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céréales début avril 2020 en Occitanie Messagerie Ouest Occitanie

Maladies des céréales : intervenir dès deux nœuds si la pression est forte

09 avril 2020

La pression en maladies foliaires sur céréales est globalement modérée pour le moment. Dans certaines parcelles, un traitement peut toutefois s’avérer nécessaire dès 2 nœuds.

L’objectif de la protection fongicide est d’éviter que les feuilles utiles au rendement soient pénalisées par le développement de maladies comme la rouille brune et la septoriose. Pour la rouille jaune, la gestion est différente puisque la nubilité est très forte : l’objectif est de ne pas en avoir du tout.

De manière générale, 80 % du rendement est réalisé avec les trois dernières feuilles ; le reste est assuré par la gaine, l’épi, le barbes et le feuillage des strates inférieures s’il ne périclite pas naturellement. L’objectif est donc de conserver les trois dernières feuilles (F1, F2 et F3) indemnes de maladies le plus longtemps possible.

Cependant, deux contraintes vont complexifier l’approche : d'une part, les feuilles ne se déploient pas en même temps et, d'autre part, la durée de persistance d’un fongicide est définie (autour de 20 jours à dose d’utilisation technique).

Comment s’adapter à ces deux contraintes ?

- Si la pression maladies des feuilles est faible, cas le plus simple, une intervention à DFE (dernière feuille étalée) est suffisante pour commencer : on protège en un passage les trois dernières feuilles (T2 dans la figure 1), suivi d’un relai 20 jours plus tard, sur les feuilles, soit à floraison. Echec et mat !

- Si la pression maladies est plus forte, cela se corse. Dans la théorie, il faut protéger les feuilles une à une ; dans la pratique, on ne va pas traiter tous les 7 jours (mais cela reste une option possible !). On préférera donc intervenir au stade 2 nœuds, si la maladie est là, afin de protéger entièrement la F3. L’intervention à DFE, 25 jours après en règle générale, viendra protéger les feuilles restantes. Il y a néanmoins un petit trou dans la raquette de la protection puisque la F2 n’est protégée qu’une semaine après son étalement (figure 2). Cela reste toujours mieux que de commencer au stade 1 nœud car cela impacte doublement : F2 et F3 ne sont pas protégées pendant très longtemps et la persistance de la protection est mise à mal (figure 3). C’est une option à très haut risque s’il y a de la maladie. Ainsi, tout l’enjeu est de repérer correctement le stade 2 nœuds, ou plus exactement la F2 pointante.

Figure 1 : Feuilles de céréales à protéger en fonction du stade


Figure 2 : Stratégie fongicide avec des traitements à 2 nœuds / DFE / floraison (les parties en rouge sont des feuilles étalées non protégées)


Figure 3 : Stratégie fongicide avec des traitements à 1 nœud / DFE / floraison

2020 : une année à risque ?

La septoriose est présente sur feuilles basses et intermédiaires et la rouille brune est encore discrète, particulièrement sur le blé dur.

Dans ce contexte, le risque maladie est globalement modéré sur blé tendre et faible sur blé dur et sur les semis tardifs. Seules de nouvelles pluies et des températures douces pourront intensifier la pression septoriose et rouille brune, et ainsi, passer à un risque moyen à fort.

La persistance des produits est-elle suffisante ?

A dose d’utilisation technique, la persistance des produits est autour de 20 jours pour la rouille brune et la septoriose.

Bien sûr, à forte dose, la persistance sera meilleure, mais ne pourra pas faire de miracle non plus, le traitement unique qui fait tout n’existe pas ! Par contre, la persistance peut monter à 25-30 jours, ce qui permet, dans certaines situations où la dernière feuille met plus de temps que prévu à s’étaler (notamment à cause des températures froides), de conserver une efficacité entre le stade 2 nœuds et le stade DFE.

A l’inverse, si vous souhaitez réaliser un traitement avant le stade DFE et que vous avez passé le stade 2 nœuds car la maladie, jusqu’alors discrète, commence à s’exprimer, vous pouvez moduler la dose en diminuant le grammage prévu. Cela vous permettra d’avoir une efficacité correcte mais sans avoir une persistance importante car vous allez ré-intervenir au stade DFE.

Par ailleurs, la durée entre le stade 2 nœuds et le stade dernière feuille étalée peut être très variable en fonction des situations. Plus le semis est tardif, plus la succession des stades est accélérée. Cela explique pourquoi , même avec un ou deux mois de décalage de date de semis, l’écart à épiaison ne sera finalement que de 15 jours. Ainsi, pour les semis de décembre, janvier et février, la durée entre le stade 2 nœuds et le stade dernière feuille étalée sera inférieure ou égale à 20 jours même si des températures fraîches sont actuellement observées. Les semis précoces sont, par contre, dans une autre disposition et la durée entre les deux stades est naturellement plus longue. Cette durée peut facilement dépasser 30 jours en blé si les températures moyennes sont inférieures à la normale ; sur les orges, cette durée est plus courte car l’espèce est plus précoce.

Si la maladie (septoriose, rouille brune ou helminthosporiose en orge, par exemple) est présente, deux solutions sont possibles :
- Si la pression n’est pas trop importante, attendre une semaine à 10 jours après le stade 2 nœuds pour intervenir et ainsi, garder une persistance correcte jusqu’au stade DFE.
- Si la pression est trop importante, ce qui est le cas sur certains blés tendres en septoriose, il faudra intervenir au stade 2 nœuds tout en augmentant la dose prévue initialement pour gagner en persistance

Evaluer la pression maladie

Pour rappel, le risque maladies est à évaluer en fonction des conditions pédoclimatiques, de la situation agronomique et de la variété (note de sensibilité), ainsi que de la présence de symptômes sur les feuilles définitives.

Le baromètre maladies peut, en blé tendre, vous aider à évaluer la pression dans votre secteur.

Consultez le Baromètre Maladies Blé tendre.

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