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Maladies des céréales à paille / Helminthosporiose du blé : quelle nuisibilité et quels moyens de lutte ?

03 octobre 2013

Sur blé tendre, l’helminthosporiose est une maladie foliaire peu commune, surtout localisée dans la moitié Nord de la France et principalement en Champagne. Elle présente des symptômes qui peuvent être facilement confondus avec des symptômes non parasitaires (taches liées aux stress climatiques). Certaines pratiques agronomiques lui sont favorables : dans les situations où l’helminthosporiose est fréquente, il est conseillé d’éviter les blés de blés ainsi que le non-labour ou de cultiver une variété peu sensible. En présence de la maladie, des interventions phytosanitaires à base de strobilurines associées aux triazoles sont assez efficaces durant la montaison.

L’helminthosporiose du blé présente des symptômes qui peuvent être facilement confondus avec ceux de la septoriose ou plus fréquemment encore avec des symptômes abiotiques ou non parasitaires (taches liées aux stress climatiques). Un diagnostic précis dès les premiers symptômes permet d’éviter toute confusion avec des taches physiologiques (symptômes climato-variétaux engendrés par des amplitudes thermiques importantes) ou encore avec de la septoriose, avant l’apparition des pycnides.

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Comment ça marche ?Cette helminthosporiose du feuillage sur blé tendre est causée par Drechslera Dreshlera tritici repenti ou Helminthosporium tritici repentis. Forme sexuée = Pyrenophora tritici-repentis.

Photos  Helminthosporiose du blé :


Taches ocellées, en forme « d’œil », plutôt ovoïdes, entourées d’un halo chlorotique. En s'étendant, elles prendront des formes irrégulières, parfois losangiques pour devenir nécrotique. Le centre de la tache présente souvent un point plus foncé, correspondant au point d'infection. Souvent on identifie une tache principale, assez « volumineuse », entourée de plusieurs petites taches. L’ensemble des symptômes est décrit dans les fiches accidents.



La répartition des symptômes sur les plantes est un élément déterminant, qui permet de différencier cette maladie de symptômes physiologiques : comme pour la septoriose, on observe un gradient de présence des symptômes : fort au niveau des étages inférieurs et faible pour les étages foliaires supérieurs. Les symptômes apparaissent le plus souvent au cours de la montaison du blé.

Pour une extension rapide de la maladie, il faut des températures relativement chaudes avec une alternance d’humidité la nuit puis de sécheresse le jour. Du coté des facteurs agronomiques, une rotation blé sur blé sans labour est très favorable au développement de cette maladie. En effet, les résidus de la culture précédente restent en surface et sont la première source d’inoculum de la maladie. Il faut signaler l’effet « régional » : l’helminthosporiose est parfois observée en Champagne crayeuse en situation agronomique à risque et très rarement observée pour les autres régions.

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Les références expérimentales ARVALISEn Champagne, des essais sous contamination artificielle sont réalisés (contamination avec un paillage au sol provenant de la récolte de pailles contaminées de l’année précédente) permettant d’évaluer les moyens de lutte (génétique, agronomique, matières actives efficaces).

Sous contamination artificielle : une nuisibilité moyenne de 15 q/ha
La nuisibilité moyenne de l’helminthosporiose est chiffrée grâce aux essais annuels d’évaluation des matières actives, localisés en Champagne : 15 q/ha.

La résistance variétale est un levier de choix
L’évaluation de la sensibilité des variétés à l’helminthosporiose provient d’une synthèse pluriannuelle d’essais contaminés artificiellement en Champagne. Il existe des différences importantes et susceptibles de réduire considérablement le risque en cas de rotation avec un précédent blé.

Des facteurs agronomiques et climatiques favorables
Hormis le climat, la rotation combinée au travail du sol est le facteur le plus influant sur la pression de maladie. Il détermine la quantité de résidus de blé laissés en surface. Ils sont à l’origine des contaminations primaires grâce à la libération d’ascospores, produites sur les résidus eux-mêmes. La présence de pailles de blé est donc essentielle pour le déroulement du processus épidémique. La monoculture de blé sans labour est donc le système le plus à risque.

