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Pulvérisation du T1 (rampe de profil) sur blé en avril 2020 en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Maladies des céréales : souvent peu d’intérêt à traiter en début montaison

02 avril 2020

Les stades des céréales avancent actuellement rapidement dans les parcelles. A la mi-mars, on observait fréquemment des symptômes de maladies foliaires sur les feuilles basses, souvent de la septoriose sur les blés, parfois de la rouille jaune sur variétés sensibles et plus rarement, de l’helminthosporiose sur orge. Ces symptômes indiquent la présence d’inoculum mais ne préjugent pas de la sévérité de la maladie qui dépend du climat des semaines à venir.

Les stades des céréales avancent actuellement rapidement dans les parcelles. A la mi-mars, on observait fréquemment des symptômes de maladies foliaires sur les feuilles basses, souvent de la septoriose sur les blés, parfois de la rouille jaune sur variétés sensibles et plus rarement, de l’helminthosporiose sur orge. Ces symptômes indiquent la présence d’inoculum mais ne préjugent pas de la sévérité de la maladie qui dépend du climat des semaines à venir.

Un T1 non rentabilisé

Dans notre région, depuis quelques années, les maladies foliaires se développent assez tardivement. Ceci s’explique, d’une part, par les conditions climatiques avec souvent une longue période sans pluie en mars – avril qui limite la progression des maladies comme la septoriose, rhynchosporiose et l’helminthosporiose ; et d’autre part, par un meilleur raisonnement des pratiques agronomiques (fertilisation azotée, densité de semis…) ; et surtout, en raison du choix de variétés plus résistantes (figure 1).

Figure 1 : Evolution du panel variétal de blé tendre en fonction des notes* de résistance à la septoriose – Pays de la Loire

Depuis 2015, nous pouvons noter une forte progression des variétés résistantes à la septoriose cultivées en Pays de la Loire (en 2019, 40 % des surfaces emblavées l’ont été avec une variété notée 6,5 au moins) et surtout, une quasi disparition des variétés sensibles à très sensibles

C’est dans ce contexte qu’ARVALIS - Institut du végétal a évalué la pertinence technico-économique du traitement fongicide visant les maladies foliaires en début de montaison (couramment appelé T1).

Sur blé tendre, en considérant que le seuil de rentabilité économique d’un T1 se situe à 3 q/ha (coût du traitement 25 à 30 € + coût du passage), la synthèse de l’ensemble des essais (363 comparaisons sur la période 2013 – 2019), montre que le T1 n’est rentable que dans 27 % des cas, toutes sensibilités variétales confondues. La probabilité de valoriser un T1 sur une variété résistante à la septoriose (note ≥ 6,5, type LG Absalon) est inférieure à 3 %. Il en ressort également que l’intérêt du T1 est très fortement corrélé au niveau de nuisibilité des maladies : pour une nuisibilité inférieure à 15 q/ha, fréquemment observée en Pays de la Loire, le gain moyen du T1 n’est que de 0,8 q/ha. Ce dernier n’est donc pas rentabilisé sur la base des hypothèses ci-dessus.

En définitive, il ressort de cette évaluation qu’un traitement inutile coûte plus cher qu’une mauvaise impasse car le risque que l’on prend à ne pas traiter n’est pas plus grand que le coût de l’assurance prise en traitant.

Ainsi, dès lors que la variété est résistante à la septoriose (note ≥ 6,5 par exemple Chevignon, LG Absalon, RGT Cesario, KWS Extase…), et à la rouille jaune (note > 6) – ou en l’absence de cette dernière, le T1 n’est pas justifié.

Les situations où un T1 est tout de même nécessaire

Seules les situations, où l’on prévoit (avec un OAD) ou observe (voir encadré) un développement précoce de septoriose ou de rouille jaune sur variété sensible, nécessiteront un T1. Dans ces cas, les triazoles sont recommandées, de préférence associées avec un produit de contact pour renforcer leur efficacité sur septoriose. Parmi les multisites, le chlorothalonil, encore utilisable jusqu’au 20 mai 2020, et le folpel contribuent à limiter l’évolution des souches résistantes.

Sur rouille jaune, le traitement est nécessaire uniquement en présence de la maladie pour les variétés sensibles dont la note rouille jaune est strictement inférieure à 7. En situation à risque de développement précoce, bordure maritime notamment, on préfèrera recourir aux variétés résistantes (note ≥ 7, par exemple : Chevignon, RGT Cesario…). Sur rouille jaune, les produits à base de triazoles (ou double triazoles) ont une efficacité très satisfaisante. Ils peuvent être complétés éventuellement par une strobilurine. Plus que le produit, c’est le délai entre deux interventions qui est important. Avec une pression précoce comme celle observée en 2014, les produits ne dépassaient pas 20 jours de protection. Une enveloppe de 15-20 €/ha est suffisante pour ralentir la progression de la maladie en début de cycle.

Evaluer la pression septoriose à la parcelle : comment procéder ?
Le BSV donne une première information générale importante pour situer l’année. Toutefois, il est important de décliner la situation à ses propres parcelles pour décider ou non d’une intervention. Cela est possible en s’abonnant à un service de prévision du risque à la parcelle (outil d’aide à la décision basé sur la modélisation) ou en observant l’évolution des symptômes au champ.
La septoriose s’observe à partir du stade 2 nœuds : à ce stade, observer précisément la deuxième plus jeune feuille déployée du moment sur 20 plantes. Sur variété sensible, intervenir si plus de 20 % des F2 du moment sont touchées par la septoriose (4 feuilles sur 20) – le seuil est de 50 % pour les variétés résistantes (10 feuilles sur 20).


Cette année, il est fréquent d’observer des symptômes de maladies foliaires sur les feuilles basses, toutefois, le temps sec et froid que nous connaissons actuellement est défavorable à la progression de la maladie.

QUID des orges ?

Comme pour le blé, les essais menés par l’institut sur orge démontrent que la rentabilité d’un T1 n’est généralement pas assurée sur variété tolérante (variété type Domino, KWS Cassia, Memento…) ou moyennement sensible (type KWS Jaguar). Dans ces situations, il est possible de recourir à une application unique ; à positionner dans ce cas de préférence au stade DFE (dernière feuille étalée) plutôt qu’à sortie des barbes pour une meilleure performance technique.

Concernant les variétés sensibles à l’helminthosporiose et à la rhynchosporiose (variétés type Etincel), il est recommandé de rester sur un programme classique avec une première intervention fongicide au stade 1 nœud, suivie d’une seconde application à sortie des barbes. Dans ces situations, il faut prévoir une enveloppe d’environ 20 € pour le T1 : Unix Max + Kantik ou Unix Max + Meltop One présentent des niveaux d’efficacité satisfaisants.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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