En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
symptomes de VSFB (Virus de la mosaique des stries en fuseau du ble) dans une parcelle de ble dur. Virus des céréales à paille

Les automnes doux favorisent les contaminations des mosaïques

30 octobre 2014

Les mosaïques sont des virus transmis par Polymyxa Graminis, un champignon du sol. Sur blé, il en existe deux principalement : le virus de la mosaïque des céréales (VMC) et celui de la mosaïque des stries en fuseau du blé (VSFB), auquel le blé dur est particulièrement sensible.

Des virus qui agissent sur le système racinaire

Les automnes doux favorisent le nombre de cyles de Polymyxa Graminis, vecteur des virus des mosaïques. La quantité de zoospores contaminatrices des racines produites est donc plus importante et le virus a eu le temps de s’y multiplier. Suite à cette contamination exceptionnelle, une période de froid à la sortie de l’hiver permet au virus de passer dans les parties aériennes des plantes. Les mosaïques affaiblissent la plante par réduction du système racinaire.

Les mosaïques sur blé provoquent de nombreux symptômes qui n’apparaissent pas de façon systématique. L’apparition de tirets chlorotiques répartis de façon irrégulièrement à partir de début montaison est un symptôme typique. Cependant, des jaunissements et rougissements de la pointe des feuilles, révélatrices d’un mauvais fonctionnement de l’appareil racinaire, peuvent s’observer dès février en particulier pour le VSFB. Sur les variétés de blé dur très sensibles, de fortes attaques peuvent entraîner des pertes de pieds jusqu’à 100% ce qui complique le diagnostic.  Dans le cas du VMC, les plantes infectées présentent à l’épiaison un nanisme important.

symptome du virus de la mosaique des stries en fuseau du ble (VSFB) dans une parcelle de ble dur

Virus de la mosaïque des stries en fuseau du blé dans une parcelle de blé dur

Les mosaïques provoquent une réduction du système racinaire des blés infectés, ce qui les affaiblit considérablement. Toutes les composantes du rendement sont affectées. Une interaction des mosaïques avec le froid ou la phytotoxicité d’un herbicide peut augmenter notablement les dégâts.

Au regard des connaissances actuels, le virus doit être obligatoirement transmis par le vecteur, à savoir la terre ou les racines préalablement contaminées par Polymyxa graminis. Ainsi, la contamination d’une parcelle à l’autre se fait via le transport de la terre. Les outils non nettoyés après le travail d’une parcelle contaminée peuvent donc favoriser la propagation du virus mais les modes de transmission les plus importants semblent être le vent et l’eau.

DIAGNOSTIC
Les symptômes visuels ne permettent pas de distinguer les virus entre eux.
En blé dur, la mortalité des plantes atteintes rend parfois difficile l’observation de symptômes typique et d’autres virus transmis par cicadelles ou acariens peuvent dans certaines conditions provoquer des symptômes similaires. Il est donc conseillé de réaliser des analyses de plantes. Les analyses les plus fiables sont actuellement les analyses ELISA.
Le seul laboratoire en France qui réalise ce type d’analyse en routine est le laboratoire Galys, 14 rue André Boule, 41000 Blois. Des méthodes PCR ont été récemment mises au point (ARVALIS-GEVES-INRA-Supagro Montpellier) et devront être proposées par des laboratoires dans les années qui viennent.

Aucun traitement n’est efficace contre le virus ou le vecteur

Il n’existe aucun moyen de lutte contre le vecteur, à savoir Polymyxa graminis, et aucun traitement n’est efficace contre les virus. Les seules techniques possibles pour limiter les risques d’apparition des mosaïques sont le recours à des variétés résistantes et le décalage des dates de semis.

Les variétés de blé tendre sont généralement très peu sensibles au VSFB (Virus de la Mosaïque des stries en fuseau du blé), et 20% d’entre elles sont résistantes au VMC (Virus de la Mosaïque des céréales). En revanche, pour le blé dur seulement quelques variétés sont résistantes au VMC et aucune ne l’est au VSFB mis à part Soldur. Cependant, cette variété n’est pas multipliée car elle présente un potentiel de rendement limité et une qualité médiocre. Une autre source de résistance existe, c’est un des ancêtres du blé dur surnommé DIC2 ou Tri2215. Ces deux sources de résistance sont actuellement  étudiées par la recherche pour être transmises à de futures variétés.

L’infection des racines par le parasite Polymyxa graminis puis la transmission du virus se déroulent au cours de l’automne et en début d’hiver. Cette transmission est favorisée par des températures douces et un sol humide. Le retard des semis du blé limite les risques d’exposition des mosaïques car les températures sont en moyenne plus froides et donc moins propices à la transmission des mosaïques aux racines de blé. Les semis de printemps ne sont pas affectés par le virus.

Nous proposons une synthèse nationale qui privilégie le nombre de données. Ce classement approche le niveau intrinsèque de résistance des variétés. Les variétés sensibles au froid seront plus sensibles en région Centre. Le classement proposé est strictement VSFB et ne peut en aucun cas prédire le comportement dans les parcelles contaminées avec du VMC (virus de la mosaïque des céréales). Le seul moyen d’éviter la maladie est le semis de printemps.

Figure 1 : Liste des variétés de blé tendre résistantes aux deux types de mosaïques
Liste des variétés de blé tendre résistantes aux deux types de mosaïques

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

La note élevée de Relief a été obtenue en année à très faible pression. Sa moindre sensibilité n’est pas une résistance et elle peut présenter des dégâts dans les situations à fortes pressions.

Figure 2 : Classement des variétés par rapport à la tolérance aux mosaïques VSFB - Synthèse pluriannuelle nationale (2000-2014)
Classement des variétés par rapport à la tolérance aux mosaïques VSFB - Synthèse pluriannuelle nationale (2000-2014)

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10