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Pulvérisation fongicide avec un automoteur, dans une parcelle d’orge d’hiver au stade 2 - 3 nœuds en 2020 dans le Centre Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Maladies des orges d’hiver : les stratégies fongicides efficaces

02 avril 2020

L’observation des parcelles d’orge d’hiver peut conduire à déclencher la première intervention afin de gérer les maladies. Présentation des stratégies permettant de bien protéger les feuilles.

Un seul mot d’ordre : diversifier les modes d’action pour freiner l’apparition de résistances aux fongicides

Comme depuis de nombreuses années, nous recommandons de diversifier les modes d’action et les substances actives. Eviter les doubles applications de SDHI et de strobilurines. Alterner les triazoles. Cette alternance n’a qu’un seul objectif : freiner l’apparition de résistances aux fongicides. A l’exception de la rouille naine, toutes les maladies de l’orge sont concernées par ces résistances. L’évolution de la résistance des populations d’helminthosporiose aux SDHI reste de loin la plus préoccupante, la situation s’étant fortement dégradée depuis 2014.

Une intervention pour protéger les orges les plus sensibles jusqu’au stade dernière feuille étalée – sortie des barbes

L’intervention à dernière feuille étalée (DFE) – sortie des barbes est la plus importante en termes de rendement et de qualité de l’orge. Elle permet de protéger les feuilles qui contribuent le plus au rendement et au calibrage. Elle limite les contaminations des épis à partir de ces mêmes feuilles (maladies pouvant atteindre les épis : rhynchosporiose, helminthosporiose, rouille naine, ramulariose). De par son importance, il conviendra de maintenir un investissement suffisant à ce stade, même en cas de prix bas annoncés. Les SDHI et les strobilurines trouvent leur place à ce moment-là, pour protéger les dernières feuilles.

L’objectif d’une intervention plus précoce est de gérer les maladies qui ne peuvent pas attendre le stade dernière feuille étalée – sortie des barbes (variétés sensibles).

Les substances actives à privilégier avant DFE

La première intervention, si elle est nécessaire, vise en priorité la gestion de la rhynchosporiose et de l’helminthosporiose et, dans une moindre mesure, celle de l’oïdium (maladie plus rare ces dernières années, la variété Amistar reste à surveiller de par sa grande sensibilité).

Parmi les substances actives efficaces sur ces maladies, il semble opportun d’intervenir avec une association comprenant du cyprodinil. Le cyprodinil est le seul mode d’action homologué sur helminthosporiose présentant une efficacité stable depuis 2007, bien que modérée. L’activité du cyprodinil peut être renforcée par l’utilisation de fenpropidine, de prochloraze, de prothioconazole. Attention, une utilisation à ce stade de prothioconazole ne permettra plus de l’utiliser sur dernière feuille.

Voici quelques exemples d’associations de produits : Unix Max + Meltop One*, Unix Max + Kantik, Unix Max + Input.

* A noter que Meltop One n’a que l’usage oïdium.

Tableau 1 : Efficacité des matières actives vis-à-vis de la rhynchosporiose, de l’helminthosporiose, l’oïdium

Extrait du dépliant Céréales à paille - lutte contre les maladies 2020

Un investissement pour cette première intervention à définir en fonction de la dépense globale optimale

De nombreux essais nous ont permis de définir une dépense fongicide optimale en fonction de la nuisibilité attendue et le prix de vente des orges d’hiver et escourgeons. Une fois l’enveloppe globale déterminée, il est possible d’estimer l’investissement à réaliser en premier traitement. De cet investissement en découlera les doses à réaliser. Si l’enveloppe est limitée, vérifier que les seuils d’intervention sont bien atteints, un unique traitement peut être plus adapté.

Tableau 2 : Dépense fongicide optimale théorique (€/ha) sur escourgeon et orge d’hiver en fonction de la pression parasitaire attendue et sous plusieurs hypothèses du prix (10 à 18 €/q) – Base pluriannuelle

Au-delà du résultat donné par le modèle, il faut néanmoins rester attentif au fait que la protection fongicide a un effet marqué sur le calibrage. En conséquence, il serait hasardeux de ne s’en tenir qu’au simple calcul de rentabilité des fongicides sans penser qu’il faut assurer une production d’orges de qualité brassicole.

Cas spécifique des orges de printemps semées à l’automne

Une protection précoce est souvent nécessaire pour commencer à contrôler la rhynchosporiose.

Retrouvez les maladies actuellement rencontrées dans nos secteurs dans les derniers Bulletins de Santé du Végétal :
Centre
Ile-de-France
Auvergne

Consultez tous nos programmes régionaux de protection des orges dans le guide Choisir et décider Orges d’hiver – Interventions de printemps.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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