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Tracteur dans une parcelle, avec un déchaumeur à train de disque, pour l’enfouissement des produits organiques Fertilisation des céréales

Enfouir les produits organiques pour limiter les pertes par volatilisation ammoniacale

12 mars 2015

La volatilisation de l’azote ammoniacal suite à l’épandage de produits organiques réduit la disponibilité de l’azote minéral aux cultures. Selon une récente étude menée en France, l’enfouissement rapide après l’apport est un moyen très efficace pour limiter ce phénomène.

De nombreux facteurs interviennent dans les pertes par volatilisation ammoniacale suite à l’épandage des produits organiques. La nature du produit apporté joue un rôle important dans ce processus et en particulier, la proportion d’azote ammoniacal qu’il contient : plus elle est élevée, plus le risque de pertes est important, ce qui fait des lisiers les produits présentant le plus de risques. De même, la teneur en matière sèche et le pH des produits ont un impact conséquent. Les conditions agroclimatiques au moment de l’apport jouent également un rôle primordial. Les sols à pH basique présentent le plus de risque de volatilisation. Des conditions climatiques sèches, chaudes et venteuses au moment de l’apport accentuent les émissions.

De nouvelles références

Bien que la volatilisation ammoniacale suite à l’épandage de lisier ait déjà fait l’objet de plusieurs travaux de l’INRA, les références françaises concernant les pertes suite à l’épandage de produits organiques étaient peu nombreuses en France. La raison principale : l’absence d’une méthode de mesure au champ, suffisamment simple d’utilisation, pour développer un réseau d’expérimentation dans des conditions de cultures contrastées. Une telle méthode, récemment mise au point (projet Volat' NH3 financé par le fonds CASDAR RFI), a permis d’évaluer la sensibilité relative de différents produits organiques à la volatilisation ammoniacale, ainsi que les méthodes permettant de limiter le phénomène. Le réseau expérimental, développé par ARVALIS - Institut du végétal, l'IDELE et l'INRA-SAS en 2011 et 2012 sur sol nu avant implantation de maïs, a essentiellement été localisé dans l’ouest de la France.

Un premier constat : des émissions rapides

Quel que soit le produit, un épandage en surface génère rapidement des émissions ammoniacales. La quasi-totalité de l’ammonium volatilisé l’est dans les deux premiers jours qui suivent l’apport. Plusieurs situations ont même mis en évidence des émissions massives se produisant dans les heures qui suivent l’épandage. Le niveau d’émission dépend bien entendu des propriétés du produit épandu et des conditions agroclimatiques locales, mais la dynamique d’émission est la même pour tous les produits testés. La rapidité du phénomène implique qu’il est primordial d’employer les techniques culturales susceptibles de le réduire très rapidement après l’épandage.

Effet déterminant de l’enfouissement

Six essais ont permis de tester l’efficacité d’un enfouissement de 5 à 10 cm de profondeur, juste après l’épandage du produit par un outil à disques ou à dents. Dans cinq d’entre eux portant sur les lisiers de bovins et de porc, cette technique présente une très bonne efficacité de réduction des émissions ammoniacales par rapport au produit laissé en surface. Des diminutions de pertes, de 60 à 100 %, ont ainsi pu être mesurées. Quant au sixième essai, il a évalué l’effet de l’enfouissement sur les émissions suite à l’épandage d’un fumier de bovin. Cette technique semble avoir réussi à diminuer les émissions, même si la validation statistique de ces résultats est rendue délicate par le faible niveau des émissions mesurées.

Des résultats cohérents à enrichir

La mise en regard de ces résultats avec la bibliographie internationale met en évidence leur cohérence d’ensemble avec les références déjà acquises. Ce constat est rassurant, étant donné le recul que la communauté agronomique commence à avoir sur la technique d’enfouissement. La technique de mesure mise au point va maintenant permettre d’explorer d’autres types de produits et techniques d’application pour lesquelles les références sont peu nombreuses (digestats de méthanisation, épandages de lisiers de porc au tallage des céréales, épandages de fumiers sur sol nu et sur prairie…).

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1 commentaires 14 mars 2015 par LANTHIER

Il faudrait mieux aborder le problème par l'autre coté: traiter le lisier pour que son azote de trouve immobilisé sous une forme organique plutôt que ammoniacale.Il y a dans le lisier tout les microbes nécessaires,il faut diriger leur activité vers une fermentation aérobie dans laquelle ils vont fabriquer leurs propres protéines avec l'azote soluble du lisier.Il faut aussi mixer régulièrement.C'est exactement ce qui se passe dans la panse des vaches,celles-ci digèrent ensuite les protéines microbiennes quand elles arrivent dans leur intestin.C'est la rumination qui assure le mixage.Et c'est le contraire de ce qui se passe dans un méthaniseur: l'azote du digestat est transformé en ammoniac par la fermentation anaérobie!!!! Il faut trouver le produit adéquat pour diriger la bonne fermentation et ce n'est pas forcément par un ajout de microbes supplémentaires du genre pseudomonas.Un minéral avec des oligo-éléments peut suffire.Il y a ce qu'il faut sur le marché des produits pour l'élevage.C'est l'équivalent du compostage du fumier. Il ne faut pas oublier également que injecter dans le sol un lisier non traité,ammoniacal et pathogène va empoisonner la vie du sol.Tout ce qui est anaérobie est pathogène.Bien sûr,ceux qui croient que la vie d'un sol se limite à quelques bactéries ne vont pas comprendre!!!!!!!!