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Jeunes plantes de blé, au stade levée 3 feuilles, en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Planifier les interventions aux stades jeunes des céréales

19 novembre 2020

Les semis de céréales sont quasiment terminés. Avec la douceur, les levées ont été rapides et régulières, les stades de cultures s’échelonnent actuellement de germination à 5 feuilles. Depuis les premiers semis (10-15 octobre), les températures enregistrées sont très douces, et par conséquent très favorables à l’activité des pucerons et des cicadelles. L’observation des parcelles doit donc être renforcée et la vigilance maintenue, y compris dans celles ayant déjà reçu une protection insecticide. Le désherbage précoce des parcelles est également une priorité.

Les pucerons sont présents dans la quasi-totalité des parcelles

Les vols d’ailés (primo-vecteurs de virus responsables de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO)) sont possibles à partir d’une température moyenne de 12°C. Leur multiplication et leur dissémination dans les parcelles sont également conditionnées par des températures douces (entre 10 et 25°C).

Les conditions climatiques observées depuis le démarrage des semis sont – à l’exception de courts épisodes plus frais – très favorables à l’activité des pucerons. Leur présence est actuellement constatée sur un grand nombre de parcelles. La surveillance est essentielle pour positionner au mieux une éventuelle intervention insecticide. En effet, l’utilisation systématique et répétée de pyréthrinoïdes peut conduire à l’apparition de phénomènes de résistance, alors qu’une application bien positionnée sera plus efficace et limitera les risques. Ainsi, l’ajout systématique d’un insecticide lors du désherbage, sans observation et évaluation du risque, est à proscrire, d’autant plus lorsqu’il intervient à un stade jeune (stade 1 feuille, idéal pour une intervention herbicide).

Il est recommandé d’intervenir avec un traitement insecticide dès lors que 10 % des plantes sont porteuses d’au moins 1 puceron ou quand la présence de pucerons est observée pendant plus de 10 jours.

Les publications du Bulletin de santé du Végétal sont également des sources d’information pour apprécier l’évolution du niveau de risque en région.

Figure 1 : Températures et précipitations moyennes enregistrées de septembre à novembre 2020 sur la station météo d’Angers (comparaison aux températures moyennes des 10 dernières années)

Surveiller aussi les cicadelles !

Habituellement peu présente dans notre région, la cicadelle Psammotettix alienus est observée cette année dans les parcelles de céréales. Cette cicadelle, à ne pas confondre avec la cicadelle verte (non préjudiciable sur céréale), est vectrice du virus responsable de la maladie du pied chétif et affecte tant les blés que les orges d’hiver. Son activité est elle aussi étroitement liée aux températures douces et aux journées ensoleillées.

Une intervention est préconisée dès lors que le seuil des 30 captures hebdomadaires est atteint (plaque jaune engluée ou cuvette jaune). Il est également possible de réaliser des observations directement dans les parcelles aux heures les plus chaudes de la journée, bien que cela ne soit pas facile ! Si une forte activité est constatée (observations de 5 zones dans la parcelle desquelles s’envolent devant soi au moins 5 cicadelles), un traitement doit être envisagé sans attendre.

Attention ! A ce jour, aucune variété n’est tolérante ou résistante à la maladie des pieds chétifs, que ce soit en blé ou en orge. Il est donc également important de surveiller ce ravageur dans toutes les parcelles – y compris les parcelles d’orges tolérantes à la JNO.


Photo 1 : reconnaître la cicadelle vectrice de la maladie des pieds chétifs
 : les différents critères observables
(Source O. Pillon, SRAL DRAFF Champagne-Ardenne, 2012)

Maintenir la surveillance des premières parcelles protégées

La persistance d’action des insecticides foliaires est de 15 jours maximum. Les parcelles semées début octobre ayant reçu une première application doivent donc être à nouveau surveillées au-delà de ces 15 jours tant que la douceur persiste. Si une ré-intervention est nécessaire – c’est-à-dire si le seuil de risque est à nouveau franchi – on veillera à changer de produit insecticide pour alterner les molécules appliquées et réduire ainsi le risque d’apparition de résistance.

Pour en savoir plus sur les molécules insecticides disponibles à l’automne pour la protection pucerons et cicadelles, consultez :
- le guide régional Choisir et Décider Blé tendre - p 22
- le guide régional Choisir et Décider orge - p 14

Désherbage : des salissements précoces

La douceur permet une installation rapide des céréales mais profite également aux mauvaises herbes ! On constate une levée groupée et un développement rapide des graminées (vulpins, ray-grass, pâturins) et des dicotylédones dans les parcelles. Si ce n’est déjà fait, il est important de désherber les parcelles sans tarder– et en priorité les parcelles avec vulpins et ray-grass.


Photo 2 : en novembre, on observe déjà des pâturins et des stellaires dans cette parcelle semée le 20
 octobre

Objectif zéro mauvaise herbe le jour du semis !

On note de nombreux repiquages dans les parcelles implantées sans labour. Ce phénomène est exacerbé cette année par les conditions humides et la fenêtre de travail étroite au moment des semis. Rappelons qu’il faut viser un semis sur une parcelle indemne de mauvaises herbes. Il est toujours risqué de vouloir les gérer lors du semis. Dans des céréales déjà levées, il ne sera pas possible de détruire chimiquement ces repiquages d’adventices développées, d’autant plus si ce sont des graminées (pâturins, ray-grass…).

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, la CAVAC, la Chambre d’agriculture de la Mayenne, Les établissements Hautbois, Terrena, Bernard Agri-Services

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