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Parcelle de blé tendre sans maladie en mai 2021 en Aquitaine Messagerie Nord-Aquitaine

Maladies des céréales : prévoir une protection de base

12 mai 2021

Même si la pression maladies est faible actuellement sur céréales, mieux vaut anticiper la protection fongicide.

La sécheresse et son impact sur les potentiels de rendement incitent à réduire les investissements, et notamment ceux liés au programme fongicide. Des économies sur ce poste sont tout à fait logiques puisque la sécheresse a généralement baissé le niveau de pression maladies. On observe des niveaux faibles de pression septoriose sur blé et helminthosporiose sur orge.

Toutefois, une protection de base reste nécessaire, particulièrement dans les situations de sols moyens à profonds où les maladies peuvent évoluer rapidement en cas de pluviométrie. D’autres maladies sont à surveiller car leur développement est très rapide : les rouilles, et en particulier la rouille jaune, qui s’est fortement développée dans certaines parcelles depuis mi-avril.

En cas de présence de foyer de rouille jaune, il est indispensable de faire une intervention fongicide sur cette maladie qui peut se révéler très nuisible. Si un premier traitement a eu lieu, une réintervention peut être nécessaire en cas de redémarrage de la maladie.

Côté fusarioses

Pour les blés tendres, la nécessité de protéger les cultures à la floraison dépend à la fois du risque agronomique (précédent, sensibilité variétale et travail du sol) et du climat (pluviométrie cumulée entre + et – 7 jours autour de la floraison).

Il est donc nécessaire de qualifier le risque (figure 1). En cas de traitement, celui-ci doit être positionné dès la sortie des premières étamines.

Figure 1 : Grille d’évaluation du risque d’accumulation du DON dans le grain de blé tendre et d’aide au traitement contre les fusarioses sur épi (Fusarium graminearum et F. culmorum)

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Légende : Recommandations associées à chaque niveau de risque
1 et 2 : Le risque fusariose est minimum et présage d’une bonne qualité sanitaire du grain vis-à-vis de la teneur en DON. Pas de traitement spécifique vis-à-vis des fusarioses quelles que soient les conditions climatiques.
3 : Le risque peut être encore minimisé en choisissant une variété moins sensible. Traiter spécifiquement vis-à-vis des fusarioses en cas de climat humide (cumul de pluie > 40 mm pendant la période entourant la floraison).
4 et 5 : Il est préférable d’implanter une variété moins sensible ou de réaliser un labour pour revenir à un niveau de risque inférieur. A défaut, effectuer un broyage le plus fin possible et une incorporation des résidus rapidement après la récolte. Pour ces deux niveaux de risque, envisager un traitement spécifique vis-à-vis des fusarioses, sauf si le climat est très sec pendant la période de floraison (cumul de pluie < 10 mm pendant les +/- 7 jours entourant la floraison).
6 et 7 : Modifier le système de culture pour revenir à un niveau de risque inférieur. Labourer ou réaliser un broyage le plus fin possible des résidus de culture, avec une incorporation rapidement après la récolte, sont les solutions techniques les plus efficaces et qui doivent être considérées avant toute autre solution. Choisir une variété peu sensible à la fusariose. Traiter systématiquement avec un traitement (1) anti-fusarium efficace.
(1) Traitements efficaces contre F. graminearum et F. culmorum : principalement produits à base de prothioconazole, tébuconazole ou metconazole, utilisés début floraison à une dose suffisante (60 à 80% de la dose homologuée minimum, selon le produit utilisé). Le thiophanate-méthyl et une association dimoxystrobine + époxiconazole également efficaces contre les Fusarium ont récemment complété la gamme des solutions possibles. Notez que parmi les solutions efficaces contre les Fusarium spp., il existe des différences marquées d’efficacité sur Microdochium spp. Une nuance qui peut s’avérer importante certaines années.

Actuellement, la sécheresse n’est pas favorable aux contaminations pour les parcelles qui ont débuté leur floraison. D’autant que le temps très sec de mars et début avril a limité l’inoculum de Fusarium graminearum. Toutefois, concernant Microdochium spp, c’est la quantité de pluie post-floraison qui sera déterminante pour la pression finale.

Pour les blés durs, la protection vis-à-vis des fusarioses est un enjeu majeur : ces maladies engendrent une dépréciation de la qualité technologique, des pertes de rendement et des risques sur la qualité sanitaire (DON). Le traitement à floraison est fortement recommandé, compte tenu de la sensibilité de l’espèce et les risques pour la qualité sanitaire. Toutefois la dose de fongicide prévue peut être modulée si les conditions pluviométriques restent peu favorables à la maladie.

Traitements des épis : viser 150 l/ha minimum

Les traitements sur épi sont toujours délicats car l’épi est un organe vertical difficile à couvrir avec un pulvérisateur à rampe horizontale. De nombreux essais ont été réalisés sur fusarioses des épis et la problématique est la même que sur pucerons : pour assurer une efficacité correcte, il faut maximiser la couverture de l’épi. On peut donc faire une analogie entre les résultats obtenus sur fusarioses et les préconisations à faire sur pucerons des épis, d’autant plus que les produits agissent par contact dans les deux cas.

Sur le volume de bouillie, 150 l/ha est le minimum à respecter pour assurer une couverture optimale de l’épi, et ce, quel que soit le type de buse utilisé ou l’adjuvant extemporané.

Différents types de buse ont été testés, notamment les buses à double-fente. Même si ces buses ont révélé une augmentation significative de la couverture de l’épi, elles n’ont pas engendré une meilleure efficacité ou une augmentation de rendement par rapport à des buses à simple fente. Cependant, un agriculteur équipé aura tout intérêt à les utiliser, ne serait-ce que pour augmenter la rétention de produit sur l’épi. Dans ce cas, attention à bien utiliser des buses à injection d’air double-fente, et non pas des buses à fente classique double-fente. Ces dernières engendrent deux jets trop fins, trop sensibles à la dérive et au bouchage. Quant au fait de passer en aller et retour à demi-dose, ce ne sera pas plus concluant que des buses double-fente ; et cela représente du temps et du carburant en plus : cette technique est à proscrire.

Enfin, différents adjuvants rétenteurs ont été testés et aucun n’a pour le moment montré un intérêt, quels que soient le volume appliqué et le type de buse utilisée.

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1 commentaires 17 mai 2021 par MOREL

Dans les commentaires de la figure 1, la note (1) mentionne la dimoxi+epoxiconazole, solution aujourd'hui interdite d utilisation.

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