage des céréales

Le remplissage des grains assure la dernière composante du rendement qu’est le poids de mille grains (PMG). Cette phase démarre pratiquement dès la floraison (après la fécondation des fleurs et une phase de formation des enveloppes des grains) et se termine au stade « maturité physiologique » (stade atteint environ 750-800°C depuis l’épiaison pour un blé). Ses conditions de réalisation sont optimales dès lors que la culture est bien alimentée en eau et en l’absence d’excès thermiques.

Pour les parcelles précoces, qui ont atteint ce stade, le remplissage démarre donc dans des conditions favorables. La fraîcheur actuelle favorise le métabolisme de la synthèse de l’amidon (optimum de température : 14°C). Avec une alimentation régulière en eau, elle permet la photosynthèse d’éléments carbonés directement alloués aux grains en croissance alors qu’en situation de stress, la photosynthèse est réduite et le remplissage est majoritairement assuré par remobilisation des sucres stockés dans l’appareil végétatif avec une sénescence rapide.

Un bon remplissage ne pourra toutefois pas rattraper totalement les situations dans lesquelles la sécheresse a entraîné de fortes régressions de talles et où le nombre d’épis /m² est limitant.

Un risque fusarioses accentué par le retour des pluies en mai

Le risque de voir apparaître des fusarioses est la résultante de trois facteurs agronomiques : la nature du précédent, le travail du sol et la sensibilité de la variété (figure 1). A ce risque agronomique vient s’ajouter un risque lié aux conditions climatiques à la floraison qui est déterminant dans le développement du champignon parasite : les épisodes pluvieux autours du stade floraison (à +/- 7 jours) augmentent significativement le risque en permettant successivement la maturation de l’inoculum et la contamination des épis.

Figure 1 : Grille d’évaluation sur blé tendre du risque d’accumulation du déoxynivalénol (DON) dans le grain et d’aide au traitement contre les fusarioses sur épi (Fusarium graminearum et F. culmorum)

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Pour les semis d’octobre, les floraisons ont en majorité eu lieu aux alentours du 10 mai, période à laquelle les cumuls de précipitations étaient conséquents sur la totalité de la région (tableau 1) : au regard de ces éléments, le risque fusarioses est donc particulièrement important cette année.

Tableau 1 : Pluies +/- 7 jours autours de la floraison : les cumuls de pluie sont conséquents sur la totalité des postes météo de la région, à partir d’une date de floraison au 30 avril

Des interventions difficiles à positionner encore cette année

Bien que ne présentant que des niveaux d’efficacité modestes, les traitements anti-fusarioses restent l’un des leviers permettant de préserver la qualité sanitaire des grains. Pour cela, l’application fongicide doit être positionnée au tout début de la floraison, lorsque les toutes premières étamines commencent à apparaître sur les épis. Au-delà de ce stade très fugace, l’efficacité du fongicide décroît très rapidement.

• Pour les variétés précoces à demi-précoces, ce stade est désormais largement dépassé : malheureusement, les fenêtres d’intervention ont été extrêmement réduites cette année du fait de la présence quasi permanente de pluie et/ou de vent.

• Pour les parcelles les plus tardives - nord de la région, semis tardifs, variétés demi-tardives - il est encore possible d’intervenir au bon stade : l’intervention est recommandée si la parcelle est à risque, notamment sur les variétés les plus sensibles.

Prairies

Les conditions climatiques actuelles sont également bénéfiques pour les prairies. Le retour de pluies significatives et régulières permet en effet une reprise de la pousse de l’herbe mais celle-ci reste toutefois inférieure aux normales saisonnières du fait de la fraîcheur. Le retour de températures plus douces ouvre la perspective de reconstituer en partie des stocks de fourrage, alors que les exploitations de début de printemps étaient déficitaires. Pour les parcelles de graminées qui n’auraient pas encore eu d’apport d’azote suite à la dernière exploitation, un apport est recommandé pour soutenir la croissance.


Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, Bernard Agri-services, la CAPL, la CAVAC, les Etablissements Hautbois, Soufflet Agriculture
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