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Semis d’orge d’hiver en 2020 en Champagne-Ardenne Messagerie Champagne-Ardenne

Orges d’hiver : est-ce possible de décaler les semis ?

15 octobre 2020

Les conditions pluvieuses sont en défaveur des implantations de céréales. Dans le cas des orges d’hiver, se pose la question des risques à décaler les dates de semis. Des essais réalisés sur les deux dernières campagnes apportent des éléments de réponse.

Les références régionales sur les dates de semis des orges d’hiver ont pour la plupart été acquises sur la période 1984-1990. Le climat hivernal était alors généralement froid, avec une pénalité forte sur le rendement des semis réalisés après le 25 octobre. Les résultats des essais réalisés en 2018/2019 et 2019/2020 ont permis d’actualiser la synthèse pluriannuelle.

Semer fin octobre : c’est possible, à condition que l’hiver ne soit pas trop rude

Tableau 1 : Synthèse des essais date de semis – Variété Etincel

Pour les situations en argilo-calcaires superficiels

En parcelle propre, le semis de fin octobre est logiquement moins productif que celui de la première quinzaine du mois, en lien avec le climat sec des printemps 2019 et 2020 qui a pénalisé les semis tardifs : une perte de 18 q/ha est observée entre les deux dates.

A contrario, dans une parcelle proche, avec un potentiel équivalent mais une pression adventices importante, des observations ont confirmé que l’effet adventices (voire pucerons et jaunisse nanisante de l’orge) joue beaucoup sur le potentiel de rendement (ce qui était moins vrai les années antérieures) et peut amener à des rendements décevants sur les premières dates de semis. Dans ces situations de parcelles infestées, le semis décalé est intéressant : les pertes de rendement liées au semis décalé y sont moins importantes que celles enregistrées en semis classique soumis à une forte pression de vulpins.

Notons l’importance du climat durant l’hiver : ces essais ont été conduits pendant des hivers doux. Les années antérieures ont montré que les hivers vigoureux ne sont pas favorables aux semis tardifs des orges d’hiver.

Pour les situations de craie

Les deux essais montrent une baisse de rendement en défaveur du semis tardif, relativement modérée et constante d’une année sur l’autre : hivers doux et sols profonds permettent davantage de souplesse qu’en sols superficiels.

A retenir • L’analyse des essais des années 80 et 90 militait pour une date butoir autour du 15-20 octobre pour le semis des orges d’hiver sans pertes importantes sur le rendement.
• Les dernières campagnes montrent que des semis autour du 25 octobre, voire du 30 octobre, ont un impact limité sur le rendement en craie (figure 1).
• En sols superficiels, moins résilients face aux aléas climatiques, les semis autour du 25 octobre peuvent être tentés, à conditions d’avoir un lit de semences optimal (figure 2). La vigueur de l’hiver et le statut hydrique des sols au printemps auront ensuite leur rôle à jouer dans l’expression du potentiel.
• En situation de forte infestation en adventices, le potentiel de rendement pour des semis de fin octobre rivalise avec un semis classique de début octobre.
• Adapter la densité de semis : 350 grains/m² pour les semis à partir du 25 octobre.

Figures 1 et 2 : Rendement (à variété identique) pour deux dates de semis différentes (les rendements sont exprimés en % du rendement max entre les deux dates)

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Les carrés jaunes correspondent aux données historiques, les carrés rouges correspondent aux essais des deux dernières campagnes, et le nombre à l’intérieur correspond au millésime (19 = 2019).

En semis décalé, quelle variété choisir ?

Deux essais ont été réalisés durant la campagne 2019-2020, avec une collection variétale d’orge d’hiver croisée à deux dates de semis tardif (26 octobre et 11 novembre) par rapport à une date classique (14 octobre), en craie (51) et en argilo-calcaire superficiel (89).

Les résultats montrent de bons rendements en craie (83 q/ha) pour le semis du 11 novembre, soit – 12 q/ha par rapport à un semis au 14 octobre. Les rendements sont plus affectés en argilo-calcaire (- 17 q/ha en semis tardif), en lien avec la sécheresse intense au printemps.

Zoom sur l’essai mené à l’Epine (51) en Champagne-Crayeuse

Deux dates de semis ont été pratiquées : le 14 octobre et le 11 novembre 2019. La densité de semis a été ajustée : 320 grains/m² en octobre et 400 grains/m² en novembre.

Pour rappel, il n’y a pas eu de grand froid durant l’hiver, ce qui a permis un bon développement des orges. Le stade épi 1 cm est atteint le 14 mars en semis d’octobre pour Etincel et 14 jours plus tard (28 mars) en semis de novembre. Les épiaisons se ressèrent entre les deux dates de semis : 27 avril vs 1er mai. Et les densités d’épis sont proches : autour de 580 épis/m², malgré la sécheresse printanière (bonne réserve hydrique en sol de craie).

Notons également que la première date de semis est affectée par la JNO en blocs non traités (pertes de 16 q/ha en semis d’octobre vs 4 q/ha en semis de novembre).

Au niveau des rendements, la moyenne des variétés en semis d’octobre se situe à 95 q/ha, contre 83 q/ha en semis de novembre, soit - 12 %. Le rendement réalisé pour un semis de novembre reste honorable, en lien avec l’hiver doux et des conditions de semis (sol) particulièrement favorables.

Figure 3 : Résultats de l’essai 2020 de l’Epine (51)

Focus sur l’lessai d’Argenteuil-sur-Armançon (89) en argilo-calcaire superficiel

Deux dates de semis ont été comparées : 14 octobre (300 grains/m²) et 26 octobre (350 grains/m²). L’hiver doux a permis un rattrapage rapide de ces 12 jours de décalage au semis : épi 1 cm au 27 mars en date 1, contre 31 mars en date 2, et épiaisons respectives au 4 et 5 mai.

L’orge en semis plus tardif a davantage souffert de la sécheresse dans ce sol superficiel, avec 385 épis/m² en semis fin octobre, contre 407 épis/m² en première date de semis. Au niveau des rendements, le semis du 14 octobre atteint en moyenne 81 q/ha, contre 64 q/ha (soit – 21 %) pour le semis du 26 octobre. Ces pertes sont en grande partie liées à une exposition plus forte au stress hydrique et à des températures chaudes de la montaison à la fin de cycle en semis tardif.

Figure 4 : Résultats de l’essai 2020 d’Argenteuil-sur-Armançon (89)

A retenirGlobalement, les variétés qui sont performantes en première date de semis sont les mêmes que l’on retrouve en tête des essais conduits en semis décalé, en craie comme en barrois.

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