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Maladies des orges / Ramulariose et grillures polliniques : quelle nuisibilité et quels moyens de lutte ?

25 septembre 2013

Sur orges, certaines années, il faut aussi composer avec des symptômes de fin de cycle qui préoccupent le terrain tout autant que les maladies traditionnelles comme l’helminthosporiose ou la rhynchosporiose. Il s’agit particulièrement de ramulariose et de grillures, en réponse à un stress abiotique (non pathogène). Maîtriser ces deux types de symptômes représente un véritable enjeu pour la culture de l’orge. Si la résistance variétale est une solution intéressante, la maîtrise de ces symptômes passe par un choix judicieux des produits en particulier à la sortie des barbes.

Un complexe parasitaire élargi
A côté des principales maladies classiques des orges, d’autres maladies évoluent souvent en cortège avec des taches brunes parasitaires ou liées à des stress climatiques comme les grillures polliniques ou la ramulariose… Certaines années, ces symptômes prennent le pas et accélèrent la sénescence des feuilles et on peut observer plus de grillures que de maladie.

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Comment ça marche ? Ramulariose
Photo 1 : Ramulariose sur orges
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Ramulariose :
Observée pour la première fois en France en 2002, la ramulariose est présente sur toutes les zones de culture des orges. L’observation des symptômes est réalisée à partir du stade « épiaison ». Les symptômes de cette maladie s’apparentent à des mini-taches d’helminthosporiose, d’où de nombreuses confusions. Les symptômes visuels se présentent sous la forme de taches brunes rectangulaires, courtes (jusqu’à 5 mm), entourées d’un halo jaunâtre. Elles suivent les nervures sur les deux faces. L’observation à la loupe de petits points blancs alignés émergeant des stomates (fine poussière blanche) sur les taches matures, au niveau de la face inférieure des feuilles, est un signe caractéristique, mais qui n’est pas toujours présent. Les périodes humides fin mai début juin coïncident avec des attaques sévères. En fin de cycle, il est difficile de différencier les symptômes de la ramulariose de ceux de l’helminthosporiose et des symptômes physiologiques.

Grillures et grillures polliniques
Photo 2 : Grillures sur orges
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Les grillures et les grillures polliniques :
Elles ne sont pas dues à un champignon pathogène mais à un stress abiotique, notamment à un excès de rayonnement. Les symptômes apparaissent à partir de la montaison, le plus souvent au cours d’une période très ensoleillée faisant suite à une période de faible rayonnement. L’apparition de ces symptômes augmente après la floraison, en lien avec la présence de pollen sur les feuilles. Les symptômes sont appelés alors grillures polliniques. Sur les feuilles ou sur la partie des feuilles les plus exposés à la lumière, apparition de grandes zones brun-violacé composées d’une multitude de ponctuations qui évoluent en nécroses. Les feuilles à l’abri de la lumière sont peu ou pas touchées par ces symptômes. De plus, les taches traversent difficilement la feuille donc la face inférieure des feuilles, à l’abri de la lumière, est beaucoup moins atteinte. Attention ne pas confondre ces symptômes avec ceux de la ramulariose ou de l’helminthosporiose, taches rectangulaires qui traversent la feuille.

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Les références expérimentales ARVALISQuelle nuisibilité par rapport aux maladies principales des orges d’hiver ?
Certaines années, les orges sont particulièrement touchées par les symptômes de grillures. Les expérimentations engagées depuis 2002 ont permis d’établir une corrélation avec le rendement et d’estimer une nuisibilité jusqu’à 25 q/ha dans les cas les plus sévères. Les essais réalisés en 2006, année où la fréquence des symptômes a été élevée ont permis précisément d’évaluer les conséquences liées aux grillures polliniques.
La ramulariose se manifeste en profitant des conditions humides et fraîches de la fin mai. La maladie est souvent observée de manière ponctuelle et généralement sans gravité. Ponctuellement, les années favorables, les dégâts peuvent s’élever jusqu’à 28 q/ha.

