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Champ de maïs en floraison exposé au stress hydrique en 2019 en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Maïs : se tenir prêt à ensiler

07 août 2019

Depuis quelques semaines, les maïs sont exposés à un déficit hydrique qui s’amplifie, avec des conséquences possibles au niveau physiologique. Dans ce contexte particulier, il est d’autant plus nécessaire de surveiller l’évolution des parcelles et décider d’ensiler.

Après un démarrage ralenti par la fraîcheur des mois d’avril et mai, les maïs subissent désormais canicule et sécheresse. La situation actuelle est proche de celles rencontrées en 2003 ou 2015, à la différence près que les stades du maïs sont moins avancés, du fait de semis plus tardifs.

Dans le cas des cultures non irriguées, la fin de croissance des plantes (tiges et dernières feuilles) est fortement affectée, de même que les floraisons dans les situations les plus critiques.

Les premières récoltes de maïs fourrage, hors situations d’urgence, pourraient commencer aux alentours du 10-15 août. Attention, en cas de stress hydriques intenses, les dates optimales peuvent être avancées.

Des températures excédentaires à partir de mi-juin

Les pics de températures enregistrés fin juin, début et fin juillet contrebalancent avec la fraîcheur observée durant les mois d’avril et mai (marqués par de petites gelées) pour atteindre des cumuls proches de la normale. Selon la figure 1, le cumul des températures en base 6°C depuis fin avril ne dépasse la médiane qu’au 10 juillet, mais les sommes de températures entre le 20 juin et le 29 juillet sont quant à elles nettement supérieures à la médiane.

Figure 1 : Cumul de températures (base 6°C) à Angers depuis le 24 avril


Carte 1 : Ecart à la médiane des sommes de températures (base 6-30°C) du 20 juin au 29 juillet

Un stress hydrique pendant la phase sensible d’élaboration des grains

A l’exception de petits épisodes pluvieux sur la fin du mois, juillet 2019 a été un mois totalement sec. Cumulé aux séquences de températures très élevées et de fortes ETP journalières, nous assistons à une sévère amplification du déficit hydrique déjà observé fin juin : la mise en place des grains est affectée par des défauts de fécondation et des avortements durant la période succédant la floraison femelle, les feuilles du bas se dessèchent. Dans les parcelles les plus touchées, même les dernières feuilles émises commencent à sécher et à blanchir. Le manque d’eau pénalise l’absorption de l’azote et des symptômes de carences apparaissent.

Carte 2 : Cumul de pluie entre le 24 et 29 juillet 2019 (en mm)


Figure 2 : Exemple d’évolution du bilan hydrique - La Jaillière (44), variété demi-précoce S2, RU max 115 mm, semis du 24 avril, floraison le 18/07/2019

(source Irré-LIS®, données Météo- France)

Sur le bilan hydrique, le maïs s’est retrouvé en situation de stress hydrique sur la totalité de sa période de très grande sensibilité.

Des conséquences variables

Avant la floraison

- Les feuilles s’enroulent et prennent une teinte « vert-gris ». La fermeture des stomates limite la consommation en eau (évapotranspiration), mais réduit aussi la photosynthèse et la production de biomasse. Ce phénomène est réversible.

- Les entre-nœuds s’allongent moins vite et l’étalement des feuilles est moins rapide.

- Les feuilles du bas se dessèchent par effet de déshydratation et de remobilisation des assimilats pour soutenir la survie des organes plus jeunes.

- Le nombre de grains par rang (couronnes) du futur épi peut être pénalisé. (Le nombre de rangs est établi plus tôt, dès 10-12 feuilles).

Pendant la floraison

- Dans certains cas, le pollen a pu être émis dans le cornet et sa dispersion sur les soies peut être fortement pénalisée. La viabilité du pollen soumis au stress hydrique peut également être affectée. La température n’a d’impact qu’à partir de 36°C (sous abri) pendant plusieurs jours consécutifs.

- Côté épi, l’émission des soies hors des spathes peut être retardée et/ou partielle. La migration du pollen vers l’ovule peut également être perturbée. La fécondation des épis est alors très hétérogène, ce qui compromet la production de grains, y compris en cas de retour des pluies.

Il faut cependant noter que le nombre de grains de pollen par rapport au nombre d’ovules à féconder (plusieurs millions, pour 500 à 800 ovules) est très important. Cela permet en général de compenser les accidents de fécondation.

Après la floraison

- Le grain nouvellement formé peut avorter, et ce jusqu’au SLAG (Stade Limite d’Avortement des Grains) qui est fixé à 250 degrés-jour, base 6-30°C, après la floraison femelle (soit 15 à 25 jours, selon les conditions).

- La partie « tige + feuilles » peut se dessécher prématurément, ce qui limite le rendement et accélère la maturité.

En plus des conséquences physiologiques sur la formation et le remplissage des grains, le déficit hydrique perturbe l’alimentation du maïs en éléments minéraux. La carence en azote, fréquemment observée dans ces conditions, réduit la croissance des plantes. 

Les dates prévisionnelles de récolte fourrage

Les prévisions des dates de récoltes ensilage (date médiane au stade 32 % MS) sont calculées à partir de différentes dates du stade de floraison femelle (pour des températures normales à partir du 31 juillet 2019) – données Météo France. Selon la précocité, les besoins théoriques vont de 550 à 650°C, pour atteindre le stade 32 % de MS, en base 6 – 30°C.

Tableau 1 : Prévision des dates de récolte du maïs fourrage en fonction de la date de floraison et de la précocité

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

En situation de fort stress hydrique, les prévisions de stade sont moins fiables et l’observation au champ est encore plus indispensable. Dans ces conditions particulières, les chantiers d’ensilage pourront commencer plus tôt que les dates indiquées ici.

Observer les stades au champ : repérer la lentille vitreuse

Environ un mois après la floraison femelle, une première observation au champ doit être réalisée. A l’apparition de la lentille vitreuse sur la majorité des grains, on se situe autour de 25-26 % de MS plante entière pour des maïs à bon gabarit, encore bien verts. Mais pour des maïs à gabarit moyen, avec des feuilles qui commencent à dessécher, on sera déjà autour de 28-29 % MS.

A partir de ce stade, il faut en moyenne 150 degrés-jours, base 6-30°C, pour atteindre le stade optimal pour la récolte fourrage, 32-33 % MS plante entière. Cela correspond à une durée comprise entre 15 et 25 jours, selon les conditions climatiques.


Le stade « lentille vitreuse » correspond au début d’accumulation d’amidon vitreux au sommet de la majorité des grains.

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