Orge de printemps semées à l’automne (10 novembre 2021) à Saulon-la-Chapelle (21) Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Pilotage de l’azote sur céréales : assurer l’efficacité de chaque unité

14 avril 2022

Dans un contexte de prix de l’azote élevé, le retour des pluies permet une meilleure absorption des apports antérieurs. Faisons le point sur la situation pour le pilotage de la fertilisation sur blé tendre et orges d’hiver.

Quelle valorisation des apports précédents ?

L’apport au stade tallage (avant mi-février) a bien été valorisé dans la région, sauf à Dijon où la pluviométrie est restée faible en février (deux fois moins que la médiane des vingt dernières années).

Le retour des pluies sur la première décade de mars a permis de bien valoriser les apports autour du stade épi 1 cm, hormis dans l’Yonne et au sud de la Saône-et-Loire, où il n’a été significatif qu’à partir de fin mars.

Tableau 1 : Valorisation d’un apport d’azote selon sa date de réalisation sur différents postes de la région pour 2022
Valorisation d’un apport d’azote selon sa date de réalisation sur différents postes de la région pour 2022

(en vert : 15 mm dans les 15 jours, en orange : 15 mm dans les 20 jours, en rouge : plus de 20 jours pour avoir 15 mm)

La bonne valorisation des apports est intervenue début mars à Dijon, tandis que à Sens, Auxerre et Macon, la période allant du 15 février au 15 mars a été défavorable cette année aux apports décalés.

Pilotage des blés : la patience est de mise

Les expérimentations ont montré que le positionnement du dernier apport d’azote qui optimise à la fois le rendement et la teneur en protéines est autour de la sortie de la dernière feuille (figure 1).

Figure 1 : Effet du positionnement du dernier apport d’azote sur le rendement et la teneur en protéines du blé tendre d’hiver (2014, projet BOP – APPV 21°, synthèse de l’analyse de 800 parcelles des campagnes 2011, 2012 et 2013)
Effet du positionnement du dernier apport d’azote sur le rendement et la teneur en protéines du blé tendre d’hiver

Au stade fin montaison, l’efficacité des engrais dépasse régulièrement 90 % de la dose apportée. Un troisième apport d’azote trop précoce peut entraîner une consommation de « luxe », en alimentant des tiges qui, soit ne monteront pas à épis, soit feront très peu de grains au détriment de l’atteinte des 11 ou 11,5 % de protéines requises selon les cahiers des charges.

Le stade dernière feuille pointante est prévu, autour du 20 avril pour les situations précoces, et jusqu’au 5 mai pour les situations les plus tardives.

Tableau 2 : Valorisation fréquentielle d’un apport d’azote selon sa date de réalisation sur différents postes de la région
Valorisation fréquentielle d’un apport d’azote selon sa date de réalisation sur différents postes de la région

Pour sept années sur dix : 15 mm dans les 15 jours en vert, 15 mm dans les 20 jours en orange, plus de 20 jours pour avoir 15 mm en rouge.

Les épisodes pluvio-orageux très fréquents fin avril-début mai (au moins sept années sur dix) permettent une très bonne efficacité des apports d’engrais sur l’ensemble de la région.

Ainsi, les apports d’azote réalisés à partir du stade dernière feuille bénéficient simultanément de bonnes conditions de valorisation (pluviométrie régulière) et d’une assimilation très rapide par les plantes en pleine croissance à cette période, tout en assurant la teneur en protéines. En fin de montaison, leur efficacité atteint généralement 95 à 100 %, réduisant ainsi la part d’engrais non utilisée. En parallèle, la rentabilité de l’engrais est sensiblement augmentée, atout non négligeable dans un contexte de prix élevé.

Pilotage des orges d’hiver et de printemps semées à l’automne : c’est le moment !

Le pilotage de l’orge permet de faire un diagnostic de nutrition azotée après valorisation de l’apport à épi 1 cm (au moins 15 mm d’eau dans les 15 jours).

Figure 2 : Pilotage de l’azote sur orge d’hiver avec l’exemple de la pince HN-Tester
Pilotage de l’azote sur orge d’hiver avec l’exemple de la pince HN-Tester

L’objectif est d’augmenter le rendement tout en n’excédant pas une teneur en protéines supérieure à 11,5 % (limite haute pour les orges brassicoles). L’intérêt est aussi de ne pas être en dessous du seuil de 9,5 % de protéines, un problème en augmentation ces dernières années.

A noter que les orges de printemps semées à l’automne (OPA) sont fertilisées et pilotées selon les mêmes méthodes que celles énoncées précédemment sur orges d’hiver. Les exigences malteurs-brasseurs nécessitent un taux de protéines minimum de 9,5 % que les OPA n’atteignent pas certaines années.

>> Le pilotage de fin de cycle nécessite d’anticiper la mise en place au stade épi 1 cm d’une bande sur-fertilisée.

Orge de printemps semées à l’automne (10 novembre 2021) à Saulon-la-Chapelle (21)
Orges de printemps semées à l’automne (10 novembre 2021) à Saulon-la-Chapelle (21)

Pilotage des orges de printemps : penser à faire une zone sur-fertilisée !

La préconisation de fertilisation est de solder l’azote avant le stade fin tallage sur orges de printemps semées au printemps (OP). En effet, la stratégie en deux apports est la plus efficace pour optimiser le rendement et la teneur en protéines (+ 0,3 % de protéines et + 3 q/ha par rapport à une stratégie avec un apport au semis).

Afin de pouvoir piloter les orges de printemps, la pince HN-Tester pourra être utilisée au stade 1 nœud pour corriger les carences éventuelles et ne pas « louper » les situations favorables. Comme pour les orges d’hiver, il faudra penser à faire une bande sur-fertilisée en cours de tallage.

Orge de printemps semées au printemps (4 mars 2022) à Saulon-la-Chapelle (21)
Orges de printemps semées au printemps (4 mars 2022) à Saulon-la-Chapelle (21)

Article rédigé par les partenaires de « Blé Orge Objectifs Protéines » (BOOP) Bourgogne-Franche-Comté :
CHAVASSIEUX Diane, PASCAL Eléonore et PELCE Luc (ARVALIS), BLAS Jérémie (CA21), BONNIN Emmanuel (Soufflet Agriculture), BOUCHIE Jean-Michel (Axereal), BOULLY Christine (Bourgogne du Sud), CHOPARD Patrick (CA39), COURBET Emeric (CA70), DERELLE Damien (SeineYonne), FLAMAND Romain (SAS Bresson), GUITTARD Jean-Michel (Terre Comtoise), KOEHL Philippe (Interval), LACHAUD Dominique (SAS Ruzé), LAMBARE Camille (CRA BFC), LOISEAU Marie-Agnès (CA89), MIMEAU MICKAËL (Dijon Céréales), SCHNOEBELEN Franck (CA25-90), VILLARD Antoine (CA71) et ZAMBOTTO Cédric (CA58)

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