Enseignements de l’essai « Travail du sol » de longue durée de Boigneville (91) concernant les impacts du précédent et du travail du sol sur l’helminthosporiose du blé :
Cette maladie n’est présente que dans la rotation « monoculture de blé » où on peut noter un effet du travail du sol (absence totale de cette maladie derrière maïs et betteraves). La présence de résidus infectieux en surface en non labour sur précédent blé favorise l’helminthosporiose.


Figure 1 : Incidence du travail du sol sur helminthosporiose du blé – Rotation blé de blé – Boigneville 2005
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Tableau 1 : Incidence des techniques culturales sur le développement de l’helminthosporiose du blé
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Hormis le climat, la monoculture de blé sans labour est donc le système à risque par excellence !

Des seuils d’intervention définis
L’observation des symptômes est réalisée à partir du stade « dernière feuille étalée ». Le seuil d’intervention a été fixé à l’apparition des premiers symptômes sur l’une des trois dernières feuilles définitives. Si la variété a une note de tolérance supérieure à 7, l’intérêt économique d’un traitement est limité.

Lorsque l’on observe les symptômes il est indispensable d’affiner le diagnostic et éviter les risques de confusion avec des taches physiologiques (symptômes climato-variétaux engendrés par des amplitudes thermiques importantes). Si les derniers étages foliaires de la plantes sont les plus touchés alors il ne s’agit pas de maladie, mais plutôt des taches physiologiques. De même, si la variété est tolérante alors la probabilité est grande pour que ce ne soit pas des symptômes d’helminthosporiose. Enfin, si des symptômes identiques sont présents sur un large secteur géographique, alors il est hautement probable que ce soit des taches physiologiques.

Les essais matières actives
En Champagne, des essais « comparaisons de matières actives » permettent d’évaluer les moyens de lutte. Les meilleurs résultats sont obtenus avec une association de strobilurine et d'un triazole en T2 et/ou en T3 du programme de traitement. La contribution des carboxamides (associées aux triazoles et parfois aux strobilurines) semble modeste et donc non indispensable. Cf. Dépliants annuels « Protection des céréales à paille - lutte contre les Maladies ».

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Les préconisations d'ARVALIS• L’helminthosporiose est une maladie foliaire rare, surtout présente dans la moitié Nord de la France et principalement en Champagne. Attention à ne pas confondre des taches physiologiques avec l'helminthosporiose du blé. Un bon moyen d’éviter les confusions est de s’assurer que l’on observe un gradient de symptômes du bas vers le haut des plantes et de vérifier qu’il s’agit d’une variété sensible à cette maladie.

• Hormis le climat, la rotation combinée au travail du sol est le facteur le plus influant sur la pression de maladie. Il détermine la quantité de résidus de blé laissés en surface. Ils sont à l’origine des contaminations primaires grâce à la libération d’ascospores, produites sur les résidus eux-mêmes.

• L’enfouissement des résidus pailleux par le labour réduit l’inoculum disponible et l’importance des infections primaires. Il peut permettre d’éviter un traitement spécifique.

• La solution la plus efficace et la plus économique pour limiter le développement de l’helminthosporiose reste de cultiver une variété peu sensible (note GEVES au moins égale à 7) pour les situations à risque.

• S’il faut traiter, les meilleurs résultats sont obtenus avec une association de strobilurine et d’un triazole.

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Retrouvez toutes les informations complémentaires de cette fiche

Sources documentaires

- Brochures ITCF « Maladies des blés et orges ».
- Brochure ARVALIS « Diagnostic des accidents du blé tendre ».
- Dépliants « Protection des céréales - lutte contre les Maladies ».
- Editions Régionales «Choisir et décider 1 – Variétés et traitements d’automne des céréales ».
- Editions Régionales « Choisir et décider 2 – Traitements et Interventions de Printemps ».


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