En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Parcelles d’orges avec des symptômes de jaunissement sur les feuilles (JNO) en mars 2021 en Normandie Messagerie Normandie

Orges d’hiver : faire le bon diagnostic des jaunissements actuellement observés

18 mars 2021

Les orges d’hiver peuvent présenter actuellement des symptômes de jaunissement sur feuilles. Les origines de ces marquages sont variées et peuvent même se cumuler. Quelques éléments pour bien faire la différence.

Il est fréquent de trouver des parcelles avec des symptômes localisés de Jaunisse Nanisante de l’Orge (JNO), notamment sur les semis les plus précoces. Mais leur intensité reste faible à modérée. Quelques retours attestent de la présence de mosaïque sur orges, identifiée au départ par la chlorose des plantes, très visible de loin. 

La mosaïque jaune de l’orge ?

Depuis 15 jours, des jaunissements s’observent dans les parcelles d’orges d’hiver dont les symptômes correspondent à ceux provoqués par le virus de la mosaïque jaune de l’orge (BaYMV). Cette virose est favorisée par un automne doux permettant au vecteur de coloniser le système racinaire, suivi d’une longue période de froid hivernal. Les conditions de cette campagne 2020/21, avec une période de froid en janvier, ont pu être favorables à l’expression des symptômes de mosaïques.

Quels sont les symptômes ?

La mosaïque provoque de nombreux symptômes qui n’apparaissent pas de façon systématique.

• Dans la parcelle, les symptômes de « chlorose » des plantes (coloration vert pâle à jaune) sont visibles de loin et représentent en général de grandes zones. C’est le premier signe très visuel.

• La répartition est proche de celle d’une carence, avec foyers parfois allongés dans le sens du travail du sol. Dans certains cas, la quasi-totalité de la parcelle peut être atteinte.

• Les plantes touchées sont chlorosées, chétives (croissance et tallage réduits). Les plus vieilles feuilles jaunissent puis dessèchent.

• Des tirets chlorotiques répartis irrégulièrement et parallèles aux nervures apparaissent sur les feuilles. Mais attention, ces symptômes sont fugaces et disparaissent courant montaison.

En tendance, les symptômes vont s’atténuer/disparaître courant montaison lorsque les températures remontent. Mais, il est difficile de le prévoir (sous dépendance des conditions et/ou des stress rencontrés par la suite dans le cycle). De même, il est difficile de chiffrer la nuisibilité attendue car elle dépend des autres stress que la plante pourra subir à partir de la montaison. Des résultats antérieurs indiquent une nuisibilité proche de 12 q/ha mais avec une forte variabilité selon les essais et les années.

Il n’est pas toujours aisé de bien identifier ces symptômes et il est plus prudent de confirmer le diagnostic par analyse virologique (un test ELISA peut suffire).

Il n’existe aucun moyen de lutte contre Polymyxa graminis, vecteur de la virose. Le seul actuellement est le choix d’une variété résistante au pathotype BaYMV-Y2. Le choix s’est un peu étoffé ces dernières années.

Pour rappel, toutes les variétés d’orges d’hiver actuellement cultivées dans la région sont résistantes au pathotype BaYMV-Y1.

Les situations attestant de la présence du virus de la mosaïque jaune de l’orge (BaYMV) sont plutôt limitées dans la région. Afin de mieux caractériser cette virose, une enquête est ouverte pour recueillir votre témoignage :

Participez à l’enquête « Signaler les cas de mosaïques sur orges dans votre région »


Observation d’une parcelle atteinte de mosaïque avec une zone atteinte en grands foyers (Coudres, Eure – le10/03/2021).

La JNO ?

Des symptômes de JNO ponctuels et localisés apparaissent assez régulièrement dans des parcelles d’orge d’hiver depuis quelques semaines, sur des variétés sensibles.

Sur orge, l’identification de la maladie est aisée car très caractéristique : les premiers symptômes apparaissent par petits foyers (répartition due aux pucerons ailés), généralement observés début montaison. La pointe des jeunes feuilles des plantes atteintes jaunit jusqu’au dessèchement. Les plantes sont nanifiées, leur répartition irrégulière dans la parcelle lui donne un aspect moutonné.

Le piétin-échaudage ?

Le piétin-échaudage est un champignon du sol qui, dans un premier temps, attaque les racines. En sortie d’hiver, les plantes présentent une faible croissance associée à un mauvais tallage. Les feuilles jaunissent parfois par la pointe. Cependant, pour confirmer le diagnostic, il faut prélever les plantes les plus touchées avec leurs racines, puis laver soigneusement les racines. Les plantes présentent généralement quelques racines nécrosées, partiellement ou en totalité. La comparaison avec les racines de plantes saines confirme l’observation. La répartition des symptômes dans la parcelle aide aussi au diagnostic (foyers à de grandes zones irrégulières se rejoignant, symptômes plus forts observés au niveau des andains de paille…). Des cas ont été signalés sur orges d’hiver depuis la sortie d’hiver cette année.

Pour en savoir plus, consultez les fiches accidents.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10