Un vibrodéchaumeur : ajout de pattes d'oie - adaptation du matériel Alternatives au glyphosate

Multiplier les passages mécaniques si nécessaire avant un tournesol sans labour

10 mars 2022

Dans le cas d’une interculture non labourée entre une céréale et une culture de printemps (comme le tournesol par exemple), un couvert végétal et des déchaumages répétés avant le semis, voire le décalage de la date de semis, permettent de se passer du glyphosate. Celui-ci demeure nécessaire en présence de vivaces.

Réglementairement, l’usage du glyphosate est toujours autorisé en non-labour, dans la limite de 1080* g/ha et par an. Cette nouvelle restriction peut obliger à réserver le glyphosate à la lutte contre les vivaces, en été.

En l’absence de labour, la mise en place d’un couvert est fréquente avant une culture de printemps. En sol argileux, le couvert sera détruit en entrée d’hiver en profitant d’un travail du sol profond qui préparera également le sol pour la future culture. Le climat hivernal favorisera l’émiettement des argiles, et la reprise en sortie d’hiver ou au printemps préparera le lit de semences du tournesol.

Faute de labour, il est possible que des adventices soient présentes à cette époque : graminées et dicotylédones développées ou repousses de couvert (figure 1). Pour les détruire, choisir un vibrodéchaumeur équipé de pattes d’oies ou augmenter la profondeur du vibroculteur pour la reprise de mars.

Si, entre cette reprise de mars et le semis du tournesol, des levées de jeunes dicotylédones ont lieu, les détruire avant le semis par un dernier passage d’outil altérant le moins possible le lit de semences. En cas de forte pression d’ambroisie ou de tournesol sauvage, le décalage de la date de semis laissera lever ces adventices pour pouvoir les détruire ensuite (ce qui limitera la pression en culture). La météo plutôt séchante facilitera cette destruction.

Sans glyphosate, la destruction de graminées hivernales tallées (ray-grass, voire vulpin) sera très dépendante du climat. Plus la culture de printemps sera semée tard, meilleures seront les chances de réussite. Les semis de maïs sans labour et sans glyphosate sont ainsi assez fréquents, avec des semis en avril, voire mai. La gestion des graminées est nettement plus complexe pour des semis en février ou mars (orge, pois, lin…).

Si des vivaces sont présentes dans la parcelle, le glyphosate est autorisé en été pour les affaiblir - mais avec les nouvelles AMM, cela interdira toute intervention chimique au printemps sur des annuelles. Afin de respecter la dose par hectare de 1080 g, la lutte contre les vivaces peut se faire à dose plus adaptée mais en traitement par tache.

Figure 1 : Propositions techniques de gestion de l’interculture entre une céréale et un tournesol, selon la flore
Propositions techniques de gestion de l’interculture entre une céréale et un tournesol, selon la flore

* 2880 g/ha et par an dans le cas de la lutte obligatoire réglementée

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12 commentaires 21 mars 2022 par LABREUCHE

L'objectif de cet article était de rappeler que les préparations du lit de semences des cultures de printemps pouvaient aussi détruire les adventices présentes, notamment si elles sont réalisées en conditions séchantes. Pour répondre à la question de Domagala, il est difficile de départager les outils à dents équipés de socs larges uniquement selon la taille des socs. Ces derniers varient principalement selon l'écartement entre dents et donc selon la taille des dents. Les cultivateurs lourds sont aptes à la destruction mécanique d'adventices par "scalpage" et sont aussi adaptés à des opérations type déchaumage ou destruction de couverts. Les vibro-déchaumeurs ou vibro équipés de socs plus étroits peuvent aussi "scalper" les adventices tout en visant des préparations de sol moins grossières et plus superficielles que celles réalisées par les cultivateurs. En revanche, ils seront limités en présence de gros volume de résidus. Pour optimiser la destruction mécanique, ces vibro-déchaumeurs peuvent être optimisés en remplaçant le rouleau par une herse et en les équipant de roues de contrôle de profondeur. On améliorera ainsi la destruction mécanique, au détriment d'autres objectifs (faux semis ou moindre desséchement du lit de semences qui seraient améliorés avec un rouleau). En agronomie, tout est question de compromis ou de priorisation selon les objectifs visés.

13 mars 2022 par PEYRET

Il faut de réelles données économiques entre un glyphosate et le passage répété d'outil pour obtenir un résultat inférieur les années humides, avec un cout de GNR doublé. Retarder les dates de semis en cultures sèches semble compliqué et pour les irrigants sortir les enrouleurs pour faire lever une culture parce qu'ils ont asséché le lit de semence par succession de passages: économiquement et environnementalement aberrant à mes yeux.

12 mars 2022 par BELLANGER

Vive la baguette a 100 euros ! Il manque surtout beaucoup de bon Sens dans tous ça

12 mars 2022 par DOMAGALA

Je ne dénigre pas le personnel d'arvalis qui TESTE des pistes. Ma question outil a soc large :que choisir, des cœurs très larges espacés ou plus étroits serrés pour un travail de scalpage sur végétation courte.

12 mars 2022 par BARBE

j ose repondre à cela que pour certains politiques ,les Emplois Verts sont la solution mais quelle en est la definition????? peut la nostalgie a la Mao des annees 50

12 mars 2022 par GOSSELIN

Merci à tous pour l'unanimité des réactions du terrain !! Il faut en finir avec les idéologies du zero glyphosate et du zero produits chimiques. Hors agriculture, qui se passe du chimique ? De toute façons, on a de moins en moins de personnel, Faire moins efficace et plus aléatoire avec plus de mécanique, plus de personnel et moins de chimie n'est pas réaliste à long terme. En mécanique, quand c'est applicable les fenêtres d'intervention sont encore plus restreintes qu'en chimique. Si tous les "antiglyphos" de salon expérimentaient le désherbage à la main (et les ampoules), par rapport à l'efficacité du glyphosate (que certains jardiniers nous réclament). je crois que les avis changeraient. Tenir une binette pendant des heures, c'est moins facile que de pisser dans un bocal !!!

12 mars 2022 par MARCHESI

tous ses technicien d'arvalis sont la pour plaider en faveur des bonnes pratiques culturales, mais rien a voir avec la production . il faut savoir que ce type d'usage entraine une augmentation d'effet de serre mais apparemment ils en tienne pas compte , bravo écologie

11 mars 2022 par POISSON

1080g ca va pour se louper avec un tel grammage faut faire fort loll

11 mars 2022 par BARBE

Je dirais peut être un journal proches de la C E V "confrérie des enfricheurs volontaires"

11 mars 2022 par BIGNON

Et comme d'habitude, rien sur le prix du GNR ou la main d'oeuvre quand on parle de travail mécanique... Rien non plus sur le tassement. Vous êtes devenu un journal écologiste?!

11 mars 2022 par BARBE

En sol argilo calcaire fort dans le sud ouest avec de telles pratiques on peut finir entre 5 et8 qx de récolte en tournesol en sec a cause du tassement par les passages répétés ;je parle bien des façons culturales éffectuées hiver a printemps ,périodes mouillées en vue de stokage dans les sols. Le but de production étant d abord ¨de nourrir l humanité et non de philosopher sur ce qui est bien ou pas !!!!!!! surtout en cette période de guerre Sur ce à plus Barbé

11 mars 2022 par DOMAGALA

Avec un gnr à 2€ faut être très efficace à chaque passage,aussi bien choisir son investissement lorsque les constructeurs gonflent les prix des outils subventionnables. Pessimiste ?peut être !

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