En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Attaque de piétin-verse Maladies du pied

Piétin-verse du blé tendre : contrôler la base des tiges

04 mars 2020

Le piétin-verse est une maladie inféodée à la parcelle, qui touche uniquement les bas de tiges. Les successions de blé sur blé favorisent la maladie qui se maintient d’une saison à l’autre sur les chaumes, les repousses de céréales, ou les graminées adventices contaminées. Si des précautions sont prises, la nuisibilité de ce champignon est assez limitée.

Le piétin-verse, dont la présence est largement déterminée par l’histoire agronomique de la parcelle, cause généralement peu de dégâts, surtout si les conditions de remplissage sont favorables. Mais les attaques précoces peuvent fragiliser la tige et entraîner une verse parasitaire précoce, qui complique la récolte et provoque des pertes de rendement parfois importantes, souvent associées à une dégradation de la qualité.


Evaluez en un clic le niveau de risque du piétin-verse dans votre région

Le champignon se conserve sur les résidus de culture

Le champignon hiverne sur les chaumes, repousses de céréales et graminées adventices sous la forme de stromas. Si les conditions sont favorables, la sporulation se produit tout au long de l’automne et de l’hiver. Les spores sont alors véhiculées par la pluie sur de courtes distances. L’infection survient dès que les températures dépassent les 5°C et que l’humidité relative est supérieure à 85 % durant au moins 15 h. Le champignon traverse les gaines au cours de l’hiver et le début du printemps avant de progresser dans la tige durant la montaison.

Eviter les semis précoces et le  retour trop fréquent du blé

Les successions de blé sur blé, ou les rotations avec retour du blé tous les deux ans, favorisent le maintien de la maladie dans la parcelle via les résidus de culture. Les semis précoces sont aussi un facteur de risque important vis-à-vis du piétin-verse. Dans les situations à risques, il est recommandé de choisir des variétés résistantes ou peu sensibles au piétin-verse, c'est-à-dire avec une note GEVES supérieure ou égale à 5 (figure 1). La résistance variétale est plus efficace que les meilleures protections fongicides.

Figure 1 : Echelle de résistance des variétés de blé tendre au piétin verse 2019/2020

Traiter en dernier recours

Ainsi, les variétés avec des notes de sensibilité GEVES de 5 et plus ne justifient pas de traitement. Pour les autres, il faut s’appuyer sur la grille d’évaluation du risque piétin-verse (figure 2), tenir compte de l’historique de la parcelle, et observer soigneusement les tiges avant d’envisager tout traitement. S’il s’avère nécessaire, il doit être appliqué entre le stade épi 1 cm et avant le stade 2 nœuds. Au-delà de ce stade, le recouvrement par les feuilles ne permet plus au produit d’atteindre la tige.

Figure 2 : Grille d'évaluation du risque piétin-verse sur blé tendre

En cas de risque moyen (d’après la grille), les parcelles doivent faire l’objet d’observations régulières à partir du stade épi 1 cm. L’apparition de symptômes sur les tiges entre épi 1 cm et 1 nœud va dicter le besoin de protéger la parcelle ou non. A partir de 40 tiges (maîtres-brins) prélevées au hasard dans la parcelle, on peut déterminer des seuils d'intervention :
• Si moins de 10 % de tiges sont atteintes (3 tiges ou moins sur 40) : ne pas traiter.
• Si plus de 35 % de tiges sont atteintes (14 tiges ou plus sur 40) : traiter rapidement, de préférence entre épi 1 cm et 1 nœud.
• Entre 10 et 35 % de tiges atteintes : la rentabilité du traitement est incertaine car elle dépend du climat postérieur au traitement et de la nuisibilité finale de la maladie.

Des symptômes à ne pas confondre

Le piétin-verse est le plus souvent constitué d’une seule tache ocellée (elliptique) dont les limites sont diffuses, localisée généralement sous le 1er nœud. Après avoir soulevé successivement les gaines, plusieurs points noirs, correspondant à des amas mycéliens (ou stromas), peuvent être observés sur la tige (photos 1 et 2).

Astuce : pour s’assurer que les symptômes correspondent à du piétin-verse, il faut passer un doigt humide sur les taches > si le stroma ne s’efface pas, il s’agit bien de piétin verse (photo 3).

Si la tache apparaît plutôt blanche avec des bords bien délimités, et que les points noirs s'effacent, il s'agit du rhizoctone (photo 4).

Si la tache apparaît brune sous forme de trait de plume avec une absence de stroma et, le plus souvent, un anneau violacé sur les nœuds, il s’agit de fusariose de la tige (photo 5).


Photo 3 : Sur les taches de piétin-verse, les stromas noirs résistent après passage du doigt.


Photo 4 : Après passage du doigt, la nécrose du rhizoctone apparaît blanchâtre.


Photo 5 : Une tache en forme de trait de plume correspond à de la fusariose.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

1 commentaires 07 mars 2020 par CHEVALIER

Merci pour ces rappels.

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10