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Les chantiers de semis de maïs démarrent Messagerie Centre / Ile-de-France

Implantation du maïs : les points clés de la réussite

02 avril 2020

Les semis de maïs devraient démarrer à la faveur du redoux prévu pour la semaine prochaine. Revue des détails des éléments à prendre en compte pour réussir l'implantation et la levée de la culture.

Au sommaire : Un hiver particulièrement doux et humide
Opter pour des semis précoces
Préparation du sol : s’assurer du ressuyage en profondeur
Semis : soigner la mise en place du peuplement
Densité de semis et écartements : les chiffres-clés
Penser à l’engrais starter
Quelle protection au semis contre les ravageurs ?

Un hiver particulièrement doux et humide

L’hiver a été particulièrement doux, notamment dans le sud de la région Centre où il a été relevé un écart de plus de 300 degrés-jours cumulés entre novembre 2019 et mars 2020 par rapport aux 20 dernières années (figure 1). Dans ce contexte, nous recommandons d’être particulièrement vigilants vis-à-vis des ravageurs.

Figure 1 : Ecart à la moyenne (1998-2018) du cumul de degrés-jours sur la période du 1er novembre 2019 au 25 mars 2020

La pluviométrie importante de cet hiver a permis de reconstituer les nappes après l’été caniculaire 2019. Les cumuls de pluie ont été au-dessus des normales, notamment dans le nord de la région (figure 2). En Eure-et-Loir, certaines stations ont enregistré jusqu’à 150 mm de plus que la moyenne des 20 dernières années entre novembre 2019 et mars 2020.

Figure 2 : Ecart à la moyenne (1998-2018) du cumul de précipitation sur la période du 1er novembre 2019 au 25 mars 2020

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Opter pour des semis précoces

La précocité des semis reste un levier essentiel pour la compétitivité du maïs. Ils ont l’avantage de permettre des récoltes plus précoces avec des niveaux d’humidité plus bas, une qualité sanitaire préservée et un moindre impact sur la structure du sol, des économies de frais de séchage et une « esquive partielle » des stress. Ces avantages l’emportent sur les inconvénients : risque de gelée à la transition florale (à partir du stade 6 feuilles), vulnérabilité potentiellement accrue aux attaques de taupins, d’oscinie et de corbeaux ; maîtrise plus pointue du désherbage (levées échelonnées et limite de persistance des herbicides).

Mais la possibilité de semer tôt dépend avant tout du type de sol, et notamment des capacités de ressuyage et de réchauffement. Pour rappel, il est recommandé d’attendre que le sol soit réchauffé (10°C) pour favoriser une levée rapide.

En général, les possibilités sont plus limitées en sols lourds, froids, battants ou hydromorphes. Elles sont assez restreintes en sols limoneux ou sableux, et plus larges en sols aérés de type argilo calcaires et limons argileux sains. Néanmoins, la situation doit s’apprécier au cas par cas.

En limons battants, il faut être particulièrement vigilant aux préparations trop fines en surfaces qui pourraient s’avérer battantes au retour des pluies. Tout peut être compromis si la levée n’est pas assez rapide !

D’une façon générale, mais en particulier dans ces situations, la fertilisation starter est recommandée.

Tableau 1 : Faisabilité des semis précoces selon les situations

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Préparation du sol : s’assurer du ressuyage en profondeur

Avant toute intervention, il est indispensable de s’assurer du ressuyage en profondeur du sol.

Les opérations de travail du sol ont pour objectif de créer une structure favorable à la levée et à l’enracinement. Un bon enracinement permettra une meilleure valorisation de l’eau et des éléments minéraux. Les discontinuités dans le profil de sol sont particulièrement dommageables. En conditions sèches, il est préférable d’éviter de créer des horizons foisonnants. Les préparations creuses et soufflées doivent être proscrites puisque le contact graine/sol et racines/sol sera limité, réduisant l’humidification de la graine et l’alimentation hydrique et minérale de la jeune plante. Le but est d’obtenir une terre ameublie en profondeur, rassise sans être trop tassée, et affinée sans excès en surface.

La transition entre le lit de semences et l’horizon délimité par les outils de reprise doit être progressive car, au sevrage (stade 4-5 feuilles), les jeunes racines se développeront dans cette zone. Une telle structure facilite les remontées d’eau par capillarité et évite les semelles bloquant l’exploration racinaire.

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Semis : soigner la mise en place du peuplement

Une levée rapide et homogène garantit un bon départ pour la culture. La graine doit être placée au contact de l’humidité de la terre fine dans un sol meuble (aéré) et rappuyé (non creux).

Il est conseillé de mettre le grain à une profondeur régulière, d’environ 3-6 cm, dans le frais. Moins profond, il est plus exposé aux attaques d’oiseaux et risque de ne pas germer en cas de sec prolongé. Trop profond, la levée sera plus lente et moins régulière. De plus, semer à une profondeur trop importante accentue les risques d’attaque de taupins.

Des essais récents avec des semoirs dits rapides (> 7 km/h) mettent en évidence des possibilités de maintien de la productivité malgré des vitesses de semis plus élevées. Cette augmentation de vitesse n’est évidemment possible que parce que le semoir y est adapté (pression au sol importante notamment). Dans les autres situations (semoir classique), pour assurer une profondeur régulière, il est indispensable de semer lentement avec un semoir en parfait état (pneus bien gonflés, socs en parfait état, aspiration sans faille…).

