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Risque maladies sur blé en 2019 Messagerie Champagne-Ardenne

Maladies du blé : pas d’intervention précoce à prévoir

11 avril 2019

Les blés entament leur montaison dans un état sanitaire satisfaisant. Les maladies rencontrées dans la région (piétin verse, oïdium, septoriose, rouille jaune) restent pour l’instant discrètes. Pas besoin d’une protection fongicide précoce en 2019.

Un stade épi 1 cm légèrement en avance

L’automne 2018 a été particulièrement sec et a provoqué dans certains secteurs des levées très échelonnées (photo 1). La douceur des semaines suivantes, certes associée à une pluviométrie faible, a tout de même permis aux blés de se « rattraper ». Ensuite, avec la douceur de l’hiver, et plus particulièrement du mois de février, les stades épi 1 cm sont observés en moyenne autour du 27 mars, soit une avance d’environ 6 jours par rapport à la médiane pluriannuelle. Il peut subsister des différences de stades dans les parcelles aujourd’hui (photo 2), différences qui vont s’estomper durant la montaison.


Photo 1 : Levées échelonnées liées au déficit de pluie durant l’automne.


Photo 2 : Des différences de stades subsistent dans les parcelles au stade montaison.

Des conditions climatiques assez peu propices au développement précoce des maladies

Les cumuls de pluies sont proches de 250 mm entre le semis et le début montaison, contre 300 à 350 mm en pluriannuel (figure 1).

Ce sont surtout les mois de janvier et février qui sont les plus déficitaires. Ces conditions climatiques n’ont pas été favorables au développement de l’inoculum des maladies, notamment piétin verse, septoriose et rouille jaune.

Figure 1 : Cumul de pluies et de températures pour les stations météo de Fagnières (51) et de Troyes (10)

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Des variétés de plus en plus tolérantes

La tolérance variétale est un bon moyen de limiter l’investissement fongicide (tableau 1). Entre une variété sensible et une variété tolérante, l’économie peut s’élever à 50 €/ha.

Tableau 1 : Classement des variétés selon leur sensibilité à différentes maladies

Note 2019 CTPS / ARVALIS
Légende
 : 1 – Très sensible / 9 – Résistante

Piétin verse : peu voire pas de symptômes à début montaison

L’inoculum de piétin verse se conserve sur les résidus pailleux durant l’hiver, et passe ensuite sur les tiges à la faveur d’un automne-hiver doux et pluvieux. Or, la maladie s’est faite très discrète ces dernières années : l’inoculum est donc à tendance faible et l’absence de pluie n’a pas favorisé sa réactivation. La décision d’une intervention ne doit pas se raisonner en systématique, mais selon des observations : les essais ont montré qu’une intervention était justifiée à partir de 35 % de tiges touchées.

A noter la quasi absence de symptômes dans l’essai ARVALIS de la Marne, pourtant contaminé avec des pailles inoculées.

Oïdium : peu de symptômes actuellement

Les attaques d’oïdium s’observent le plus fréquemment entre les stades tallage et 2 nœuds des céréales. Les conditions actuelles leur sont propices : pluies de faible intensité amenant de l’humidité et retour annoncé du beau temps. Les observations actuelles font toutefois état d’une très faible présence pour le moment. Là encore, il est primordial de raisonner son intervention : beaucoup de variétés cultivées dans la plaine sont résistantes à l’oïdium (tableau 1).

Rouille jaune : faible risque d’apparition précoce de la maladie

Le modèle CrustYello, développé par ARVALIS, permet d’estimer le risque d’apparition de la rouille jaune en prenant en compte la sensibilité variétale et les variables agroclimatiques. Cette année, le modèle indique un risque d’apparition de la maladie au stade 1 nœud plus faible que l’an passé, et bien plus faible que 2014 (référence haute). D’ailleurs, les observations du BSV du 3 avril ne font état d’aucun symptôme dans les parcelles.

Pour rappel, la résistance variétale est le moyen le plus économique pour lutter contre la rouille jaune. Les dernières années d’essais ont montré qu’il n’était pas nécessaire d’intervenir avant le stade 2 nœuds pour les variétés résistantes à cette maladie. Les variétés sensibles restent à surveiller : on peut citer Némo, Trapez, Goncourt.

Septoriose : un inoculum cantonné aux feuilles basses

Le mois de février chaud et sec a permis aux plantes de se développer plus rapidement que l’inoculum. Ainsi, l’inoculum est à ce jour plus faible qu’en 2018 à la même période. Les pluies du mois de mars ont certes été contaminatrices, mais la septoriose est pour l’instant très discrète et se cantonne aux feuilles basses. Les prochains jours annoncés secs devraient permettre aux blés de poursuivre leur montaison dans des conditions globalement saines.

Pour rappel, il n’est pas nécessaire de déclencher systématiquement un traitement dès le stade 2 nœuds pour plusieurs raisons :
- Ce sont les conditions climatiques à partir du stade 2 nœuds qui sont déterminantes pour la nuisibilité finale.
- Les variétés aujourd’hui cultivées sur la région montrent un bon niveau de tolérance à la fois à la septoriose et à la rouille jaune. Associées aux observations et aux Outils d’Aide à la Décision, ces variétés peuvent permettre de s’affranchir d’un premier traitement. C’est le traitement à la sortie de la dernière feuille qui est primordial.

La situation est sereine actuellement, à suivre en fonction des conditions climatiques des prochains jours.

Rouille brune : les conditions météo d’avril et mai seront déterminantes

Avec des sommes de températures élevées depuis le semis, le risque climatique potentiel rouille brune est plus important que l’an dernier, mais reste inférieur à 2007, l’année de référence haute. Dans notre région, il n’y a aucun intérêt à réaliser un traitement orienté rouille brune avant la sortie de la dernière feuille.

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