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Pulvérisateur dans une parcelle de blé tendre au stade DFE pour traitement fongicide en mai 2021 en région Auvergne Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Maladies du blé tendre : intervenir dès que le stade dernière feuille est atteint

12 mai 2021

Le risque maladies, notamment septoriose, est présent sur blé tendre à la faveur des pluies récentes. Voici les stratégies fongicides possibles en fonction de la sensibilité des variétés semées, dans le respect de certaines conditions d’application.

Après un mois d’avril froid et sec, les blés s’approchent ou sont à dernière feuille pointante, voire dernière feuille étalée. Dans le Berry et le sud de l’Indre et Loire, certaines parcelles ont déjà atteint le stade début épiaison.

Précipitations : des conditions favorables à la septoriose

La septoriose est une maladie qui progresse des feuilles du bas vers les feuilles du haut, et cette progression nécessite de la pluie (pour le fameux effet « splashing »). Le retour des pluies depuis début mai est favorable au développement de la septoriose.

Carte 1 : Cumul des pluies entre le 15 et le 30 avril 2021

Carte 2 : Cumul des pluies depuis le 1er mai 2021

Rappel sur le positionnement des fongicides

Point 1

L’objectif de la protection fongicide est de protéger les trois dernières feuilles définitives. Ces feuilles contribuent en effet fortement à l’élaboration du rendement.

Point 2

Le positionnement des fongicides est délicat car ces produits ne protègent pas les feuilles ou les parties de feuilles absentes lors du traitement. Même si on emploie le terme « systémie » à propos de certains fongicides, il s’agit d’une systémie dite « de bout de feuille ». Ces produits diffusent vers la pointe des feuilles. Ainsi, lors d’un passage à dernière feuille pointante (DFP), ils ne migrent pas vers les tissus encore cachés dans la tige.

Point 3

Si une intervention est nécessaire, quand la positionner ? Matin, après-midi ou soir ? Le mieux est de privilégier des interventions très tôt le matin pour profiter de l’hygrométrie et de plantes plus « réceptrices », surtout après une journée chaude. Actuellement, au vu des températures rencontrées, c’est surtout le vent qui est le facteur limitant.

Dernière feuille étalée : un stade-clé pour intervenir

Dans nos régions, la protection de la dernière feuille est l’intervention la plus importante d’un point de vue technico-économique.

Aujourd’hui, au vu de l’inoculum installé au cours de l’hiver et des précipitations de ces derniers jours, une intervention à ce stade semble nécessaire, en particulier dans les secteurs les plus arrosés. Avec les pluies annoncées dans les prochains jours, il faudra profiter des créneaux météorologiques disponibles pour intervenir si le stade dernière feuille étalée (DFE) est atteint.

Pour avoir une idée du niveau de risque maladie dans votre secteur, consultez le baromètre maladie sur quelques cas-types

Seuil de risque dépassé ou OAD qui déclenche à dernière feuille pointante (DFP) : que faire ?
Il y a deux possibilités :
- Intervenir dès que possible avec un « petit » T1 (type soufre). Les modèles préconiseront souvent dans ces situations un renouvellement au stade DFE (préconisation à privilégier).
- Attendre la DFE et intervenir avec des produits de type SDHI à des doses adaptées à la nuisibilité attendue.

Pour asseoir son choix, une visite des parcelles est pertinente !

Rappelons les seuils de risque, sachant qu’au stade DFP, c’est l’observation sur la F4 définitive qui est déterminante (F3 étalée du moment à ce stade) :
- Pour les variétés sensibles et très sensibles : 20 % des F4 définitives présentent des symptômes.
- Pour les variétés peu sensibles : 50 % des F4 définitives présentent des symptômes.

A partir du stade DFE, les observations se font sur les F3 définitives avec le seuil de 20 % pour les variétés sensibles et 50 % pour les variétés peu sensibles.

Attention à ne pas confondre taches physiologiques et septoriose. La présence de points noirs (pycnides) et la répartition des symptômes (de bas en haut pour la maladie) sont de bons indicateurs.

Adapter son programme à la sensibilité variétale, en respectant l’alternance des matières actives

Prévenir les résistances aux fongicides par des pratiques responsables

Un seul mot d’ordre : l’alternance des matières actives. Pour minimiser les risques de résistance, nous recommandons ainsi de respecter les règles suivantes :
• pas plus d’une solution SDHI par campagne,
• pas plus d’un prochloraze par campagne,
• pas plus d’une strobilurine par campagne (famille inutile dans les programmes en cas de variété résistante aux rouilles),
• alterner autant que possible les triazoles (IDM) au cours de la saison : éviter si possible d’utiliser deux fois la même matière active.
• associer les SDHI systématiquement à d’autres modes d’action (triazole…).

Exemples de programmes en fonction de la nuisibilité attendue

Les produits cités après ne sont pas exclusifs et les combinaisons proposées non exhaustives.

Rappel : pour établir nos propositions de programmes, nous avons retenu un prix de vente moyen de 15 €/q. Il conviendra d’ajuster les doses aux prix estimés actuellement.

L’alternance des matières actives est illustrée par le jeu de couleurs suivant :
• En vert : les SDHI
• En rose : les strobilurines
• En marron : les triazoles
• En bleu : le prothioconazole
• En orange : le prochloraze
• En rouge : le chlorothalonil
• En noir : les matières actives n’appartenant à aucune des familles citées précédemment

Retrouvez toutes les notes de résistances maladies des variétés 2021 dans les fiches Variétés ARVALIS.

Tableau 1 : Exemples de programmes fongicides pour des variétés résistantes à peu sensibles à la septoriose (nuisibilité attendue entre 7 et 13 q/ha)

Les doses proposées correspondent à une nuisibilité comprise entre 7 et 13 q/ha. En cas de nuisibilité estimée pour la septoriose et/ou rouille brune inférieure à 7 q/ha, les doses des programmes proposés doivent être revues à la baisse pour réduire l’enveloppe allouée aux fongicides.

* : Modalités à privilégier en situation à forte pression de rouille brune.
Eviter d'intervenir 2 fois par campagne avec les mêmes matières actives ou spécialités.
** les prix sont donnés à titre indicatif.

Tableau 2 : Exemples de programmes fongicides pour des variétés moyennement sensibles à la septoriose (nuisibilité attendue autour de 15 q/ha)

Les doses proposées correspondent à une nuisibilité de 15 q/ha (nord Île–de-France). Dans nos régions, la nuisibilité d’une variété moyennement sensible peut être inférieure (jusqu’à 5 q/ha en Limagne). Dans ce cas, il faut revoir les doses proposées à la baisse ou basculer sur le programme précédent.

* : Modalités à privilégier en situation à forte pression de rouille brune.
Eviter d'intervenir deux fois par campagne avec les mêmes matières actives ou spécialités.
** les prix sont donnés à titre indicatif.

Tableau 3 : Exemples de programmes fongicides pour des variétés très sensibles à la septoriose (nuisibilité attendue autour de 20 q/ha)

Les doses proposées correspondent à une nuisibilité de 20 q/ha (nord Île–de-France). Dans nos régions, la nuisibilité d’une variété très sensible peut être inférieure (jusqu’à 5 q/ha en Limagne). Dans ce cas, il faut revoir les doses proposées à la baisse ou basculer sur le programme précédent.

* : Modalités à privilégier en situation à forte pression de rouille brune.
Eviter d'intervenir deux fois par campagne avec les mêmes matières actives ou spécialités.
** les prix sont donnés à titre indicatif.

Retrouver l’ensemble des programmes dans le guide régional Choisir et Décider - interventions de printemps 2021 - Blé tendre.

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