La résistance variétale est un levier de choix
Grillures : la génétique joue un rôle significatif dans la régulation des réactions de stress. Les essais variétés pluri annuels permettent de classer les variétés selon leur sensibilité à ce phénomène. Attention cependant à la forte interaction avec la précocité des variétés.
Concernant la ramulariose, il existe également une résistance variétale mais pas totale et une interaction avec la précocité.
Les classements variétaux sont publiés annuellement dans les brochures régionales Choisir et Décider 1.

Des facteurs agronomiques et climatiques favorables
Pourquoi des grillures : effet du rayonnement et du pollen
Des expérimentations de plein champ, avec des systèmes d’ombrage limitant l’intensité lumineuse ou filtrant les UV, ont confirmé le rôle du rayonnement en limitant l’expression des symptômes. Une protection plus sélective de la végétation avec des films filtrant le rayonnement UV, s’est montrée encore plus efficace que des ombrages non sélectifs. Tout se passe en réalité comme si la culture manifestait une réaction de type « coup de soleil ». Mais le rayonnement n’est pas seul en cause. Les pollens présents sous forme de dépôt sur les feuilles amplifient le stress oxydatif, par des mécanismes qui restent à éclaircir. Lorsqu’on observe les symptômes à la loupe, les brunissements apparaissent presque exclusivement là où le pollen s’est accumulé. En expérimentation, une ablation des épis avant la floraison qui permet d’empêcher le dépôt de pollen, a par ailleurs conduit à une réduction importante des symptômes.

Seuil d’intervention grillures
A partir du stade « sortie des barbes », intervenir dès les premiers symptômes sur les 4 derniers étages foliaires.

Les essais matières actives
Grillures : certains fongicides limitent l’intensité des symptômes. Les mécanismes d’action sont méconnus. On avance parfois comme hypothèse que la matière active et/ou sa formulation, en produisant un film de surface, pourrait assurer une protection de la feuille en limitant la transmission du rayonnement ou que l’efficacité de certains fongicides laisse penser que d’autres champignons pourraient être impliqués. Les observations réalisées sur les essais en 2006 ont démontré la supériorité du traitement T2 sur le T1 pour lutter contre les grillures. La synthèse des essais montrent que sur grillures les matières actives les plus efficaces sont le prothioconazole, le boscalid, le bixafen, le fluxapyroxad et le chlorothalonil.

Ramulariose : Certaines matières actives permettent de contrôler efficacement le pathogène : l’époxiconazole, le boscalid, le prothioconazole, le bixafen, le fluxapyroxad, le chlorothalonil. Les applications tardives sont les plus efficaces.

Le tableau d'efficacité des matières actives sur grillures et ramulariose est actualisé tous les ans dans les brochures Choisir et Décider 2 avec les résultats annuels d'expérimentation.

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Les préconisations d'ARVALIS• Parmi les leviers agronomiques disponibles, la résistance variétale peut améliorer le contrôle de ces symptômes liés aux grillures ou à la ramulariose.
• Les grillures et dans une moindre mesure la ramulariose représentent de véritables enjeux pour la culture de l’orge. La maîtrise de ces nouvelles pathologies passe par un choix judicieux des produits fongicides à la sortie des barbes. Elles sont également contrôlées par certaines solutions fongicides efficaces également sur helminthosporiose.

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Sources documentaires 

- Fongiscope Orges, 2011, ARVALIS - Institut du Végétal.
- Claude Maumené, Jean-Yves Maufras, Philippe Du Cheyron « Grillures de l’orge » – Perspectives N°334 – Mai 2007.
- « Du côté des orges : des grillures plus que des maladies » – Perspectives N°296 – Décembre 2003.
- Dépliants annuels « Céréales à paille : lutte contre les maladies - 2019 ».
- Editions régionales annuelles « Choisir et décider 1 – Variétés et traitements d’automne des céréales ».
- Editions régionales annuelles « Choisir et décider 2 – Traitements et Interventions de Printemps ».


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