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Une larve de pyrale sur une feuille de maïs dans le Sud-Ouest Messagerie Sud-Ouest

Maïs : surveiller les vols de pyrales et de sésamies

03 juin 2021

Une stratégie de traitement insecticide est à mettre en place en maïs dès lors que le risque foreurs - pyrales et/ou sésamies - est avéré.

La campagne maïs 2020 a été marquée par des dégâts très importants de sésamies en première génération. Localement, des parcelles ont subi des pertes sévères allant jusqu’au resemis. Cette année exceptionnelle est principalement à mettre sur le compte de la météo : les conditions hivernales et printanières douces ont favorisé la survie des sésamies. Le vol de première génération a été précoce, avec une avance d’une à deux semaines par rapport à une année normale, mettant en difficultés les stratégies de protection. De plus, les mesures prophylactiques à la récolte précédente (broyage et enfouissement des résidus) n’avaient pu s’opérer correctement suite aux fortes pluies à cette période.

Des abondances de populations automnales extrêmes

En fin de campagne 2020, les infestations larvaires sont contrastées selon l’espèce considérée : les infestations de pyrale du maïs sont faibles alors que les infestations de sésamie atteignent souvent des niveaux très élevés.

Les résultats de la prospection automnale est le premier critère à prendre en considération pour évaluer le risque pour la prochaine campagne.

Figures 1a et 1b : Prospections automnales 2020

Nombre moyen de larves de pyrales/pied

Nombre de larves de sésamies/pied

(source : BSV Aquitaine)

Un hiver relativement clément

Cet hiver, le nombre de jours avec températures gélives est inférieur à la médiane : 29 jours de gel sur la station de Bergerac (24) contre 42 jours en médiane (entre le 15 novembre et le 15 mars). Quelques pics de froid ont atteint les -4°C ; mais le seuil de -6°C n’a pas été atteint dans toutes les situations (figure 2). Pour rappel, on considère que le seul de résistance au froid des foreurs est de -6 à -8°C en exposition directe et jusqu’à -11 à -13°C dans le pivot.

Certaines parcelles sont à risque :
- forte pression foreurs habituelle et/ou ayant subi des attaques en 2020 ;
- broyage des cannes non réalisé juste après la récolte ;
- proximité de zones enherbées et en jachère ;
- production à destination alimentation humaine (dégradation qualité sanitaire).

Figure 2 : Nombre de jours de froid entre le 15 novembre et le 15 mars de chaque année à Bergerac (24), Montauban (82) et Mont-de-Marsan (40)

En cas de risque foreurs, lutter énergiquement contre la première génération est un préalable

En première génération, l’objectif est de réduire les dégâts directs des pieds de pontes des sésamies, mais aussi de réduire les populations et ainsi, limiter les attaques en seconde génération des pyrales et sésamies. L’efficacité de la lutte demande une action collective dans un secteur donné.

Dans ce secteur, la lutte peut être ciblée sur les parcelles à risque : présence de résidus de culture, maïs les plus développés, parcelles situées à proximité de zones enherbées (jachères, graminées) et/ou des zones humides.

Les stades d’application dépendent des solutions choisies et de leurs cibles. La période optimale d’application d’un produit insecticide en végétation est indépendante du stade du maïs.

- Trichogrammes : action ovicide efficace uniquement sur la pyrale du maïs. L’application doit être réalisée en début de vol des papillons de pyrale pour viser les premières pontes.

- Pyréthrinoïde (nombreuses spécialités commerciales), chlorantraniliprole (Coragen) ou autres produits avec action larvicide sur pyrale et sur sésamie. Les substances actives étant non systémiques, la période d’application du produit doit être ajustée en fonction de la cible :

• Objectif sésamie : application une semaine après que 50 % du vol de sésamie ait été réalisé. Cette date correspond au stade où les jeunes larves dites « baladeuses » (stade L3) colonisent les pieds voisins du pied porteur de la ponte.
• Objectif pyrale & sésamie : compromis entre le stade optimal sésamie décrit ci-dessus et le pic de vol pyrales.

Dans tous les cas, une stratégie de traitement en deux applications (espacées de 10-12 jours) apporte une meilleure efficacité.

