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Campagne céréalière 2019/2020 Messagerie Pays de la Loire

Moisson 2020 décevante : les facteurs explicatifs sont multiples

23 juillet 2020

Pour expliquer les rendements particulièrement bas en céréales à paille, retour sur le scénario climatique et parasitaires de cette campagne.

Des conditions d’implantation particulièrement difficiles qui ont laissé des traces

La pluie quasi continue du 20 septembre au 15 mars a conduit à semer des céréales dans des conditions de préparation de sol délicates. L’installation des cultures s’est effectuée dans des sols saturés d’eau avec une croissance réduite de l’ensemble de la plantes (feuillage et racines).

La montaison s’est initiée précocement, dans des sols gorgés d’eau. A ce stade, l’excès d’eau persistant provoque des dégâts irréversibles sur le potentiel de nombre d’épis.

Tableau 1 : Pluviométrie enregistrée entre le 1er septembre 2019 et le 15 mars 2020 sur différents sites des Pays de la Loire (source Météo France)

Excès d’eau … puis sécheresse prolongée : la double peine en sols de limons sensibles

L’arrêt brutal et durable de la pluie à partir de la mi-mars a été très préjudiciable à la montée à épis et à l’alimentation azotée des plantes. En sols superficiels, un déficit hydrique marqué s’installe à partir de 2 nœuds ; il persistera jusqu’à la récolte.

► Le nombre d’épis est déficitaire et limitant dans la plupart des parcelles. La biomasse à floraison est particulièrement faible, notamment dans les sols ayant souffert d’excès d’eau : les biomasses y sont en retrait de 30 % par rapport à la normale et des quantités d’azote absorbé à ce stade peu élevées (figure 1).

Figure 1 : Azote absorbé en fonction de la biomasse à floraison en blé tendre (suivi ARVALIS 2004 à 2020 sur la station de La Jaillière)

Des facteurs biotiques fortement impactants

Des viroses qui affaiblissent les céréales et limitent leur potentiel

Avec l’extrême douceur qui a marqué la campagne, les pucerons sont constamment présents sur l’ensemble du cycle des céréales. Ces pucerons sont potentiellement vecteurs de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO). Les orges d’hiver ont été particulièrement touchées par cette virose, avec des attaques sévères conduisant parfois à la destruction de la culture. Sur blé, les symptômes sont apparus plus tardivement que d’habitude – probablement du fait d’infections tardives à la fin décembre – mais ils étaient nettement visibles dans la plupart des parcelles de la région, à des degrés plus ou moins importants. A maturité, on observe en conséquence la présence d’épis de taille réduite et porteurs de tous petits grains.


Le virus de la Jaunisse Nanisante de l’Orge (JNO) a sévèrement impacté de nombreuses parcelles de céréales en 2020. Sa propagation s’explique par l’extrême douceur de la campagne et le séjour continu des pucerons vecteurs sur les parcelles.
Photo : foyer de JNO sur blé à l’épiaison – la Jaillière (44)

La fusariose des épis, à la faveur des pluies à floraison, s’est fortement développée

La première quinzaine de mai est marquée par un temps frais et pluvieux qui coïncide avec la floraison de la plupart des parcelles de blé, quelle que soit la date de semis ou la précocité. Il était donc très difficile d’esquiver l’exposition aux champignons de type fusariose durant ce stade sensible. Seules les parcelles les plus tardives, ayant fleuri après le 20 mai ont échappé à cet épisode favorisant, mais elles représentent une minorité de situations dans la région (tableau 2).

Tableau 2 : Pluies enregistrées autour de la floraison des céréales en 2020 sur différents sites des Pays de la Loire


L’apparition de symptômes de fusariose sur épis est très fugace voire inexistante au cours du remplissage – pour autant, la maladie est bel et bien présente et décelable à maturité avec de nombreux épis dressés, noircis et mal remplis alors que les pieds et racines sont sains. Le rosissement des épis n’est pas systématique, la JNO pourrait également être en cause dans cet accident d’épis mal nourris.
Photo : épis échaudés et porteurs de symptômes de fusariose sur blé à maturité – la Jaillière (44)

Ne pas oublier les autres facteurs dépressifs

Les accidents liés aux maladies du pied et des racines sont récurrents dans la région. Dès la fin mai, le déficit hydrique a révélé des ronds de piétin échaudage dans les parcelles.

Ce qu’il faut retenir :

• Une succession d’épisodes climatiques prolongés, défavorable à la mise en place des composantes de rendement (excès d’eau puis périodes marquées de sécheresse au printemps)
• Une douceur extrême qui favorise la présence continue de pucerons vecteurs de virose qui affaiblit les plantes et perturbe la fertilité des épis et leur remplissage.
• La floraison se déroule au cours d’une quinzaine fraîche et pluvieuse responsable du développement de maladies de l’épi, altérant à la fois le rendement et la qualité des grains.

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