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Pression parasitaire sur les orges de printemps Messagerie Poitou-Charentes

Orges de printemps semées à l’automne : surveiller la rhynchosporiose

19 mars 2020

Les remontées terrain attestent la présence assez régulière de la maladie sur les orges de printemps semées à l’automne 2019. De même, le risque verse de ces semis précoces est à surveiller cette année.

Après avoir vu les premières étapes de l’itinéraire technique de l’orge de printemps (implantation, gestion de la fertilisation azotée et du désherbage) dans notre messagerie du 27 février, nous revenons ici sur les points clés de la protection de la culture contre les maladies et la verse.

Les dégâts dus aux maladies sur les orges de printemps semées en janvier / février sont en général atténués par la rapidité de croissance et de maturation de cette espèce. Leur nuisibilité est généralement comprise entre 5 et 15 q/ha selon les variétés. En revanche, quand il s’agit des orges de printemps semées à l’automne, c’est différent :

• La rhynchosporiose, pour ces semis précoces, est la maladie la plus préoccupante car elle s’invite potentiellement dès le début de cycle qui est plus long, compte-tenu du décalage du semis.
• La tolérance des variétés des orges de printemps à cette maladie, indiquée par sa note de « Résistance », est définie dans un contexte de semis de printemps. Des observations réalisées les années précédentes confirment que la cotation est différente sur des semis décalés du fait d’un cycle de culture beaucoup plus long. Ainsi, on peut observer des foyers intenses d’attaque de rhynchosporiose même pour des variétés notées 7 ou 8 pour des semis d’automne (comme dans notre essai 2019/20).
• Le risque de verse est également potentiellement accru pour les semis d’automne : avec le décalage du cycle, la montaison à épi est précoce, sous jours courts et couverts, avec une plus forte biomasse.

Bien reconnaître la rhynchosporioseLes symptômes de la maladie se développent par temps frais et avec des précipitations répétées qui dispersent les spores vers les étages supérieurs (on retrouve souvent un gradient vers le haut des plantes). Ils se présentent sous forme de taches verdâtres ovales, et évoluent vers une teinte gris-blanchâtre à partir du centre. Les taches sont délimitées par un contour brun foncé. Elles finissent par se rejoindre et s’imbriquer les unes dans les autres. Cette maladie apparaît souvent en foyers. Il y a peu de confusions possibles avec d’autres maladies.

Une pression rhynchosporiose accrue cette année pour les semis d’automne

Le climat doux et très humide de ces dernières semaines est très favorable aux maladies et particulièrement à la rhynchosporiose. Les remontées terrain attestent la présence assez régulière de la maladie sur les orges de printemps en semis d’automne. Dans ces situations, une intervention précoce dès le stade épi 1 cm est recommandée en cas de présence avérée de la maladie pour stopper sa progression. De nombreuses matières actives sont efficaces contre la rhynchosporiose mais on retiendra les plus efficaces, en prenant en compte la nécessaire alternance des matières actives entre elles et le traitement pivot dernière feuille étalée / épiaison / sortie des barbes. Par exemple, sans être exhaustif, les associations à base de cyprodinil et de triazoles sont des références pour le T1, avec d’excellentes efficacités.

A noter que le climat actuel, avec la montée des températures et une période plus sèche, est plutôt défavorable aux nouvelles contaminations et permettra de ralentir le développement de la maladie.

Quant aux orges de printemps semées en début d’année, elles sont pour l’instant hors risque, compte-tenu du développement des stades (2 feuilles à tallage). Il faudra observer les parcelles à partir de épi 1 cm pour les variétés les plus sensibles aux maladies foliaires et évaluer le risque à ce moment.

En direct de nos plateformes d’essaisDans un essai du Magneraud (17), quelques variétés d’orges de printemps ont été semées très tôt (fin octobre) pour mesurer précocement la pression maladie. Cet essai témoigne d’une forte attaque de rhynchosporiose, même pour des variétés dont la note de résistance est notée 7 (cf. photo) qui sont actuellement au stade 1 nœud.


Très forte attaque de rhynchosporiose sur plusieurs variétés d’orges de printemps semées fin octobre actuellement au stade 1 nœud – Station du Magneraud (17)

Bien évaluer le risque de verse

Le peuplement épis, composante très plastique sur les orges de printemps, est un paramètre déterminant du risque de verse. Les tallages élevés favorisés par des semis très précoces d’automne constituent un signe précoce de risque. Les conditions de croissance, principalement définies par le climat (températures, rayonnement…) jouent également un rôle important et sont plutôt favorables à un risque accru de verse pour les semis très précoces. L’évaluation du risque est à réajuster à partir du stade épi 1 cm en fonction de l’état de végétation et de la variété.

Pour en savoir plus, téléchargez toutes nos préconisations pour la campagne 2020.

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