Tableau 1 : Prévision du modèle NONA pour le vol de première génération de sésamies

(source BSV - 27 mai 2021)

Des évolutions réglementaires pour les solutions de lutte directe

La principale évolution réglementaire survenue au cours de l’année 2020 concerne la ré-homologation du produit Coragen avec des conditions d’emploi modifiées pour l’usage sur maïs grain et maïs fourrage : une seule application est désormais possible et celle-ci-doit être réalisée entre les stades BBCH 20 et BBCH 55. A noter que le stade BBCH 20 correspond « au début d’apparition des talles ou jeunes pousses », stade non défini pour le maïs dans la monographie des « Stades phénologiques des mono et dicotylédones cultivées » de 2001. En pratique, des talles peuvent être visibles lorsque la plante de maïs est environ au stade 6 feuilles. Le stade BBCH 55 est atteint lorsque « 50 % de la panicule terminale [est] visible, les rameaux de la panicule commencent à s’écarter ».

Les conditions d’emploi de Coragen ont également évolué sur maïs semence et maïs doux. L’application de Coragen reste possible sur ces cultures jusqu’au stade BBCH 87. Il reste possible d’appliquer Coragen en période de floraison du maïs doux ou maïs semence (se référer aux fiches de bonnes pratiques), ce qui permet de conserver une solution satisfaisante pour protéger ces productions en situations exposées à des risques d’attaques d’héliothis.

Tableau 2 : Conditions d’emploi et efficacité des solutions autorisées

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(1) DAR maïs grain / maïs fourrage
(2) Dose variable selon le produit. Bonne protection en condition d'infestation limitée. Efficacité moyenne en condition d'infestation plus élevée.
(3) Autorisé dans le cadre des traitements généraux
(4) Application autorisée uniquement sur maïs grain. Date limite de distribution : 20 avril 2021. Date limite d'utilisation : 20 juillet 2021
(5) Maïs semence : 1 application maximum entre les stades BBCH 20-50 ou 2 applications maximums entre les stades BBCH 51-87
(6) Uniquement au cours des périodes de production d'exsudats, en dehors de la présence d'abeilles pour une application maximum sur la culture
(7) ZNT de 5 mètres pendant les mois de juillet et août
(8) ZNT de 20 m dans le cas d'application à une dose inférieure à 0,075 l/ha
(9) Autorisé pour lutter contre les pucerons avant floraison
(10) Maïs semence : 2 applications maximums espacées au minimum de 10 jours
(11) Autorisé sur maïs semences entre les stades BBCH 14-58 et BBCH 71-83 avec 2 applications maximums espacées au minimum de 20 jours

Les résultats d’essais de la protection en lutte directe

La synthèse des résultats acquis au cours des expérimentations d’ARVALIS (figures 3a et 3b) met en évidence :
- des efficacités comparables entre Coragen et Karaté Zéon vis-à-vis de la pyrale du maïs et de la sésamie en situation avec un seul traitement. En situation de forte pression de ravageurs (et deux traitements), Coragen est légèrement plus efficace que Karaté Zéon vis-à-vis de la pyrale du maïs, mais Karaté Zéon apporte en revanche une meilleure protection que Coragen vis-à-vis de la sésamie.
- les solutions Success 4 et Mezalid (substance active : spinosad) apportent globalement un niveau de protection comparable à celui de Coragen sur les deux ravageurs ciblés (pyrale du maïs et sésamie).
- des efficacités irrégulières de Dipel DF pour la protection contre la pyrale du maïs. Les résultats acquis par ARVALIS (figure 4) montrent des efficacités de Dipel DF supérieures à 50 % dans les situations où le cumul de pluviométrie et d’irrigation est inférieur à 50 mm dans les 10 jours qui suivent les traitements. En revanche, parmi les quatre situations où ce cumul est supérieur à 50 mm dans les 10 jours qui suivent les traitements, trois d’entre elles présentent des efficacités inférieures à 10 %. Il est donc recommandé d’éviter d’appliquer ce produit en situation à risque d’excès de précipitations (pluie annoncée et/ou irrigation programmée). Les résultats acquis dans nos essais ne mettent pas en évidence une efficacité satisfaisante de Dipel DF dans les situations exposées à des attaques de sésamie.

Figure 3a : Comparaison de solution de protection contre la pyrale du maïs et la sésamie - Nombre de larves et galeries par plante (histogramme) et moyenne des efficacités en % (bulles)

Coragen Vs Karaté Zéon - 12 essais [2010-2019] - 1 ou 2 applications contre la 2e génération

Coragen Vs spinosad (Success 4 ou Mezalid) - 7 essais [2010-2019] - 1 ou 2 applications contre la 2e génération

Figure 3b : Comparaison de solution de protection contre la pyrale du maïs et la sésamie - Nombre de larves et galeries par plante (histogramme) et moyenne des efficacités en % (bulles)

Coragen Vs Dipel DF - 5 essais [2015-2019] - 2 ou 3 applications contre la 2e génération

Figure 4 : Efficacité du Dipel DF (Bacillus thurengiensis) en fonction de la pluviométrie et de l’irrigation

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