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Maïs bio : y a-t-il un intérêt à localiser les apports au semis ?

29 avril 2021

En 2020, ARVALIS et la Chambre d’agriculture des Landes ont testé l’intérêt d’une fertilisation starter en maïs bio en comparant l’apport localisé au semis de différents engrais organique. L’hétérogénéité de l’essai n’a pas permis de montrer de différence significative de rendement entre les modalités fertilisées. En revanche, on observe une meilleure vigueur à 7 feuilles pour toutes les modalités starter.

De manière générale, la nutrition des cultures en agriculture biologique repose sur une approche globale basée sur l’introduction de légumineuses et la minéralisation du sol. Ceci n’‘exclut pas le recours aux fertilisants organiques.

La vigueur au démarrage est un point-clef dans la réussite du maïs en AB dans des conditions de début de cycle difficiles. Faut-il donc privilégier l’apport au semis de nutriments ou/et de stimulateurs de croissance à des apports classiques plus tardifs ?

Afin de répondre à cette question, ARVALIS et la Chambre d’agriculture des Landes ont mené un essai à Souprosse (40), sur des sables limoneux du Marsan derrière un précédent maïs grain.

Le maïs a été semé le 8 mai et récolté en grain le 19 octobre. Le reliquat azoté au semis était de 81 kg N/ha et l’essai a bénéficié d’une irrigation de 175 mm.

Tableau 1 : Modalités mises en place dans l’essai de Souprosse 2020

Cinq produits testés

L’engrais organique 9-6-0, utilisé comme référence, contient principalement des farines de viande et d’os. Il a été appliqué à la dose de 150 kg N/ha pour servir de point de comparaison avec les autres produits ainsi qu’aux doses de 70 et 230 kg N/ha pour obtenir une courbe de réponse à l’azote.

Le Labinor (6-12-0) est également un engrais provenant de sous-produits animaux, mais il contient davantage de phosphore grâce à la proportion plus importante de farine d’os entrant dans sa composition.

L’Azopril (13-1-2 + 20 à 25 % de SO3) est un coproduit issu de résidus de fermentation bactérienne de mélasse de canne à sucre. La moitié de l’azote qu’il contient se présente sous forme ammoniacale, directement assimilable par la culture, tandis que la fraction restante, sous forme organique, nécessite d’abord d’être minéralisée pour pouvoir être absorbée. Contrairement aux autres produits appliqués uniquement au semis puis complétés par un apport d’engrais 9-6-0 à 6 feuilles, l’Azopril a été appliqué aux deux dates.

Microsyr (3-8.5-0 + 6 % de SO3, 2 % de MgO et du Zinc) et Solizer GR (même composition que Microsyr sauf pour l’azote : 4 % au lieu de 3) sont deux engrais organiques additionnés d’Osyr® (10 % de la masse totale), un stimulateur de croissance racinaire à base de lignosulfonate. Selon le fabricant, cette substance assure un rôle de protection des auxines (hormones de croissance) et intervient dans les processus de lignification qui contribue à l’épaississement des parois cellulaire et favoriserait la cicatrisation. Ces deux fertilisants ont été appliqués aux doses recommandées par la firme, ce qui mène à des doses azotées totales inférieures à la modalité de référence (tableau 1).

Une vigueur améliorée

À l’exception de Microsyr, les modalités « starter » améliorent toutes la vigueur du maïs notée à 7 feuilles (figure 1) ; ce qui peut conférer un intérêt pour le maïs afin d’esquiver les attaques de ravageurs tels que les nématodes et les taupins. L’effet est plus marqué pour la modalité Labinor 6-12-0, probablement du fait qu’elle apporte plus de phosphore que les autres.

Cet effet positif n’avait pas été observé dans des essais précédents d’ARVALIS sur les starter sur maïs bio (Rampieux en Dordogne et Souprosse dans les Landes en 2019).

Figure 1 : Effet de la fertilisation starter sur la vigueur du maïs à 7 feuilles

Pas de différence de rendement

En raison d’une forte variabilité au sein de l’essai entre répétitions, les différences de rendement sont pour la plupart non significatives. Les seuls écarts significatifs sont :
• Entre le témoin et la référence +80 (230 kg N/ha).
• Entre le témoin et l’Azopril.

Bien que le rendement avec l’Azopril soit bien plus élevé que le rendement à dose équivalente avec du 9-6-0 (figure 2), cet écart n’est pas significatif. Etant donné que cet engrais contient très peu de phosphore et n’a pas été appliqué uniquement au semis mais également à 6 feuilles, cet écart ne s’explique vraisemblablement pas par un « effet starter ». Il résulte avant tout d’un effet de la forme d’azote. Dans les conditions de cet essai, la fraction ammoniacale de l’azote qu’il contient a sans doute été mieux valorisée par le maïs que l’azote organique. Ce dernier correspond à l’essentiel de l’azote des autres produits et seule une partie peut se minéraliser au cours de la croissance du maïs. Toutefois, en conditions volatilisantes, une part importante de l’azote de l’engrais Azopril peut être exposée à des pertes sous forme de gaz ammoniac. De plus, son utilisation répétée en substitution à des engrais plus complets pourrait induire, à moyen ou long terme, une baisse de fertilité des sols notamment vis-à-vis du phosphore.

Des résultats prometteurs pour les biostimulants

En revanche, il convient de rappeler que les modalités Microsyr et Solizer GR ont reçu environ 20 kg N/ha de moins que les autres modalités. Le rendement de Solizer GR ne s’en trouve pas pénalisé et celui de Microsyr ne l’est pas de manière significative. La précision de l’essai ne permet pas d’en tirer des conclusions définitives, mais ces résultats semblent confirmer la tendance observée en 2019 : malgré une dose d’azote totale réduite, la modalité Solizer affichait un léger avantage en rendement, sans écart significatif, par rapport aux autres modalités fertilisées (engrais organique en un apport à six feuilles ou apporté au semis puis à six feuilles). En 2019, le fertilisant utilisé comme référence était un engrais organique 10-6-0.

Figure 2 : Effet de la fertilisation starter sur le rendement du maïs grain

Employer le matériel existant

En moyenne, sur les 3 essais de 2019 et 2020, la stratégie qui consiste à fractionner la dose d’azote totale en positionnant environ 20 kg N/ha dès le semis à 5 cm sous et à côté de la ligne de semis pour bénéficier d’un effet starter, permet un gain de rendement de 0,9 q/ha par rapport à la stratégie tout à 6 feuilles du maïs.

Si le semoir est déjà équipé d’un localisateur d’engrais, ceci n’engendre ni d’investissement ni de passage ou de coût supplémentaire. Cette stratégie peut alors s’avérer payante, avec une marge améliorée de l’ordre de 20 à 30 €/ha.

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1 commentaires 30 avril 2021 par BERHAUT

Avez vous prévu des essais en situations non irriguées ? En particulier, je me demande si la localisation d’engrais à proximité des semences ne perturbe pas l’enracinement ultérieur ? En effet, j’ai déjà constaté que dans des situations fertilisées avec des produits organiques laissés en surface, les racines (il s’agissait alors d’un couvert d’interculture et d’un blé d’hiver) restaient essentiellement localisées dans l’horizon plus riche, en surface : exploration limitée en dessous. Donc, potentiellement un risque dans les régions sèches... (moindre développement racinaire)

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