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Densité de semis et écartements : les chiffres-clés

La densité de culture se raisonne en fonction du potentiel de la parcelle (en premier lieu sous l’influence des ressources hydriques), du groupe de précocité, du type de grain et de la destination de la culture.

Concernant la précocité variétale, les variétés précoces présentent moins de feuilles que les variétés tardives. Or, le rendement d’une parcelle de maïs est directement lié au rayonnement intercepté par le couvert. Par conséquent, il est préférable d’augmenter le nombre de plantes/ha pour les variétés précoces afin de contrebalancer ce déficit en termes de rayonnement intercepté par rapport aux variétés tardives.

Le type de grains (corné ou denté) entre aussi en ligne de compte pour définir les densités de culture. En effet, pour les variétés à floraison précoce qui ont des grains cornés, le nombre de grains est déterminés par le nombre d’ovules par rang différenciés de manière précoce dans le cycle de développement de la plante. Or, pour les variétés à grains dentés, la différenciation du nombre d’ovules par rang est indéterminée, offrant ainsi davantage de possibilités de compensation.

Tableau 2 : Densités de semis de maïs grain pour des écartements entre 75 et 80 cm

NB1 Pour un maïs fourrage : ajouter 5000 plantes par rapport à un maïs grain.
NB2 Dans un contexte hydrique où la probabilité de restrictions en eau est forte, ou dans le cadre d’une gestion sous régime volumétrique limité
 : mettre en place des gammes plus précoces.
NB3 En culture pluviale
 : prendre plutôt le premier chiffre des fourchettes. Réduire d’avantage la densité ne constitue pas une économie très conséquente et revient à hypothéquer le rendement accessible si la pluviométrie estivale s’avère favorable.

Des études sont actuellement menées sur l’impact d’écartements réduits sur le rendement. Les résultats tendent à montrer que dans le cas de conditions à haut potentiel, des écartements de 40 cm pourraient entraîner une hausse du rendement. Dans notre jeu de données, le type de sol influence assez peu la réponse, il intervient en revanche au niveau des pertes à prendre en compte entre densité de semis et densité de plantes visées notamment au regard de la charge en cailloux : semer environ 5 à 10 % de graines en plus afin de compenser les pertes (graines non germées, attaques parasitaires).

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Penser à l’engrais starter

L’utilisation d’engrais starter a de nombreux avantages : développement plus rapide, homogène, permettant une moindre durée d’exposition au parasitisme et un gain de précocité à floraison indispensable dans le choix d’une stratégie d’évitement du stress hydrique. Pour tirer les bénéfices de cette stratégie, il est primordial de bien positionner l’engrais starter. Trop loin, il est moins efficace et ne joue plus son rôle de « booster » de la culture ; trop près, l’acide phosphorique peut brûler le germe et provoquer une perte de pieds. Le réglage des distributeurs d’engrais starter est donc un élément incontournable pour réussir cette technique. La localisation devra se faire en dessous de la ligne de semis et décalée de 4 et 5 cm du rang.

La dose recommandée est de 130 kg/ha de 18-46 (ou 130 l/ha de 14-48), ce qui permet d’avoir un bon effet starter et d’éviter des irrégularités de répartition sur la ligne (surtout vrai en solide). Il est possible d’aller jusqu’à 150-170 kg/ha en cas de parasitisme (nématodes par exemple). Par ailleurs, il est déconseillé de baisser la dose en dessous de 100 kg/ha car on risque d’obtenir de l’hétérogénéité de répartition de cet engrais starter, et donc de favoriser des levées décalées.

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Quelle protection au semis contre les ravageurs ?

On peut classer les parcelles à risques en fonction des critères suivants : dégâts antérieurs observés sur la parcelle, prairie de longue durée ou jachère dans la rotation et particulièrement la première et la deuxième année après retournement, terres légères…

En 2020, la solution efficace reste l’utilisation de microgranulés dans la raie de semis :
• Belem 0,8 MG / DAXOL: à base de cyperméthrine avec un diffuseur DXP.
• Fury GEO : à base de Zeta cypermethrine avec un diffuseur
• Karate 0,4 GR : à base de Lambda-cyhalothrine à appliquer avec diffuseur Syngenta
• Trika Expert + / Trika Lambda 1 : à base de lambda-cyhalothrine, est un microgranulé sur support organo-minéral à utiliser avec un diffuseur.

Il est important de rappeler que l’utilisation de ces microgranulés, quels qu’ils soient, doit être faite avec un diffuseur et que l’efficacité est moins bonne en sol motteux et avec des semoirs sans soc. L’utilisation d’un diffuseur est nécessaire mais pas suffisante : l’efficacité des microgranulés est aussi influencée par les conditions climatiques. Attention également au respect des doses d’utilisation. D’une façon générale, concernant la protection contre les taupins et les scutigérelles, tous les facteurs agronomiques doivent être utilisés en accompagnement d’une protection insecticide mais aucun ne permet de pallier un défaut de son efficacité.

Tableau 3 : Efficacité des solutions de lutte contre les ravageurs du maïs

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Retrouvez toutes nos préconisations dans le guide Choisir & Décider Maïs 2020.

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Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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