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Evaluation du risque piétin verse 2020 Messagerie Normandie

Piétin-verse du blé : évaluer le risque à la parcelle avant d'intervenir

02 avril 2020

Les conditions climatiques automnales et hivernales ont été favorables au développement du piétin-verse en Normandie, notamment pour les semis du mois d’octobre. Mais le risque climatique n’est qu’un élément partiel d’évaluation du risque auquel il est indispensable d’ajouter une évaluation agronomique à l’échelle de la parcelle.

Le piétin-verse est une maladie du pied inféodée à la parcelle, qui touche les bas de tige. Cette maladie peut être observée dès la montaison jusqu’à la maturité. Il est cependant difficile d’observer des symptômes avant la fin de la montaison, et donc de baser la stratégie de traitement sur les observations faites au champ. La nuisibilité moyenne de cette maladie ces dernières années est de l’ordre de 3-4 q/ha en l’absence de verse.


Symptôme de piétin-verse (source : ARVALIS - Institut du végétal).

Un risque climatique fort en 2020…

Le modèle TOP permet d’avoir un indice de risque climatique au niveau régional sur blé tendre en sortie d’hiver. Les données d’entrée sont la pluie et les températures journalières à partir de la date de semis.

Les différentes situations étudiées cette semaine dans le cadre du BSV montrent un risque climatique élevé pour les semis du mois d’octobre. En revanche les semis du mois de novembre présentent des indices moins élevés (tableau 1).

Tableau 1 : Indices TOP pour quatre cas-types Normands

… qui doit être relativisé pour chaque parcelle

Mais à ce risque climatique, doit s’ajouter le risque agronomique à la parcelle. Pour prendre en compte l’ensemble des éléments, la grille d’évaluation ci-dessous peut être utilisée.
L’inoculum de piétin-verse se maintient d’une année à l’autre sur les chaumes, les repousses de céréales, ou les graminées adventices contaminées. Il faut donc qu’il y ait eu une attaque conséquente les dernières années pour qu’un minimum d’inoculum soit présent dans la parcelle et contamine ensuite les tiges durant l’hiver et le printemps. Cela doit conduire à relativiser les risques agronomiques et climatiques parfois élevés annoncés par les outils.

Tableau 2 : Grille d’évaluation du risque global piétin-verse sur blé tendre

Tableau 3 : Interprétation de la note obtenue grâce à la grille d’évaluation du risque piétin-verse

La résistance variétale : un levier majeur !

La variété est un levier majeur pour lutter contre le piétin-verse. De nombreuses variétés cultivées dans la région sont tolérantes (tableau 4). Ainsi pour les variétés ayant une note CTPS supérieure ou égale à 5, le risque est nul et aucun traitement spécifique n’est nécessaire.

Tableau 4 : Classement des variétés de blé tendre selon leur sensibilité au piétin-verse

Interventions chimiques : un retour sur investissement uniquement quand la pression est très élevée

On observe une érosion progressive des efficacités des différentes spécialités du marché (30 à 45 % d’efficacité maximum. Ainsi, en considérant un investissement anti-piétin de 30 €/ha, pour une efficacité de 30 % (efficacité moyenne dans les essais) et un prix du blé à 15 €/q, un traitement n’est rentable que si la nuisibilité liée au piétin-verse est d’au moins 10 q/ha.

En cas de traitement, trois matières actives sont utilisables pour lutter contre cette maladie : la métrafénone, le cyprodinil et le prothioconazole. Les deux premières n'ont pas d'efficacité contre la septoriose.

Le prochloraze, longtemps utilisé en T1, ne présente plus d’activité sur un piétin-verse qui lui est devenu résistant.

S’il est nécessaire, ce traitement doit être positionné entre les stades épi 1 cm et 1 nœud (et dans tous les cas avant 2 nœuds) pour être le plus efficace.

Pour en savoir plus, consultez la fiche accident piétin-verse.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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