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Maladies foliaires sur blé : faut-il traiter ?

23 avril 2020

Depuis mi-mars, le climat a plutôt freiné le développement des maladies foliaires sur blé, induisant un risque faible. La rouille jaune est toutefois présente sur les variétés sensibles et les pluies du week-end du 18/19 avril pourraient favoriser la propagation de la septoriose si elle était déjà présente sur feuilles basses. Dans ce contexte, se pose la question de l’intérêt d’un T1.

Un climat sec depuis la mi-mars

Au 20 avril, la majorité des parcelles a atteint le stade 1 nœud. Les parcelles les plus avancées atteignent le stade 3 nœuds mais les situations sont assez hétérogènes car certaines parcelles peu poussantes stagnent toujours au stade épi 1 cm. La plupart des symptômes observés concernent les F3 et F4 du moment, datant des contaminations de début mars. Ces symptômes peuvent alerter visuellement, mais ils sont sans gravité à ce stade car ils ne concernent que les futures F5, F6 et F7 définitives. Par ailleurs, le risque doit être nuancé selon le degré de sensibilité de la variété. Les variétés tolérantes permettent de tolérer une plus grande quantité de symptômes que les variétés dites sensibles. A noter que la distinction se fera de façon plus marquée sur les trois dernières feuilles finales. Pour l’instant, rien d’alarmant.

Depuis mi-mars, le climat a été globalement sec sur l’ensemble du territoire normand (figures 1 et 2), ce qui a bloqué les maladies sur les étages foliaires les plus bas. Les feuilles les plus jeunes sont donc indemnes de tout symptôme. Le risque septoriose est actuellement faible : nous sommes donc sur un scénario d’impasse de T1 pour la plupart des situations de la région (variétés peu sensibles, voire moyennement sensibles, semis tardifs et sécheresse depuis mi-mars).

Figure 1 : Températures et précipitations relevées sur la station météo de Bernay (27) du 14 mars au 20 avril 2020

Figure 2 : Températures et précipitations relevées sur la station météo de Rots (14) du 14 mars au 20 avril 2020

Attention toutefois aux quelques pluies très locales du week-end du 18/19 avril, en particulier pour les variétés très sensibles les plus en avance. L’évolution des maladies est à suivre au cas par cas, les pluies ayant été très hétérogènes d’une zone à l’autre de la Normandie (figure 3).

Figure 3 : Cumuls des précipitations (en mm) entre le 16 et le 18 avril 2020

(Données Météo France – ARVALIS - Institut du végétal)

Quid d’un T1 trop souvent non rentabilisé ?

La tendance des dernières années va vers un développement assez tardif des maladies foliaires. Ceci s’explique, d’une part, par une longue période sans pluie en mars – avril qui limite la progression des maladies. D’autre part, l’implantation de variétés de blé tendre de plus en plus tolérantes aux maladies, en particulier vis-à-vis de la septoriose (figure 4), permet de s’affranchir du T1 dans certains cas.

Figure 4 : Evolution du panel variétal de blé tendre en Normandie en fonction des notes de résistance à la septoriose

(FranceAgriMer – ARVALIS)

ARVALIS a évalué la pertinence technico-économique du traitement fongicide visant les maladies foliaires en début de montaison (couramment appelé T1 et positionné entre les stades 2 nœuds et dernière feuille pointante). Il en ressort que, sur blé tendre, en considérant que le seuil de rentabilité économique d’un T1 se situe à 3 q/ha (coût du traitement 25 à 30 € + coût du passage), la synthèse des 363 comparaisons sur la période 2013 – 2019 montre que le T1 n’est rentable que dans 27 % des cas, toutes sensibilités variétales confondues. La probabilité de valoriser un T1 sur une variété résistante à la septoriose (note ≥ 6,5, type LG Absalon) est inférieure à 3 %. Il en ressort également que l’intérêt du T1 est très fortement corrélé au niveau de nuisibilité des maladies : pour une nuisibilité proche de 20 q/ha, le gain moyen brut du T1 n’est que de 2,3 q/ha. Ce dernier n’est donc pas rentabilisé sur la base des hypothèses ci-dessus.

A retenir 

Un traitement inutile coûte plus cher qu’une mauvaise impasse car le risque que l’on prend à ne pas traiter n’est pas plus grand que le coût de l’assurance prise en traitant.
Ainsi, dès lors que la variété est résistante à la septoriose (note ≥ 6,5 par exemple Chevignon LG Absalon, RGT Cesario KWS Extase…), et à la rouille jaune (note > 6) – ou en l’absence de cette dernière, le T1 n’est pas justifié.

Evaluer le risque septoriose actuellement

A l’aide des observations terrain, du bulletin de santé du végétal (BSV) ou des outils d’aide à la décision comme Septo-LIS®, il est primordial d’adapter sa protection à la parcelle et au contexte de l’année.

Voici les recommandations ARVALIS et une grille d’aide à la décision (figure 5).

Figure 5 : Grille d’aide à la décision pour le déclenchement ou l’impasse d’un T1

(ARVALIS – Institut du végétal)

Sur la base des données météo enregistrées jusqu’au 20 avril, le modèle épidémiologique Septo-LIS® déclenche un traitement à 2 nœuds, pour des variétés assez sensibles à peu sensibles à la septoriose de type Cellule, semées à la mi-octobre aux alentours de Caen (figure 6). Pour une date de semis plus tardive et/ou pour une localisation différente ayant été moins touchée par les pluies du week-end, il est recommandé de surveiller les parcelles.

Dans le cas de variétés assez résistantes de type Chevignon, il est recommandé de surveiller les parcelles implantées mi-octobre. Pour des dates de semis plus tardives, aucune intervention n’est à prévoir pour l’instant avant la dernière feuille étalée prévue début mai.

Figure 6 : Interventions préconisées par le modèle Septo-LIS® pour plusieurs cas types

(ARVALIS – Institut du végétal)

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