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Bilan de campagne 2018 en orges de printemps Messagerie Champagne-Ardenne

Orges de printemps : une campagne 2018 qui se termine plutôt bien

25 octobre 2018

Le début de campagne en orge de printemps s’annonçait difficile : semis retardés par un mois de mars très pluvieux, suivis par un mois d’avril sec et chaud. Cette situation augurait un nombre d’épis et de grains/m² médiocres. En définitive, les rendements en orge de printemps sont assez hétérogènes, avec des niveaux moyens dans le sud de la région et très satisfaisants dans la partie nord. Point commun pour tous : une qualité au rendez-vous.

Des conditions de semis difficiles

La campagne 2017-2018 a été marquée par une sortie hiver (période février – mars) très pluvieuse qui a permis de recharger les réserves utiles des sols mais qui a aussi empêché les chantiers de semis. Ceux-ci se sont donc échelonnés de fin février (en pleine période de gelées) au 10 avril pour les plus tardifs, avec une majorité de parcelles semées entre le 20 et le 30 mars (ressuyage rapide en sol de craie malgré la pluie), soit 3 semaines après la date de semis moyenne pluriannuelle (figure 1).

Figure 1 : Rendement en fonction de la date de semis – Essais ARVALIS et partenaires – 08-10-51- Les points rouges correspondent à l’année 2018

Nous indiquions, dans un message technique, qu’il était nécessaire de cumuler 120 mm de pluie entre le semis et l’épiaison afin de conserver le potentiel de rendement des orges de printemps : dans l’ensemble, sur la période semis-épiaison, les parcelles semées jusqu’au 25 mars ont bénéficié de pluies suffisantes (entre 110 et 140 mm), tandis que les semis très tardifs de fin mars-début avril ont pu manquer d’eau (moins de 80 mm). Par ailleurs, le caractère très local des orages de mai-juin provoque une hétérogénéité de rendements.

Dans les essais ARVALIS de la Marne, les rendements sont au rendez-vous grâce à des conditions propices à la mise en place de la majorité des composantes de rendement.

Des conditions favorables à la densité épis et à la fertilité

Le mois d’avril, chaud et sec, accélère la croissance des orges de printemps mais ne permet pas d’atteindre des niveaux de tallages élevés : le nombre de talles > 3 feuilles est moyen à correct, proche de 500 talles/m² en sol de craie. Néanmoins, un nombre non négligeable de talles secondaires ont pu monter à épi (absence de déficit hydrique, retour de la pluie en mai), ce qui aboutit à un nombre d’épis/m² dans la moyenne, de l’ordre de 800-1000 épis/m², pour des sites ayant reçu suffisamment d’eau en début de cycle (figure 2).

Comme pour les blés, le rayonnement a été favorable à la fertilité des orges de printemps : on enregistre, dans nos essais, entre 20 et 25 grains/épis (+15 % par rapport à la moyenne pluriannuelle), soit 20 000 grains/m² (+18 % par rapport à la moyenne), assurant ainsi de bons rendements (figure 3). Un problème climatique au moment de la mise en place de cette composante peut expliquer certaines situations décevantes : les phénomènes orageux sur la période fin mai / mi-juin, associés à de faibles rayonnements enregistrés au moment de la floraison ont pu affecter la fertilité. Toutefois, ce phénomène reste local.

Figure 2 : Nombre d’épis/m²


Figure 3 : Rendement en fonction du nombre de grains/m²

Côté azote, la valorisation des apports au semis a été aléatoire : pluies suffisantes pour les semis jusqu’à fin mars, mais plus aléatoires pour les semis très tardifs. Les apports à 3 feuilles/début tallage ont globalement été réalisés sur la seconde quinzaine d’avril et ont pu bénéficier d’un retour des pluies en mai. Dans l’ensemble, les outils de pilotage n’ont pas diagnostiqué de carence au stade 1 nœud.

Côté maladies, la rhynchosporiose a dominé cette année, avec une arrivée relativement précoce, suivie de près par l’helminthosporiose, plus tardive ; mais dans l’ensemble bien maîtrisées.

Une fin de cycle rapide

La chaleur et la sécheresse, en l’absence de pluies orageuses, ont eu pour conséquence d’accélérer la fin de cycle et notamment la phase de remplissage. Ces différences de conditions climatiques ont engendrer des PMG (figure 4) et des calibrages hétérogènes. Une parcelle pour laquelle le nombre de grains est très élevé peut aussi apporter des PMG moyens, quand une fertilité en défaut peut être compensée par des PMG plus élevés. Les calibrages sont compris entre 80 et 95 %, globalement décevants dans le sud de la région mais très satisfaisants dans le nord.

En parallèle, les semis les plus tardifs (début avril) et les zones les plus superficielles ont pu voir leurs PMG et leurs calibrages affectés par une fin de cycle encore plus raccourcie et un remplissage non optimal.

Figure 4 : Cinétique de remplissage des orges de printemps

Au final, les rendements sont hétérogènes, centrés autour de 70 q/ha pour la région, associés à une très bonne qualité : teneurs en protéines satisfaisantes pour le cahier des charges brassicoles et calibrages globalement bons voire très bons.

Tableau 1 : Evaluation dess composantes de rendement en 2018

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