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parcelle maïs fourrage Campagne 2013

Maïs fourrage : un bilan correct malgré une météo chahutée

16 janvier 2014

Retour sur une campagne marquée par des conditions climatiques capricieuses. Globalement, les rendements et la qualité sont corrects mais les résultats sont hétérogènes selon les régions.

En 2013, 45 000 hectares de maïs fourrage ont été implantés en plus par rapport à l’année précédente. Cela portait à 1,46 millions d’hectares la surface française consacrée à cette production. Aucun changement de destination n’a été constaté en cours de campagne : peu de surface grain récoltée en fourrage, et vice versa. Néanmoins, quelques hectares, localement, n’ont pas pu être récoltés, faute de pouvoir entrer dans les parcelles au moment de la récolte.

Une campagne chaotique

La campagne n’a pas commencé sous les meilleurs auspices, avec une pluviométrie excessive et des températures froides. Le printemps 2013 fait partie des plus mauvais de ces 30 dernières années. Ces conditions climatiques ont entraîné, selon les régions et les dates de semis, des retards au semis, des ressemis après inondations, des levées lentes, des maïs bloqués à 3 feuilles, des pertes de densité…
Une période chaude s’est ensuivie, entre le 20 juillet et le 10 août. Le nombre de jours avec des maximums de températures supérieurs à 30°C a été nettement supérieur à la normale. Cette période chaude a été marquée par une pluviométrie déficitaire, voire parfois très déficitaire, par rapport aux besoins des plantes. Localement, des orages accompagnés de coups de vent (27 juillet) ont provoqué de la verse, et même de la casse de plante. Suivant la date de semis, cette période sèche est arrivée avant, pendant ou après la floraison. Cela a provoqué des défauts de mise en place des grains, des dessèchements précoces de plantes ou encore des défauts de remplissage des grains.
Un automne relativement doux a permis le rattrapage du retard en somme de végétation pour les semis tardifs. Il a aussi favorisé le remplissage des grains, le rendement et la maturité. Mais la pluviosité a perturbé la réalisation des chantiers de récolte, en octobre.

Chaleur à l’ouest, fraîcheur au sud

Le grand Ouest fait figure d’exception, avec un excédent de température pendant l’été et l’automne. Conséquence : une maturité accélérée des plantes, parfois au détriment du rendement. En outre, des récoltes à taux de matière sèche (MS) relativement élevés ont été réalisées chez les éleveurs qui n’ont pas avancé les dates de récolte par rapport au prévisionnel. Dans la moitié sud, c’est le déficit de températures qui a prévalu, une zone dans laquelle les semis ont souvent été tardifs. Au Nord et au Nord-Est, un excédent de pluie en octobre a perturbé les chantiers de récolte.

Des chantiers de récolte très tardifs

Au niveau national, les chantiers ont eu lieu pendant dix semaines, s’étalant du 20 août au 1er novembre. Quand l’été est un peu sec, il n’est pas rare que les maturités s’accélèrent en fin de cycle. Par conséquent, des récoltes au 20 août ne sont pas surprenantes dans certaines régions, comme en Pays-de-la-Loire, en Poitou-Charentes et en Lorraine. Par contre, la date du 1er novembre est exceptionnellement tardive, alors qu’il est conseillé d’avoir terminé les chantiers de récolte au 15 octobre, afin de limiter les risques de gelée précoce, de manque de portance des sols et de fragilisation de la plante. Deux raisons à ces retards de récolte : des dates de semis tardives et des pluies d’octobre.

Le cru 2013 est correct en rendement

Malgré les difficultés de semis et de récolte, le cru 2013 est correct en rendement. Il peut même être qualifié de bon cru dans les régions les moins chahutées par la météo. La douceur de septembre et d’octobre a favorisé le maintien des plantes en bon état végétatif, avec un rattrapage de maturité et une photosynthèse efficace pour le remplissage des grains.
Les taux de MS sont très variables, allant d’environ 28 % à 36 %. Des valeurs extrêmes sortent de cette fourchette à cause des conditions de végétation et des dates de récolte. Ainsi, en Bretagne, une part importante de maïs a été récoltée à plus de 35 % de MS parce que les récoltes n’ont pas été suffisamment avancées après les températures élevées de l’été. Dans d’autres régions, des taux de MS à la récolte ont été élevés car les entrepreneurs n’ont pas pu, pour cause de pluie, rentrer dans les parcelles lorsque les maïs étaient au bon stade de récolte. Au contraire, les faibles taux de MS à la récolte sont dus à des récoltes précoces, pour cause de rupture de stock fourrager en fin d’été, ou en raison de semis tardifs.

Retour à la normale du taux de MS moyen

Par rapport à 2012, il est observé un retour à la normale du taux de MS moyen, mais cela cache de fortes disparités.

Le taux moyen d’amidon, pour sa part, est proche de la normale, même s’il montre aussi une forte hétérogénéité. Il est en progression par rapport à l’année précédente, lors de laquelle le Nord et l’Ouest avaient souffert de conditions froides et humides à l’automne. De plus, en 2012, les maïs avaient souffert d’un déficit de pluviométrie estivale de la Lorraine au Poitou-Charentes. Le taux d’amidon est cependant en retrait par rapport à 2011, une année exceptionnelle dans toutes les régions.

La digestibilité enzymatique, méthode de laboratoire destinée à approcher la digestibilité de la plante entière, est à un niveau normal. Tout comme les teneurs en Matières azotées totales (MAT).

Le DiNAG, critère d’appréciation de la qualité de la partie « tige + feuilles », est à un niveau moyen. Mais les récoltes en fin de période montrent des diNAG plutôt faibles, quel que soit le taux de MS à la récolte. Cela s’explique par la « fatigue » des plantes face à l’accumulation de conditions de végétation moins favorables.

Enfin, les valeurs énergétiques (UFL) reviennent à la normale après une année déficitaire en 2012 et une année exceptionnelle en 2011. Mais, au niveau de cet indicateur aussi, les valeurs moyennes masquent une grande variabilité.

Tableau 1 : Composition chimique et valeur énergétique moyennes, maïs fourrage 2013
(source GERM Services, 64)


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