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Récolte 2020 des orges en Bourgogne Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Orges d’hiver : comment expliquer les résultats de la récolte 2020 ?

23 juillet 2020

Les orges d’hiver ont connu beaucoup de déboires en 2020 : une mise en place du peuplement sous la pluie, une montaison dans le sec et parfois du gel… Retour sur cette campagne.

Les surfaces implantées en orges d’hiver en Bourgogne-Franche-Comté s’établissent à 158 000 ha cette année. Depuis 5 ans, la part de la sole occupée par cette espèce s’effrite régulièrement. Il n’empêche que les départements de l’Yonne et de la Côte-d’Or restent spécialisés en orges d’hiver brassicoles à 6 rangs, à tel point qu’ils représentent, à eux deux, près de 100 000 ha (soit 20 % de la sole brassicole française d’hiver).

Carte 1 : Répartition des 550 000 ha d’orges d’hiver brassicoles en 2020

En revanche, compte tenu de conditions agroclimatiques régulièrement difficiles, les rendements enregistrés par les orges d’hiver dans cette région restent à un niveau assez modeste, inférieur à ceux de la moyenne française. Pire cette année, au cours de laquelle se sont succédés plusieurs accidents agroclimatiques, les premières estimations de rendement moyen s’établissent autour de 55 q/ha, soit environ 12 % en-dessous de la moyenne décennale. Autour de cette moyenne, les résultats sont particulièrement variables, du simple au double, voire triple en fonction de la réserve en eau des sols.

Sur un plan qualitatif, les poids spécifiques (PS) semblent élevés, tout comme les calibrages, et les teneurs en protéines plutôt contenues dans la fourchette basse du cahier des charges des malteurs – brasseurs.

Figure 1 : Evolution des surfaces d’orges d’hiver (en milliers d’hectares) et des rendements (en q/ha) en Bourgogne-Franche-Comté sur les 30 dernières années

Une mise en place du peuplement sous la pluie et dans la douceur

Après la sécheresse enregistrée au cours de l’été 2019, un climat pluvieux s’installe dès le début du mois d’octobre. En conséquence, les semis sont échelonnés entre les averses jusqu’à la fin de ce mois. Outre le décalage de la date de semis, les implantations se réalisent dans des sols humides, rendant difficile l’exploration du sol par les racines. En revanche, la végétation enregistre une croissance rapide sous l’effet de température douces jusqu’à la fin de l’hiver. Dans ces conditions, les traitements réalisés avec des herbicides racinaires sont efficaces.

Tout au long de l’automne et de l’hiver, les pucerons vecteurs de la jaunisse nanisante (JNO) sont là, peu nombreux mais virulifères au long cours. Quant à la mosaïque, elle reste discrète.

Au cours de la montaison, les accidents se succèdent !

Compte tenu de la douceur des températures depuis l’automne, le début de la montaison est ultra précoce, dès le début du mois de mars pour les situations les plus avancées. Tout de suite, les premiers symptômes de JNO apparaissent dans de très nombreuses parcelles. Dans les cas les plus graves, l’orge d’hiver est retournée. L’effet date de semis et/ou traitement insecticide et/ou variété tolérante est significatif.

Alors que les orges d’hiver ont débuté leur montaison, une sécheresse sévère s’installe durablement de mi-mars à fin avril. Pendant une cinquantaine de jours, il ne pleut pas, les ETP sont fortes accompagnées de vent. Les engrais azotés sont mal valorisés. Dans les parcelles les plus superficielles, la végétation s’éclaircit à raison de guère plus d’un épi par plante. Le retour des pluies enregistré fin avril arrive trop tard sur des orges d’hiver déjà épiées.

Carte 2 : Cumul de précipitations (en mm) du 15 mars au 20 avril 2020

Pendant cette période, pour ne rien arranger, de petites séquences de gel affectent régulièrement les épis, aussi bien structurellement que dans leur capacité à produire des grains.

En revanche, force est de constater qu’avec un tel climat, les maladies se font discrètes et que le risque de verse est minime.

Le remplissage des grains se déroule dans des conditions hydriques et thermiques favorables. Alors que la moisson était prévue très tôt, dès la mi-juin pour les secteurs les plus précoces, des averses la retardent d’une semaine à 10 jours.

Gros déficit d’épis/m² mais des gros grains qui calibrent

Sur la base d’un jeu de données historiques d’ARVALIS sur la grande zone Centre, les résultats obtenus à l’issue de la campagne 2019-2020 se caractérisent par :
• un nombre réduit d’épis par m² dans tous les milieux (figure 2). Mais, dans les situations les moins sèchantes de plaines et vallées, la bonne fertilité des épis (nombre d’épillets par épi pour les orges dont le nombre de grains par épillet est fixe) compense pour faire beaucoup de grains par m².

Figure 2 : Nombre d’épis/m² et de grains/m² en orges d’hiver brassicoles observés dans les essais ARVALIS de 2005 à 2020

• des calibrages particulièrement élevés, entre 85 et 95 (figure 3), corrélés au poids de mille grains (PMG). Contre toute attente, les teneurs en protéines restent généralement contenues malgré les rendements souvent modestes. On peut imaginer que les engrais azotés aient été souvent mal valorisés avec les conditions sèches enregistrées au cours du mois de mars.

Figure 3 : Poids de mille grains et calibrage des orges d’hiver brassicoles observés dans les essais d’ARVALIS de 2012 à 2020

Les résultats d’essais variétés 2020 font la part belle aux profils tolérants à la JNO

L’offre des variétés ayant la tolérance à la JNO s’étoffe d’année en année. Jusqu’à cette année, ces variétés étaient fourragères. Pour la récolte 2021, les malteurs – brasseurs ont intégré à leur liste de variétés préférées KWS Joyau (KWS Momont). En plus de sa tolérance à la JNO, elle est très productive cette année comme dans les essais d’inscription. Par ailleurs, cette variété précoce présente une bonne tolérance aux maladies, sauf peut-être à la rouille naine. Son calibrage est supérieur à celui de la référence Etincel.

Parmi les variétés brassicoles préférées les plus développées, KWS Faro (KWS Momont), sensible à la JNO, constitue une référence alors qu’Etincel et Isocel sont de moins en moins dans le coup. Cette variété précoce et résistante au froid semble obtenir ses meilleurs résultats avec un nombre d’épis/m² plus élevé que celui des autres orges 6 rangs hiver. Sur le plan agronomique, son profil paraît intéressant avec une bonne tolérance à la verse, mais une petite faiblesse vis-à-vis de la rhynchosporiose. Enfin, son calibrage est supérieur à celui des références et sa teneur en protéines semble contenue.

Du côté des variétés fourragères tolérantes à la JNO, les plus productives depuis 3 ans sont KWS Borrelly (KWS Momont) et KWS Jaguar (KWS Momont).

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