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Risque piétin verse sur blé tendre Messagerie Bretagne

Piétin-verse du blé : évaluer le risque à la parcelle

01 avril 2021

Les conditions météo depuis les semis de blé n’ont pas été favorables au développement du piétin-verse en Bretagne. De fait, le risque climatique, évalué à partir du modèle TOP, est moyen à faible en 2021. Mais ce n’est qu’un élément partiel d’évaluation du risque. Celle-ci doit également s’appuyer sur une analyse agronomique à l’échelle de la parcelle.

Le modèle TOP permet d’avoir un indice de risque climatique au niveau régional sur blé tendre en sortie d’hiver. Les données d’entrée sont la pluie et les températures journalières à partir de la date de semis.
Les différentes situations étudiées cette semaine dans le cadre du BSV montrent un risque climatique moyen à faible pour des semis du 25 octobre ou du 25 novembre pour l’ensemble de la Bretagne. Pour les semis encore plus tardifs, le risque est faible.

Pour en savoir plus, consultez le dernier BSV Bretagne.

Un risque climatique à combiner avec le risque agronomique de la parcelle

Le piétin-verse est une maladie inféodée à la parcelle qui touche uniquement les bas de tiges. L’inoculum se maintient d’une année à l’autre sur les chaumes, les repousses de céréales ou les graminées adventices contaminées. Il faut donc qu’il y ait eu une attaque conséquente les dernières années pour qu’un minimum d’inoculum soit présent dans la parcelle et contamine ensuite les tiges durant l’hiver et le printemps.

Cela doit conduire à relativiser les risques agronomiques et climatiques parfois élevés annoncés par les outils.

Plusieurs facteurs permettent d’estimer le risque pour chaque parcelle :
1- La sensibilité variétale : c’est un levier majeur contre le piétin-verse ! De nombreuses variétés cultivées dans la région sont tolérantes (tableau 1). Pour les variétés ayant une note CTPS supérieure ou égale à 5, le risque est nul et aucun traitement spécifique n’est nécessaire. Cette situation est majoritaire dans la région. Le risque est principalement présent pour les variétés sensibles (notes 1 ou 2) semées tôt et moyennement sensibles (notes 3 et 4). Pour ces variétés, il est recommandé de ne traiter que les parcelles à risque en fonction de l’historique des attaques et des autres facteurs de risque (figure 1).

Tableau 1 : Classement des variétés de blé tendre selon leur note de résistance au piétin-verse

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2- Le type de sol : les limons battants sont les plus favorables aux attaques.

3- Le potentiel infectieux du sol (fréquence de retour du blé, travail du sol), et présence de piétin-verse au cours des années passées.

L’ensemble des facteurs agronomiques sont regroupés dans la grille de risque ci-dessous qui permet de faire une évaluation à la parcelle.

Figure 1 : Grille d’évaluation du risque piétin-verse sur blé à la parcelle

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Exemple :
• Chevignon (note CTPS 3) = note 3.
• Précédent maïs fourrage : note = 0.
• Labour : note = 1.
• Limon non battant ; note = 1.
• Effet climatique 2021 moyen (cf modèle TOP) ; note 1.
Score de risque final : 5. Le risque est faible, aucune intervention est à prévoir.

Un retour sur investissement uniquement quand la pression est très élevée

La nuisibilité moyenne du piétin-verse ces dernières années est de l’ordre de 3-4 q/ha en l’absence de verse. On observe une érosion progressive des efficacités des différentes spécialités du marché, qui n’atteignent que 30 à 45 % d’efficacité maximum.

Ainsi, en considérant un investissement anti-piétin de 30 €/ha, pour une efficacité moyenne de 30 % et un prix du blé à 15 €/q, un traitement n’est rentable que si la nuisibilité liée au piétin-verse est d’au moins 10 q/ha.

En cas de traitement, trois matières actives sont utilisables : la métrafénone, le cyprodinil et le prothioconazole. Les deux premières n'ont pas d'efficacité contre la septoriose, contrairement au prothioconazole. A noter que le prochloraze, longtemps utilisé en T1, ne présente plus d’activité sur un piétin-verse qui lui est devenu résistant.

S’il est nécessaire, ce traitement doit être positionné entre les stades épi 1 cm et 1 nœud (et dans tous les cas avant 2 nœuds) pour être le plus efficace.

Des symptômes rarement visibles en début montaison

Les symptômes de piétin-verse s’expriment généralement à la fin de la montaison. Il est donc difficile de se baser sur l’observation des tiges pour définir sa stratégie.

Pour en savoir plus sur le piétin-verse et les leviers à mettre en place pour limiter la pression de cette maladie, consultez la fiche ARVALIS.

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