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Les dates d’apparition des stades 1 nœud et 2 noeuds Messagerie Normandie

Montaison des céréales : le point sur l'état des cultures

22 avril 2021

Malgré les fortes amplitudes de températures subies ces dernières semaines, les céréales présentent actuellement un état végétatif favorable sur la région.

Les gelées matinales survenues depuis le début du mois interviennent sur des céréales entre épi 1 cm et 1 nœud pour la majorité. Pour les parcelles n’ayant pas dépassé le stade 2 nœuds, l’impact de ces gelées devrait être relativement limité au regard de leur intensité modérée. Pour les parcelles les plus précoces où les céréales ont atteint des stades plus avancés, des dégâts plus marqués seront probablement observés.

Après la grande douceur fin mars, des températures proches des seuils d’alerte en avril

Depuis janvier, la campagne 2020-2021 se positionne, à ce jour, proche de la médiane pluriannuelle mais avec une tendance « Froid et humide » (figure 1).

Figure 1 : Positionnement de l'offre climatique de la campagne 2020-2021 (moyenne du 1er janvier au 10 avril) par rapport à la médiane (1997-2020), sur la station de Evreux-Huest

Source : Météo France – Analyse fréquentielle 1997 à 2020

Les précipitations du mois de mars se concentrent sur la deuxième décade. Ce mois a été marqué par un très faible cumul au niveau d’Evreux et Caen, légèrement inférieur au premier quintile.

Quant aux sommes de températures enregistrées sur le mois de mars, elles sont excédentaires. Cependant, une forte amplitude a été constatée entre la dernière décade de mars (> 20-25°C) et la première décade d’avril (< -3°C).

Les céréales se situent pour la grande majorité au stade 1 nœud. Les températures fraîches de ce début de printemps ont ralenti le développement des cultures.

Pour le moment, peu de dégâts sont observés sur les céréales

L’épisode de froid rencontré depuis le 6 avril, avec des températures minimales négatives allant jusqu’à -4 à -5°C sous abri, a pu conduire à quelques dégâts ponctuels sur céréales. Le seuil d’alerte de référence est de -4°C (mesuré sous abri) pour des céréales en cours de montaison. Cependant, les dégâts apparaissent plutôt vers -5 à -7°C. Ces derniers jours, les températures minimales n’ont que très rarement franchi le seuil des -3 à -4°C. Dans la majorité des situations, cet épisode de gel aura donc très peu d’impact sur le rendement au regard du stade des céréales qui sont principalement à 1 nœud.

Figure 2 : Températures minimales relevées sous abris en Normandie le 6 avril (en haut) et le 7 avril (en bas)
Températures minimales relevées sous abris en Normandie le 6 avril

Températures minimales relevées sous abris en Normandie le 7 avril

Source : Info climat

La sensibilité des céréales au gel dépend du stade de la culture, de l’espèce et de l’exposition de la parcelle :

• Du point de vue de la topographie, les fonds de vallée, les bords de haie et les versants nord vont être les secteurs les plus exposés car ces facteurs impactent très fortement l’intensité et la durée du gel.

• À température égale, les cultures les plus avancées (entre 2 nœuds et dernière feuille pointante, voire méiose localement) sont plus fragiles que celles qui entament juste leur montaison (stade épi 1 cm) (tableau 1).

• Il est probable que les espèces aient des différences de sensibilité, au-delà des seuls effets de stade : les blés durs et les orges d’hiver sont supposées plus sensibles que le blé tendre. Les orges de printemps semés en automne sont sans aucun doute les situations les plus à risque. Les facteurs localisation et stade sont clairement les déterminants majeurs du risque de froid. Les effets du vent et de la neige sont difficiles à cerner. Le vent peut générer des brûlures sur feuille, alors que les très faibles chutes de neige n’auront sans doute pas de rôle de protection significatif.

Tableau 1 : Sensibilité au gel des céréales selon leur stade de développement

Risque de verse et état sanitaire des cultures

Des apports d’azote précoces et en quantités élevées sont constatés, ce qui risque de favoriser la verse des céréales. Les applications de régulateur n’ont, dans la plupart des cas, pas pu être réalisées du fait des fortes amplitudes thermiques défavorables aux applications. Au regard des fortes biomasses végétales, le risque de verse reste assez élevé dans bon nombre de parcelles. Toutefois, le raisonnement d’une intervention de lutte contre la verse doit se faire à la parcelle.

La difficulté actuelle est que les conditions météo sont toujours défavorables à l’application de régulateurs. Les stades avançant, il faudra, le cas échéant, revoir et adapter le type de régulateur envisagé quand des conditions d’application appropriées reviendront.

De la rouille naine est signalée sur orge. Les températures fraîches actuelles limitent le développement de la maladie. Il faut cependant rester vigilant, dans les situations où le stade 1 nœud est dépassé, pour décider d’une intervention ou non en fonction des symptômes observés.

De la rhynchosporiose et de l’helminthosporiose sont également signalées, notamment sur les semis précoces (76 et 27). Pour les maladies foliaires de l’orge, à partir du stade 1 nœud, il faut observer les 3 dernières feuilles bien étalées du moment de 20 tiges principales. Sur variété sensible, une intervention est justifiée si plus de 10 % des feuilles (6 feuilles sur 60) sont porteuses de maladie (tableau 2).

Tableau 2 : Symptômes et seuils de nuisibilité de la rhynchosporiose et de l’helminthosporiose sur orges

Sur orge, différentes viroses sont signalées : jaunisse nanisante de l’orge (JNO) avec apparition des symptômes depuis la mi-février et quelques cas de mosaïque de l’orge confirmés par analyse virologique.

Sur blé, de la septoriose est présente sur les feuilles sénescentes, mais il est trop tôt pour intervenir.

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec la Coopérative de Creully, Nat ’up et Soufflet Agriculture.
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