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Orge de printemps : retour sur le déroulement de la campagne 2020

05 novembre 2020

La campagne 2020 des orges de printemps a été marquée par des semis plutôt tardifs, un manque d’eau entre la levée et fin montaison et des conditions plutôt correctes lors du remplissage des grains.

Les pluies de février ont obligé à décaler les semis à des dates tardives pour l’orge de printemps. Malgré un départ difficile, suivi d’une sécheresse pénalisant le tallage, le rayonnement et les températures optimales sur la suite du cycle ont pu limiter les dégâts, mais pas partout malheureusement : les sols profonds (craie, limons) s’en sortent bien grâce aux réserves hydriques, à la différences des sols plus superficiels et séchants. Au final, les rendements se placent en dessous de la moyenne des 10 dernières années (- 12 %).

Une autre problématique de la campagne a été la présence de feuilles jaunes dans les parcelles, imputées à la jaunisse nanisante de l'orge (JNO), symptômes très peu observés par le passé en orge de printemps. 

Excès d’eau puis sécheresse : un début de campagne singulier

Les pluies quasi-continues de février constituent le premier fait marquant de la campagne. En conséquence, la grande majorité des chantiers de semis se sont déroulés entre le 10 et le 25 mars. Malgré de très faibles précipitations par la suite, mais grâce à l’humidité du sol, la levée a été correcte, excepté en sol hydromorphes. En revanche, les semis hors de cette fenêtre ont pu être pénalisés : d’un côté, les quelques semis précoces ont pâti de l’excès d’eau et des implantations difficiles ; de l’autre, les semis très tardifs, réalisés dans le sec, ont également eu des difficultés à lever.

Concernant la fertilisation, les apports d’azote au semis ont pu être valorisés au départ grâce à l’humidité du sol. En revanche, la période sèche qui a suivi a limité l’absorption de l’azote. Le deuxième apport a, lui, été fait dans le sec et il a fallu attendre le retour des pluies fin avril-début mai pour qu’il soit réellement valorisé.

Figure 1 : Pluviométrie cumulée sur la campagne orge de printemps en mm - Station INRAE de Fagnières (51)

Figure 2 : Evolution des températures sur la campagne orge de printemps en °C - Station INRAE de Fagnières (51)

A la suite des semis, les parcelles ont subi une grande période sans pluie avec des températures supérieures aux moyennes pluriannuelles. Cela s’est traduit par une avance sur le stade épi 1 cm, autour du 28 avril, soit 4 jours plus tôt que la moyenne des 10 dernières années. La sécheresse, en revanche, a fortement limité le tallage avec un nombre de tiges de plus de 3 feuilles divisé par 2 comparé aux autres années (370 tiges/m² environ). A cette absence de pluie s’ajoutent également de forts ETP (évapotranspiration), qui ont amplifié le stress hydrique des plantes.

Figure 3 : Tallage des orges de printemps sur le réseau régional ARVALIS

Une réserve hydrique qui pénalise la densité épis

Quelques épisodes de pluie ont rythmé la montaison fin avril à début mai. Mais, les précipitations sur la période sont très faibles (moins de 100 mm), avec de la variabilité selon les zones.

Figure 4 : Précipitations sur la région Champagne-Ardenne entre le semis et l'épiaison




L’épiaison a eu lieu autour du 27 mai, en avance de 6 jours sur les prévisions annuelles. Les densités épis atteignent la moyenne dans certaines parcelles à réserves hydriques importantes, mais sont en retrait dès que le déficit hydrique est marqué (dans les sols superficiels et en situations d’implantation difficiles). Ainsi, en sols superficiels, le nombre d’épis par m² est plus en retrait (500 épis/m²) avec une perte estimée à 50 %, comparée à la moyenne pluriannuelle.

Figure 5 : Densité épis sur le réseau régional ARVALIS

Des conditions de remplissage correctes

Les conditions climatiques ont été bonnes durant la montaison, tout comme pour les autres céréales : bon rayonnement, humidité suffisante et des températures non échaudantes. Elles ont été bénéfiques à la fertilité des épis. Celle-ci augmente de 11 % par rapport à la moyenne décennale. La fertilité globale, déterminée par le nombre de grains par m², est légèrement en retrait (- 2 %) en sols superficiels, mais meilleure que la moyenne (+ 12 %) en craie. 

Figure 6 : Fertilité épi sur le réseau régional ARVALIS


Les bonnes conditions ayant perduré jusqu’à la fin du cycle, les poids de mille grains (PMG) sont légèrement au-dessus de la moyenne. Le croisement de tous ces facteurs amène dans nos essais un rendement dans la moyenne pluriannuelle. Mais ces résultats sont disparates : les parcelles en craie s’en sortent le mieux tandis qu’en argilo-calcaire, les résultats sont plus faibles. Sur la région, les résultats sont plus souvent en dessous de la moyenne pluriannuelle.

Figure 7 : Rendements sur le réseau régional ARVALIS


Au niveau de la qualité, la teneur en protéine est très hétérogène : des valeurs très basses sont relevées (situations où le rendement est élevé), ainsi que des valeurs très hautes (supérieures à 12 %), dans les secteurs où le rendement est décevant. Quant au calibrage, il est en retrait (- 4 % par rapport à la moyenne pluriannuelle).

Bilan sanitaire : peu de maladies mais prédominance des pucerons

D’un point de vue sanitaire, très peu de maladies ont été observées sur les parcelles du fait de la rareté des pluies sur la période critique. Les maladies les plus présentes, à des niveaux faibles ou modérés, ont été l’helminthosporiose et la rouille naine en fin de cycle.

Néanmoins, la présence de pucerons reste la problématique la plus marquante de la campagne. Déjà présents en septembre sur les céréales d’hiver, ils ont profité des températures douces de novembre à février pour s’installer. Ainsi, au printemps, les individus ailés ont pu se déplacer sur les parcelles d’orge de printemps dès la levée. Leur présence sur les plantes à ce stade est préjudiciable en tant que vecteur de la JNO. Fin mai, des signalements de feuilles jaunes ont été faits sur la zone de production des orges de printemps, indépendamment d’une protection insecticide. Des plantes ont été analysées pour écarter les doutes. Les analyses en laboratoire ont confirmé qu’il s’agissait bien de JNO.

Ayant été très peu rencontrée sur orge de printemps avant 2020, il n’existe pas de données donnant une idée des pertes dues à la JNO sur orge de printemps. Il faut également noter que le printemps a été très sec et chaud. La chaleur est bénéfique au développement des virus et la sécheresse crée un stress pour les plantes. Il est donc fort probable que la sécheresse durant la montaison ait exacerbé les symptômes de JNO sur la plaine. Pour finir, il semblerait que ce soit la sécheresse en particulier qui explique les faibles rendements, plus que la présence de virose.

Figure 8 : Carte des signalements de feuilles jaunes en France

Téléchargez les résultats des orges de printemps 2020

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