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Peut-on disposer de seuils de traitement pour tous les bioagresseurs ?

17 avril 2014

Dès que 10 % des plantes sont habitées par un puceron à l’automne, il est recommandé de traiter ! Ce seuil de traitements est souvent cité en référence pour faciliter la décision d’une intervention. Mais quelle valeur donner à un seuil ? Peut-on imaginer disposer d’un seuil pour chaque bioagresseur ? Danièle Simonneau, responsable des réseaux de surveillance chez ARVALIS – Institut du végétal apporte des éléments de réponse.

Perspectives Agricoles : Qu’est-ce qu’un seuil ?

Danièle Simonneau : La notion de seuil est imprécise et plurielle. Elle met en vis-à-vis des dégâts (symptômes visibles causés par un bioagresseur) et des dommages (pertes en q/ha voire en €/ha si la qualité est affectée). Un seuil de nuisibilité correspond par exemple à un niveau de populations du bioagresseur ou de dégâts à partir duquel un effet dépressif sur une plante cultivée est identifié. Le seuil de tolérance économique est franchi lorsque la valeur probable du dommage est supérieure au coût de l’intervention (phytosanitaire ou autres). Pour ARVALIS – Institut du végétal, le seuil d’intervention est le niveau de populations ou de dégâts à partir duquel le dommage potentiel est avéré, sans tenir compte ni du prix de vente de la culture ni du coût de la protection.

PA : Quelle valeur peut-on donner à un seuil ?

D.S. : Ces seuils n’ont pas de valeur opérationnelle absolue. Ils sont établis par convention sur une base agronomique et empirique résultant d’un travail d’expérimentation durant une période donnée dans des contextes de production précis. De fait, se baser exclusivement sur une valeur moyenne pour intervenir semble trop arbitraire, voire risqué, car elle cache une disparité de situations. Cela peut conduire dans certains cas à intervenir trop tôt, et ainsi traiter systématiquement. A l’inverse, intervenir trop tard et le potentiel de production est mise en péril.
Dans certains cas, proposer des seuils d’intervention est très aléatoire. C’est par exemple le cas sur les viroses car les seuils proposés pour lutter contre leurs vecteurs ne tiennent pas compte du pouvoir virulifère des insectes. De même, pour les adventices, les quelques seuils existants n’intègrent pas la notion de nuisibilité indirecte (salissement, stock semencier) et ont été obtenus sur des flores adventices monospécifiques alors qu’une parcelle compte fréquemment plusieurs espèces.

PA : Comment se construit aujourd’hui la décision de traiter ou non ?

DS : Pour intervenir au bon moment, la tendance actuelle est de moins prendre en considération la notion de seuils pour aller vers des règles de décision. Ces règles intègrent d’autres facteurs de régulation d’ordre agronomique, climatique, génétique ou technique. C’est la démarche retenue dans un modèle ou dans une grille de décision. Une telle grille a pu être élaborée sur piétin verse car la recherche appliquée a réussi à modéliser le risque lié au champignon dans différents contextes agronomiques et pédo-climatiques.
Lorsque des données agronomiques (précédent, type de travail du sol, variété…) sont associées à des prévisions climatiques à court terme, il est possible de guider la décision de l’agriculteur. Certains outils comme le Baromètre maladies du blé tendre proposent une échelle de risque (faible, moyen, élevé) pour chaque maladie à un instant donné. D’autres outils comme Miléos (pour le mildiou de la pomme de terre) vont jusqu'à indiquer la date d’intervention si elle est nécessaire.
Mais les outils ne remplaceront pas les observations. Tout ne peut pas être mis dans un modèle mathématique. Nous ne sommes pas à l’abri de conditions climatiques particulières qui mettent en défaut le modèle ou de l’évolution du parasitisme (nouvelles races de pathogènes…). D’où l’importance de mettre en œuvre des mesures prophylactiques pour perturber le cycle du parasite et réduire les risques de pertes.

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