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épis de maïs avec grains visibles Bilan

Maïs grain : retour sur les faits marquants de la campagne 2020

19 novembre 2020

A l’instar des céréales à paille, la campagne 2020 en maïs grain aboutit à des résultats très hétérogènes.

Des surfaces en hausse de 10 %

Suite aux conditions sèches de l’été 2019 et aux excès d’eau de l’automne-hiver, les producteurs se sont retrouvés dans l’incapacité de semer leurs cultures d’hiver. Beaucoup se sont reportés sur des cultures de printemps dont le maïs. La sole de maïs grain 2020 a ainsi enregistré une hausse de l’ordre de 10 % pour atteindre 1,57 million d’hectares.

Les semis ont débuté fin mars, d’abord sur les coteaux de Midi-Pyrénées, puis dans l’est de la France (Rhône-Alpes et Alsace). Ces premiers semis ont été réalisés dans des conditions très sèches, entraînant des hétérogénéités à la levée et des écarts de stades entre les plantes d’une même parcelle. Le retour des précipitations en avril et mai ont été salutaires pour ces premiers semis, mais, a contrario, elles ont reporté au mois de mai les semis de l’ensemble de la façade Atlantique (Sud Aquitaine, Pays de la Loire et Bretagne notamment).

Des difficultés dès l’implantation

Le début de printemps très chaud, suivi d’un mois de mai particulièrement frais, puis de conditions sèches dès le mois de juin, ont perturbé l’implantation et la croissance des maïs. Les défauts d’enracinement ont eu d’importantes conséquences en été, les plantes étant dans l’incapacité d’atteindre l’eau dans les horizons les plus profonds.

Les températures tièdes de janvier à avril ont entrainé l’émergence précoce de certains ravageurs sur une bonne partie du territoire telles que la pyrale et la sésamie. Cette dernière a été particulièrement abondante cette année dans le Sud-Ouest et observée plus au nord de sa zone habituelle.

A noter également de lourds dégâts d’oiseaux sur l’ensemble du territoire, avec plusieurs milliers d’hectares re-semés à la suite d’attaques de corvidés.

L’irrigation a permis de limiter la casse

Avec une sécheresse précoce, dès le mois de juin, les maïs se sont rapidement retrouvés en condition de stress hydrique prolongé. Le cumul de pluies est resté inférieur à 20 mm sur une grande partie de l’Hexagone durant le mois de juillet.

Carte 1 : Cumul de pluies (mm) entre le 1er et le 27 juillet 2020

Les maïs non irrigués ont directement subit les impacts de cette sécheresse avec un potentiel de rendement rapidement dégradé. Si quelques orages localisés ont permis de limiter les dégâts, le manque d’eau au moment de la floraison a généré des problèmes de fécondation et de régulation du nombre de grains par épi. Les rendements sont donc très hétérogènes selon les régions et les types de sols. On retrouve également une forte disparité au sein d’un même territoire, selon les dates de semis.

Concernant les maïs irrigués, les résultats sont meilleurs. Néanmoins, la demande estivale a été soutenue (P-ETP > 120 mm sur le mois de juillet), dépassant parfois la capacité d’irrigation des installations. Le rythme des tours d’eau a dû être maintenu de la fin juin jusqu’au début du mois d’août

Carte 2 : Bilan hydrique potentiel (P-ETP) entre le 1er et le 27 juillet 2020

Le bilan hydrique (P-ETP) tient compte des apports (P = pluies) et des pertes d’eau liées à la demande climatique (ETP = Evapotranspiration potentielle).

Des rendements très hétérogènes

Le rendement national 2020 en maïs grain est estimée à 89,4 q/ha, équivalent à celui de 2019 (89,3 q/ha), soit une production de 13,6 Mt après transfert (en hausse par rapport à 2019).

Les résultats sont contrastés avec de très bons rendements chez les irrigants qui sécurisent leur production, et des résultats médiocres - voire catastrophiques - pour certains maïs pluviaux.

Pour le maïs irrigué, la sécheresse prolongée a entraîné un surcoût (eau, énergie, temps de travail) mais les frais de séchage seront réduits grâce à des humidités relativement faibles à la récolte.

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