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Irrigation du maïs en juin 2020 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Maïs : raisonner le déclenchement de l’irrigation en fonction des pluies

11 juin 2020

La majorité des maïs ont dépassé le stade 10 feuilles, qui marque le début de la période de valorisation de l’irrigation en cas de déficit hydrique. Les plus précoces approchent le stade 15 feuilles, et seront alors davantage exposés au risque de stress hydrique. Le début de la campagne d’irrigation va dépendre du niveau de pluies enregistrées.

Le point sur le climat

Bien que les semis n’aient pas été particulièrement précoces cette année, les sommes de températures ont été importantes depuis le début du cycle, accumulant depuis le 15 avril 100° jours (en base 6-30) de plus que la médiane en prenant l’exemple de Niort. Cela a permis une implantation et un développement rapide du maïs, se traduisant par plus de 2 feuilles d’avance à date de semis équivalente par rapport à une année moyenne.

Figure 1 : Températures (en °C) – Niort-Souche (79) et écart par rapport à la moyenne saisonnière

Après une dernière quinzaine de mai très sèche, la Pentecôte a vu le retour d’un temps plus perturbé. Mis à part quelques secteurs, les précipitations ont été jusqu’à maintenant relativement faibles. L’irrigation a démarré sur les secteurs les plus précoces et sur les sols superficiels début juin.

Figure 2 : Pluviométrie (en mm) du 1er au 9 juin 2020

Le début de la campagne d’irrigation et la suite seront à raisonner en fonction des précipitations de fin de semaine.

Dans le cas où l’irrigation n’a pas débuté, en sols superficiels, une pluie, même conséquente, ne remplira qu’en partie la réserve hydrique du sol, qui était déjà bien déficitaire suite à la précédente période de sec.

Dans les deux exemples présentés (figures 3 et 4), une pluie de 25 mm a été simulée au 11 juin (attention, cela ne présage pas de la pluviométrie réelle).

Figure 3 : Bilan hydrique du secteur de Poitiers, DKC4814 semé le 15 avril 2020 en groie moyenne
(Réserve utile max : 95 mm ; réserve facilement utilisable max : 65 mm)

Dans le cas où un premier tour d’eau a été effectué, et/ou en sols plus profonds, une pluie conséquente en fin de semaine permettra une bonne alimentation en eau des cultures pour une durée un peu plus importante.

Figure 4 : Bilan hydrique au Magneraud (17), DKC4814 semé le 15 avril 2020 en groie moyenne sur calcaire marneux
(Réserve utile max = 140 mm ; réserve facilement utilisable max : 88 mm)

Piloter l’irrigation en volume non limitant

Le maïs valorise l’irrigation à partir du stade 10 feuilles

Avant 10 feuilles (10F), le maïs consomme peu d'eau (moins de 0,5 mm x évapotranspiration) : le risque de stress hydrique est assez limité et l’intérêt de l’irrigation est faible à nul. La consommation en eau des maïs n’augmente significativement qu’à partir du stade 10F, passant à 0,7 x ETP. Elle continue d’augmenter pour atteindre le niveau maximal de 1,15 x ETP à partir de mi-montaison.

Quand déclencher l’irrigation ?

Le déclenchement se fera selon ces deux critères :
- maïs ayant dépassé le stade 10F ;
- déficit hydrique du sol mesuré ou estimé atteignant les seuils de déclenchement de l’outil de pilotage.

Adapter le premier tour d’eau

Le premier tour d’eau doit être adapté car les maïs consomment moins d’eau en début de cycle :
- le déficit hydrique étant faible en début de cycle, la dose d'irrigation doit être réduite afin que le sol puisse la stocker (débuter avec 25 mm plutôt que 30-35 mm par exemple) et également stocker d’éventuelles précipitations ;
- durée du tour d’eau : anticiper la première position afin que la dernière ne soit pas pénalisée ;
- déclenchement et rythme d’irrigation : ne pas trop solliciter la réserve facilement utilisable (RFU) au départ afin qu’elle puisse servir de tampon en cas de forte demande.

Reprise du tour d’eau après une pluie

En cas de pluie significative, c'est-à-dire supérieure à 10 mm, repousser l’irrigation d’un jour par tranche de 5 mm (s’il a plu 15 mm, attendre 3 jours avant de reprendre le tour d’eau).

Contrôler la dose reçue par le maïs

Les compteurs volumétriques qui équipent le matériel d’irrigation permettent de connaître la dose reçue à la parcelle. Cependant, il n’est pas rare de constater des écarts entre la dose programmée et la dose réellement apportée. Il est donc nécessaire de mettre en place un/des pluviomètres dans la parcelle. Préférer les pluviomètres standards, plus précis.

Piloter l’irrigation en volume limitant

Avec un volume d'eau ne permettant pas de satisfaire les besoins 8 années sur 10, l’objectif est de le répartir pour couvrir au mieux la période de très grande sensibilité au stress hydrique du maïs. Cette période s’étend du stade 15 feuilles au stade limite d’avortement du grain (SLAG), soit 2 à 3 semaines après la floraison femelle.

L’irrigation débutera donc plus tardivement qu’avec un volume non limitant : un stress modéré en début de cycle est moins impactant qu’un stress tardif. Préférer des doses d’irrigation réduites et plus fréquentes : par exemple, pour un volume de 150 mm, 6 apports de 25 mm valent mieux que 5 apports de 30 mm et que 4 apports de 38 mm. Enfin, en cas de pluie significative, c'est-à-dire supérieure à 10 mm, repousser l’irrigation d’un jour pour 4 mm de pluie.

Tableau 1 : Exemple de répartition de volumes limitants

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