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Semis de maïs sur 8 rangs et trémie à engrais devant le tracteur pour localiser l’engrais starter, en plaine de l'Ain (nord de la France), en avril 2020 Messagerie Nord

Maïs : les points clés à prendre en compte au moment du semis

16 avril 2020

En culture de maïs, 50 % du rendement se détermine au moment de l’implantation. C’est pourquoi il est nécessaire de raisonner la densité de semis, l’utilisation des microgranulés insecticides, la fertilisation starter et le recours au roulage des sols.

Adapter la densité de semis à la précocité de la variété et au potentiel de la parcelle

Les conditions de culture et le choix variétal déterminent la densité de semis optimale. Celle-ci sera d’autant plus élevée que le contexte pédoclimatique est favorable, que le cycle de la culture est court et que les variétés sont précoces.

En cas de stress hydrique marqué pendant le cycle de végétation, les densités plus élevées sont mal valorisées, mais elles ne pénalisent pas le rendement pour autant. Cependant, si le climat estival est favorable au maïs, des densités trop faibles pénalisent systématiquement le rendement. La perte est alors plus importante que l’économie de semences réalisée à l’implantation.

En situation à haut potentiel ou pour des semis précoces, on visera plutôt le haut de la fourchette recommandée (tableau 1). Il faut également tenir compte des pertes à la levée liées à la qualité de germination, mais aussi et surtout, aux attaques parasitaires (taupins, corbeaux, sangliers…).

Tableau 1 : Densités de culture recommandées en nombre de plantes à l’hectare à la récolte

Attention aux corvidés

Sur maïs, les attaques de corvidés ont essentiellement lieu autour du semis et de la levée, et sont parfois prolongées au-delà du stade 4 feuilles.

Depuis le 31 janvier 2020, l’utilisation de semences traitées avec du thirame (fongicide à effet répulsif corbeaux) est interdite. Seul le zirame, fongicide à effet répulsif lui-aussi, reste à ce jour autorisé. Son efficacité reste moyenne et très variable selon le contexte. Elle sera de toute façon insuffisante face à des attaques importantes.

Cependant, il n’y a pas de solution miracle !

La première protection consiste à éviter d’attirer les oiseaux, notamment autour du semis : éviter un semis décalé dans le temps par rapport aux parcelles environnantes ou un semis très proche d’un travail du sol profond. Il convient de bien contrôler la profondeur de semis ; et ne pas laisser de graines en surface. Certaines pratiques qui consistent à semer plus profond (au-delà de 5 cm de profondeur) pourraient être préjudiciables à la qualité de la levée et pour autant, n’empêcheront pas les corbeaux d’aller chercher les graines.

Des systèmes d’effarouchement peuvent être mis en place (canon à gaz, cerf-volant…) mais leur efficacité reste toute relative.

En cas de risque taupins

Dans les situations à risque taupins (précédent prairie/graminées et/ou sols riches en matières organiques), depuis le retrait de Sonido, le recours à des produits microgranulés est la seule option possible. Ces produits présentent des bons niveaux d’efficacité s’ils sont utilisés en respectant un mode d’emploi précis : bon positionnement du diffuseur et respect de la dose préconisée, lit de semences bien préparé, et sol suffisamment humide.

Les insecticides microgranulés appartiennent à la famille des pyréthrinoïdes. Ils sont très peu solubles et très peu mobiles dans le sol. Pour être efficaces, ils devront donc être positionnés lors du semis de façon homogène. Ceci permettra de protéger correctement la graine, puis le mésocotyle et le collet de la jeune plante de maïs.

Pour atteindre cet objectif de bonne répartition, l’installation de diffuseurs sur les descentes du distributeur du semoir est indispensable. Pour le réglage du distributeur de microgranulés, il est nécessaire de se référer au tableau spécifique du matériel fourni par la firme distributrice du produit. Avant les semis, il est recommandé de réaliser un contrôle à poste fixe de chaque élément, puis de vérifier le bon écoulement du produit au champ.

Booster la vigueur au départ avec la fertilisation starter au semis

L’engrais starter aura d’autant plus de chance d’être efficace que le sol est peu pourvu en phosphore, que le semis est précoce, ou que le sol est froid.

En cas d’utilisation d’engrais starter, c’est l’élément phosphore qui, quand il est localisé à proximité de la plante, apporte un supplément de vigueur au départ et un gain de précocité. Deux types de produits peuvent être utilisés : l'engrais starter classique ou le microgranulé starter.

L’engrais starter classique, type 18-46, est distribué par le système de fertiliseur du semoir. On cherche à placer l’engrais suffisamment près de la graine pour que les premières racines captent facilement le phosphore, mais pas trop près pour éviter l’absorption trop importante d’azote sous forme ammoniacale (risque d’intoxication de la plantule). En pratique, on vise 5 cm sur le côté et 5 cm en dessous de la ligne de semis, avec une régularité de distribution sur la ligne.

Les microgranulés starter, aux doses préconisées, amènent moins de phosphore qu’un 18-46 (de l’ordre de 10 unités/ha P2O5) et ont un effet intermédiaire entre un engrais starter et un témoin sans engrais starter. Ils ont l’avantage de représenter des volumes plus faibles à l’hectare (20 à 25 kg/ha selon les produits) mais restent coûteux. Ils sont répartis par le distributeur de microgranulés insecticide. Dans ce cas, l’engrais est localisé dans la raie de semis, à côté de la semence.

En sol peu pourvu en phosphore (ne recevant jamais d’effluents organiques par exemple), les microgranulés starter doivent impérativement être accompagnés d’un apport en plein.

Figure 1 : Positionnement d’un engrais starter en comparaison avec un produit micro-granulé starter

(Source : ARVALIS – Institut du végétal)

Faut-il rouler les sols après les semis de maïs ?

Le roulage est une action destinée à « tasser » le sol en surface, réduire les cavités entre les mottes et permettre un ameublissement superficiel par écrasement des mottes.

Concernant l’objectif d’amélioration de la qualité de levée, si la préparation de sol est correcte, les semoirs actuels offrent une bonne qualité de rappuyage ; un roulage complémentaire n’a que très peu d’intérêt.

Il existe aussi un risque important en limon battant s’il y a un retour de pluies conséquentes et/ou d’orages avant la levée… En conditions de sols secs, l’intérêt du roulage sur l’efficacité des herbicides racinaires est très limité. L’efficacité des traitements de prélevée est réellement conditionnée à un minimum de pluie dans les 8 à 10 jours après l’application.

Néanmoins, dans l’attente de résultats d’essais, on peut penser que le fait de rouler et d’effacer les lignes de semis de maïs pourraient perturber l’activité des corvidés ou des sangliers.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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