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Semis d’orges de printemps : l’itk à suivre Messagerie Ouest Occitanie

Orge de printemps : quel itinéraire technique suivre ?

12 mars 2020

Les reports sur des semis de printemps sont nombreux cette année. L’orge de printemps a une carte à jouer. Rappels des points-clés de son itinéraire technique.

L’orge de printemps est la céréale la plus sensible aux excès d’eau, notamment à 2 périodes : lors de la germination et à la montaison.

Il est indispensable d’attendre un ressuyage correct du sol plutôt que de vouloir semer absolument, en particuliers sur les boulbènes.

Si les parcelles souffrent d’hydromorphie pendant le tallage, l’impact sur le nombre d’épis/m² - et donc le rendement - sera très conséquent.

Une bonne implantation a pour objectif d’installer un peuplement suffisant, sans être excessif, pour éviter la verse, assez fréquente sur cette espèce. Cet accident peut générer une perte de rendement et la baisse du calibrage en contrat brassicole. Pour rappel, 90 % des grains doivent avoir un calibrage supérieur à 2,5 mm.

Fertilisation azotée : maîtriser dose et fractionnement pour assurer un débouché brassicole

Le débouché des orges de printemps est de préférence brassicole, ce qui implique de faire attention à la qualité technologique. Dans ce débouché, la valeur de teneur en protéines est cruciale : ni trop, ni trop peu. La maîtrise de la dose totale et la gestion de son fractionnement sont essentiels pour viser un compromis entre efficacité acceptable (apports pas trop précoces) et une teneur en protéines compatible avec les exigences brassicoles (entre 9,5 et 11,5 %, avec un optimum autour de 10,5 %).

Quelle stratégie d’apport d’azote ?

En règle générale, pour des semis précoces ou normaux, la fertilisation de l’orge de printemps est réalisée en deux apports.

• Dose > 120 kg N/ha, semis précoces, sols superficiels ou avec un reliquat d’azote sortie hiver faible : fractionnement recommandé.
- un premier apport de 50 kg N/ha est recommandé de la levée à 1 -2 feuilles (si possible réglementairement) ;
- puis le solde est apporté :

- début tallage dans les sols argilocalcaires superficiels où le rendement, plus variable, conduit plus fréquemment à un risque de dépassement de teneur en protéines ;
- fin tallage dans les limons profonds, les cultures irriguées et les semis d’automne, où le rendement supérieur limite les hautes teneurs en protéines.

• Dose < 120 kg N/ha : apport unique autour de 3 feuilles.
Il n’est pas recommandé de réaliser le dernier apport d’azote si aucun épisode pluvieux significatif n’est annoncé dans les 15 jours suivant l’épandage. D’une part, l’azote risque d’être valorisé trop tard en cas de longue période sans pluie, ce qui peut provoquer un dépassement de teneur en protéines. D’autre part, il risque d’être en partie perdu par volatilisation en cas d’épandage de solution azotée et, dans une moindre mesure, pour l’urée.

Peut-on piloter les apports d’azote sur orges de printemps ?

La méthode N-Tester® Extra repose sur le diagnostic de nutrition azotée réalisé à 1 nœud sur une parcelle ayant reçu la dose d’azote prévisionnelle, en comparaison à une zone adjacente surfertilisée courant tallage (figure 1). L’objectif est de vérifier si la dose prévisionnelle risque d’être limitante ou non. Cette méthode est particulièrement efficace pour les contextes les plus productifs (situations irriguées, climat favorable, variétés productives) pour éviter notamment d’avoir une teneur en protéines trop basse (phénomène de dilution).

• Au stade 1 nœud (sous réserve que l’apport précédent courant tallage ait été valorisé par au moins 15 mm de pluie) : établir un diagnostic avec la pince N-Tester sur la parcelle, ainsi que sur la zone surfertilisée. Faire le rapport entre les 2 valeurs afin de déterminer l’indice N-Tester. Puis se rendre sur le site de Yara pour l’interprétation.

• Interprétation du diagnostic : 
- si l’indice NTester > seuil, la plante est correctement alimentée.
- si l’indice NTester =< seuil, la plante est sous-alimentée, apporter 30 kg N/ha immédiatement à 1 nœud seulement si de la pluie est annoncée (ou possibilité de recourir à l’irrigation).

Figure 1 : Principe du pilotage des orges de printemps

Désherbage des orges de printemps : peu de solutions en culture

L’implantation printanière et le caractère couvrant de l’espèce rendent cette culture assez facile à désherber. Toutefois, le faible nombre de produits disponibles rend la gestion de certaines adventices problématiques, surtout le ray-grass. Les semis d’orges de printemps semés à l’automne s’exposent aussi davantage au salissement.

Les solutions herbicides contre le ray-grass ou le vulpin dans l’orge de printemps sont peu nombreuses :
• Elles se limitent, pour les spécialités racinaires, au chlortoluron (avant le 1er mars, en sols non drainés et sur les orges fourragères seulement - aucun chlortoluron n'est actuellement autorisé en orge brassicole), ou à Avadex 480 (à 3 l/ha en présemis incorporé). Ce dernier est à recommander en cas de résistance avérée des ray-grass aux herbicides de la famille des inhibiteurs de l’ACCase (groupe HRAC A) et des inhibiteurs de l'ALS (groupe HRAC B).
• Pour les spécialités foliaires, il n’y a que l’Axial Pratic (pinoxaden), Fenova Super (fénoxaprop) et Joystick (iodosulfuron), sachant que ces substances actives appartiennent toutes aux groupes HRAC A ou B.

Côté dicotylédones, la flore présente est composée d’adventices d’automne et de printemps (renouées, ombellifères…) : les solutions chimiques disponibles sont plus nombreuses.

L’orge de printemps est également l’occasion de mettre en œuvre du désherbage mécanique (herse étrille notamment) avec des niveaux d’efficacité beaucoup plus satisfaisants que sur les céréales d’hiver si une période plus sèche propice se présente…

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