En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Protection des orges d’hiver contre les maladies Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Orge d’hiver : surveillez la rhynchosporiose

11 avril 2019

Alors que les premiers symptômes de maladies apparaissent sur les feuilles des orges d’hiver et escourgeons, voici quelques recommandations pour ajuster son programme de protection à la variété et à l’année.

Les orges d’hiver sont actuellement autour du stade un nœud dans notre région. D’après les BSV de cette semaine, la rhynchosporiose semble dominée dans la plaine. La présence de cette maladie sur des variétés sensibles pourra justifier le déclenchement d’une première intervention dès le retour de pluies significatives.

Tolérance aux maladies : un enjeu variétal qui va du simple au double

Etincel et Isocel enregistrent une dégradation régulière de leur comportement vis-à-vis des maladies foliaires. Outre leur sensibilité connue à la rhynchosporiose, elles deviennent sensibles à l’helminthosporiose (Drechslera teres).

Les nouveautés Pixel et Visuel, dont la génétique est assez proche, semblent un peu moins sensibles, tout comme KWS Faro.

Touareg et KWS Akkord confirment une grande sensibilité à l’ensemble des maladies du feuillage, hormis à la rhynchosporiose. A l’inverse, Détroit et les hybrides SY Pool et Hook confirment leur bonne tolérance aux maladies. Globalement, les orges à 2 rangs semblent moins sensibles aux maladies que les escourgeons, hormis Maltesse.

Figure 1 : Echelle de sensibilité aux maladies des variétés d’orges d’hiver (écarts Traité - Non Traité en q/ha) – France entière

Retrouvez les principales caractéristiques de vos variétés d’orges d’hiver dans les fiches Variétés ARVALIS.

A chaque contexte, sa dépense optimale

Si le niveau de pression de maladies observé et la sensibilité variétale sont décisifs pour orienter les interventions, le prix de vente des orges d’hiver et escourgeons est déterminant dans le choix du programme de protection.

Tableau 1 : Dépense fongicide optimale théorique (€/ha) sur escourgeon et orge d’hiver en fonction de la pression parasitaire attendue et sous plusieurs hypothèses du prix (13 à 21 €/quintal) - 53 essais 2006 à 2012

Au-delà de la dépense théorique, il faut rester attentif au fait que la protection fongicide a un effet marqué sur le calibrage. En conséquence, il serait hasardeux de ne s’en tenir qu’au simple calcul de rentabilité des fongicides sans penser qu’il faut assurer une production d’orges de qualité brassicole.

Programmes fongicides : les points essentiels

Un seul mot d’ordre : diversifier les modes d’action !

Dans le cadre de la prévention des résistances, nous vous recommandons depuis de nombreuses années de diversifier les modes d’action et les molécules. Eviter les doubles applications de SDHI, de strobilurines et alterner les triazoles.

Les dernières analyses réalisées dans le cadre du réseau Performance mettent en évidence que la résistance de l’helminthosporiose vis-à-vis des SDHI progresse toujours. Depuis deux ans, dans les situations où la résistance est la plus fortement implantée, l’efficacité des associations SDHI + triazole est affectée significativement. Elle repose alors sur le seul triazole présent dans l’association.

L’intervention la plus importante en orge d’hiver est celle appelée communément T2, c’est-à-dire le traitement qui est appliqué entre la sortie de la dernière feuille et la sortie des barbes. Pour les variétés peu sensibles aux maladies ou en l’absence significative de maladies entre 1 et 2 nœuds, cette intervention sera suffisante. Dans les autres cas, une stratégie en deux traitements sera plus adaptée avec une répartition 1/3 pour la première intervention et 2/3 pour la seconde.

Le cyprodinil trouvera sa place en association en T1. En T2, dans un contexte dominé par l’helminthosporiose, avec des variétés sensibles, le mélange triple (triazole+SDHI+strobilurine) semble encore tirer son épingle du jeu. Malgré la progression de la résistance, les SDHI sont toujours préconisés en T2.

L’utilisation du chlorothalonil (associé au sein du T2) sera réservée aux variétés très sensibles à la ramulariose et aux grillure.

Pour en savoir plus sur les programmes régionaux de protection des orges, consultez le guide Choisir & Décider.

A noter que les orges de printemps semées à l’automne ont généralement été protégées au moins une fois à cause de la rhynchosporiose. La tolérance aux maladies des variétés d’orge de printemps se dégrade nettement en cas de semis à l’automne, en particulier vis-à-vis de cette maladie.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10