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Parcelle inondée Situation agroclimatique

Manque de rayonnement et excès d'eau peuvent pénaliser les rendements

24 mai 2013

Atypique sur le plan climatique, la campagne 2012/2013 a été jusqu'à présent marquée par des températures printanières très faibles, des précipitations en excès et un manque de rayonnement. Les cultures ont pris du retard et il est possible que ces phénomènes aient un impact sur le rendement.

La période actuelle présente des températures nettement inférieures aux normales saisonnières, alors que les précipitations cumulées depuis le début du printemps sont élevées à très élevées (cartes 1 et 2). Ceci se traduit donc par un développement ralenti des cultures qui se cumule au retard déjà constaté à épi 1cm, et des excès d’eau temporaires quasiment généralisés.

Cartes 1 - 2 : Ecart 2013 à la moyenne pluriannuelle pour le cumul de pluies (en mm)(gauche), et le cumul de températures (en °Cj)(droite) sur la période 01/04-20/05

Des cultures en retard

Le retard de développement des cultures se maintient, notamment en lien avec des températures froides persistantes. Seules les extrémités Sud-Ouest et Sud-Est conservent des précocités proches de la normale. Globalement, la montaison apparaît plutôt longue et décalée vers des jours à photopériode accrue. Malgré cela, sur près des deux-tiers du territoire (carte 3), la campagne en cours reste nettement marquée par le manque de rayonnement. Celui-ci peut donc avoir un effet direct négatif sur la croissance des cultures et l’accumulation de biomasse.

Carte 3 : Rapport (%) à la moyenne pluriannuelle du rayonnement cumulé épi 1 cm-floraison en 2013

Réserves en eau reconstituées et excès d’humidité

Même les sols les plus profonds sont en tendance rechargés du fait des pluies à répétition. Les réserves en eau des sols se maintiennent à des niveaux très élevés. Le corolaire inévitable de ce temps pluvieux réside évidemment dans les excès d’eau à répétition (sans parler des inondations), qui peuvent d’ailleurs être très certainement aggravés par les mauvaises structures de sol héritées de l’automne dernier. Les zones à fort excès se situent en Bourgogne et en Lorraine ainsi qu’en Rhône-Alpes, également dans certains secteurs du sud et en Bretagne.

Bien que l’occurrence d’une sécheresse de fin de cycle ne puisse pas être écartée, cette forte disponibilité en eau peut faire espérer un début de remplissage favorable, sous réserve que les systèmes racinaires soient sains et opérationnels. Il semble donc évident que les capacités de drainage et le respect des structures des sols seront des facteurs de différentiation des rendements entre parcelles.

Des conséquences sur le potentiel de rendement

A priori, les densités de tiges apparaissent non limitantes et la biomasse importante, probablement en raison d’un tallage tardif, de l’absence de carences en azote induites et du manque de chaleur qui augmente la dominance apicale. La montée à épi est bonne et se cumule à un tallage moyen à bon.

Concernant le statut azoté des cultures, hormis en Picardie et en Champagne, les apports à épi 1 cm ont souvent été bien valorisés, et les fréquentes pluies de fin avril et début mai garantissent normalement une bonne efficience des engrais. Cependant, la qualité de l’enracinement des cultures pose question, et peut remettre en cause l’absorption effective de l’azote, notamment dans des situations en excès d’eau.

Pour les zones plus au sud, le potentiel des cultures semble souvent prometteur, et l’on peut craindre des phénomènes de dilution de l’azote et donc de faibles teneurs en protéines.

Les excès d’eau et les mauvaises conditions actuelles sont donc plutôt défavorables aux cultures, notamment pour les zones où la méiose est en cours, et pour les milieux où les sols présentent des défauts de drainage (sols fragiles et/ou structures dégradées). Il est donc possible que les milieux à haut potentiel soient davantage pénalisés que les milieux traditionnellement « séchants ».

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2 commentaires 24 mai 2013 par ARVALIS

L'annonce d'une montaison rapide a été faite sur un constat et une hypothèse. Le constat est que lorsque la montaison débute autour du 10 avril (comme c'était le cas dans le bassin parisien), elle s'effectue en tendance dans des conditions plus chaudes que lorsqu'elle débute le 15 mars. Or s'il fait plus chaud, les stades avancent plus vite. La durée du jour plus longue au mois d'avril qu'au mois de mars contribue également au raccourcissement de cette phase. A titre d'exemple, en Ile-de-France, les montaisons qui débutent vers le 15 mars durent en moyenne 65 jours, alors que celles qui débutent vers le 10 juin durent environ 55 jours. L'hypothèse utilisée dans les articles précédents est que le climat serait proche de la médiane pluriannuelle. C'est forcément imprécis, mais c'est l'hypothèse la plus raisonnable. Il s'est avéré que le niveau de températures rencontré en avril et mai se produit moins d'une année sur dix, qui est une fréquence quasiment jamais utilisée dans des analyses climatiques tellement elle est extrême.

24 mai 2013 par DEBRE

attendez avant de dire des choses il y a un mois sur ce même site vous nous annonciez une montaison rapide !!!!

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