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Semis précoce de maïs en 2019 en hauts de France Messagerie Nord

Maïs : pas d’urgence pour les semis

21 mars 2019

Les conditions sèches annoncées ces prochains jours (avec toutefois de la fraîcheur matinale) pourraient vous inciter à démarrer les chantiers de semis de maïs. Mieux vaut encore patienter...

Le point sur les pratiques de semis précoces

On parle de semis « précoces » lorsqu’ils se déroulent avant le 10-15 avril pour le nord de la France. Ce positionnement implique une phase semis - levée et premières feuilles visibles qui se réalise sous des températures moyennes journalières inférieures à 10-12°C.

Les semis précoces peuvent avoir plusieurs objectifs :
- augmenter le potentiel de rendement par le choix d’hybrides plus tardifs,
- augmenter ses chances de récolter plus précocement à des teneurs en eau du grain plus faibles pour un maïs grain (et économiser des frais de séchage !),
- récolter en bonnes conditions pour les chantiers d’ensilage des maïs fourrages en préservant également les structures de sol.

Néanmoins, cette pratique peut être source de stress pour la plante avec des températures en moyennes plus faibles en début de cycle de végétation. Pour évaluer l’impact de telles conditions, 8 essais « dates de semis » ont été menés en Bretagne (Bignan-56, Le Rheu-35) et dans le Nord (Foreste-02,Vraignes-80) entre 2011 et 2014. En s’appuyant sur trois variétés de maïs fourrage précoces et demi-précoces identiques chaque année, des densités réelles comprises entre 90 000 et 100 000 plantes/ha et des semis variant du 1er avril au 23 mai, il a été mis en évidence une certaine variabilité des niveaux de production de biomasse en fonction de la date de semis. Plus les températures et le rayonnement augmentent, plus le potentiel de production de biomasse est important. Ceci a également pu être vérifié sur des semis très précoces de maïs grain dans le Sud-Ouest en 2015.

Un des risques majeurs du semis très précoce dans nos régions est la survenue d’une période froide et humide juste après les semis. Elle peut exposer les graines et jeunes plantules à plusieurs incidents agronomiques : battance voire prise en masse du sol, attaques de ravageurs (mouches ou taupins, corbeaux), concurrence des adventices sur une durée plus longue, pouvant entraîner des pertes de pieds synonyme de pertes de rendement au final.

Des solutions possibles pour compenser ces stress ?

Pour sécuriser l’installation de la plante en situations à risque de températures froides en début de cycle, l’utilisation d’engrais starter a démontré son intérêt. Cette pratique augmente la capacité de la plante à capter le phosphore du sol à une période où cet élément est moins disponible et peu mobile (peu d’effet pour les semis plus tardifs). La réduction de la capacité photosynthétique observée dans certaines conditions de stress semble être en effet plus limitée pour les modalités avec apport d’engrais starter. La croissance en est légèrement accélérée, ce qui avance la date de floraison de quelques jours, soit parfois autant qu’une semaine de précocification du semis.

Parmi les autres moyens à exploiter, l’augmentation de la densité de semis pour compenser la baisse de surface foliaire semble être une piste intéressante. Le progrès génétique est aussi un levier important. Des cultivars plus tolérants à des températures plus froides réduisent l’impact de ces conditions moins favorables au développement des plantes. Par ailleurs, des phénomènes d’acclimatation ne sont pas à exclure. L’idée qu’une première période de froid donne la possibilité à la plante de mieux supporter un deuxième stress est une piste à préciser.

Des semis précoces mais pas trop

A ce jour, il ne semble pas justifié d’aller vers des semis ultra-précoces qui ne permettent pas d’avancer significativement les dates des stades foliaires, de la floraison et maturité.

En moyenne, en Hauts-de-France et en Champagne-Ardenne, un semis de début avril mettra une vingtaine de jours à lever, contre 12 à 15 jours seulement pour un semis de la deuxième quinzaine d’avril. On observe cependant une forte variabilité suivant le scénario climatique de post-semis : de l’ordre de 25 à 30 jours en 2012 et 2013, de l’ordre d’une dizaine de jours en 2014, pour un semis de 1re décade d’avril.

Dans ces régions, la période optimale de semis du maïs s’étend à partir du 5 avril sur tout le mois. En réalité, sur le début du mois d’avril, il y a plus d’enjeux sur les conditions d’implantation (préparation du lit de semences) et la qualité de ressuyage du sol que sur la date de semis.

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