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Symptômes d’oïdium sur lin fibre début juin 2021 en Normandie Messagerie Normandie / Hauts-de-France

Oïdium sur lin fibre : adapter la protection fongicide au niveau de pression et au stade

03 juin 2021

La pression oïdium est faible pour le moment sur lin fibre, mais il faut surveiller de près l’évolution de la maladie pour intervenir si nécessaire.

Les températures estivales de ces derniers jours ont permis au lin de croître rapidement avec une augmentation de la hauteur allant parfois jusqu’à 5 cm par jour. Actuellement, en Normandie, l’ensemble des linières ont dépassé les 10 cm et 52 % ont atteint les 40 cm. En Hauts-de-France, quelques parcelles sont encore entre 10 et 20 cm (16,7 %) et 45 % des parcelles ont dépassé le stade 40 cm. Le stade de sensibilité à l’oïdium a donc été atteint pour la majorité des linières.

Figure 1 : Suivi des stades du lin fibre en Hauts-de-France et en Normandie

(Source : BSV inter-régional 2021)

Quelques symptômes d’oïdium ont pu être observés en Hauts-de-France et en Normandie ces derniers jours. Néanmoins, le pourcentage de linières avec des symptômes reste faible (figure 2), ainsi que la pression du pathogène dans les parcelles concernées. Il convient donc de surveiller l’évolution des parcelles ayant dépassé les 30 cm.

Figure 2 : Répartition des linières avec ou sans symptômes d’oïdium

Que faire ?

Les attaques d’oïdium peuvent commencer précocement. Il est important de surveiller les parcelles dès le stade 30/40 cm.

Les premiers symptômes observés sont généralement en bordure de parcelle et se propagent rapidement sur l’ensemble de la linière. Le seuil de nuisibilité est atteint dès l’apparition d’étoiles blanches sur les feuilles de lin.


Apparition sur les feuilles d’un mycélium blanc en forme de taches étoilées marque le seuil de nuisibilité de la maladie (Source : Yann Flodrops).

Avant la floraison, les attaques peuvent provoquer jusqu’à 20 % de perte de la fibre et 50 % de perte en graines. Plus la maladie se développe tôt dans le cycle de végétation, plus la nuisibilité sur le rendement en lin teillé sera importante (figure 3).

Figure 3 : Nuisibilité de l’oïdium en fonction du stade d’apparition de l’oïdium

L’utilisation d’une variété tolérante à l’oïdium peut permettre de retarder quelque peu le développement de l’oïdium mais, dans la majorité des cas, ne permet pas de s’affranchir totalement d’une protection fongicide. La protection fongicide permet un gain de rendement même sur la variété tolérante.

Les variétés tolérantes à l’oïdium disponibles à ce jour sont : Bolchoï, Elixïr, Evasïon et Ideo. La plus ancienne et donc la plus facilement disponible est Bolchoï.

Les solutions de lutte contre l’oïdium en végétation

En cas de présence de la maladie, il est important de mettre en œuvre une protection adaptée. Pour cela, il faut prendre en compte le niveau de pression ainsi que le stade du lin.

Tableau 1 : Solutions disponibles en fonction de la pression oïdium et du stade du lin

Prendre en compte le risque septoriose Les conditions humides ces dernières semaines ainsi que les températures douces du moment et les averses orageuses annoncées peuvent être des facteurs favorables au développement de la septoriose. Cette maladie sera à surveiller dans les prochaines semaines.
Les symptômes se manifestent souvent en fin de cycle végétatif, à la floraison, même si les contaminations se font plus tôt en début de cycle.
En cas de conditions favorables à la septoriose et/ou en présence de symptômes, une application de Score® (difénoconazole 250 g/l) à la dose de 0,5 l/ha, est possible jusqu’à la floraison si les symptômes persistent et/ou se développent, et s’avère efficace.

Les solutions en cours de développement pour lutter contre l’oïdium

Plusieurs modalités ont été testées au cours de ces dernières années en comparaison à un témoin non traité ou à des modalités de référence, qui sont respectivement une double application de Joao (prothioconazole) à la dose de 0,2 à 0,3 l/ha aux stades 30/40 cm (T1) puis pré-floraison (T3) et une application de Nissodium (cyflufénamide) à la dose de 0,25 l/ha (T1) puis une application de Joao à la dose de 0,3 l/ha au stade pré-floraison (T3).

Les modalités contenant le produit codé BL1702 (= Heliosoufre S – soufre micronisé 700 g/l) ont pour vocation à tester diverses stratégies intégrant cette spécialité. L’évaluation de la spécialité seule a été réalisée en deux applications (T1 et T3) et en trois applications à la dose de 3 l/ha (T1 _T2 _T3).

Une modalité contenant cette spécialité est une application d’Heliosoufre S en T1 à la dose de 3 l/ha relayée par une application de Joao à la dose de 0,3 l/ha en T3.

Figure 4 : Ecart moyen du rendement en lin teillé en q/ha par rapport au TNT – synthèse de 8 essais 2016 - 2020

Toutes les stratégies permettent un gain de rendement en lin teillé significatif par rapport au TNT.

La spécialité Heliosoufre S en trois applications à la dose de 3 l/ha permet en moyenne d’atteindre un niveau équivalent, voire supérieur aux modalités de références.

ATTENTION : Cette spécialité n’a pas encore d’autorisation de mise sur le marché pour lutter contre les maladies du lin.

RèglementationUn dossier de dérogation a été déposé concernant la spécialité Heliosoufre S. Dans l’attente du retour de l’administration sur la possibilité ou non d’utiliser cette spécialité, nous ne préconisons pas l’emploi de cette dernière.
Dans le cas où son utilisation serait autorisée par dérogation, cette spécialité sera intégrée à nos préconisations qui seront mises à jour et diffusées via nos canaux, en plus d’un message technique qui sera transmis aux différents organismes agricoles.

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