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Maïs en floraison en août 2016 en normandie Messagerie Normandie

Maïs fourrage : les premières prévisions de dates de récolte

18 août 2016

Dans la majorité des parcelles, les maïs ont atteint le stade floraison femelle, avec toutefois une grande disparité obervée suite aux conditions de début de cycle. Retrouvez les prévisions des dates d'ensilage en fonction de la date de floraison, la précocité de la variété et le secteur.

Des conditions difficiles de semis dues à l’impossibilité de rentrer dans les parcelles, la fraîcheur, les excès d’eau de juin ou encore les attaques de ravageurs conduisent à une forte hétérogénéité des maïs cette année, à la fois entre parcelles et au sein d’une même parcelle.

Des dates de floraisons femelles décalées

La date de floraison femelle est un indicateur de précocité de la parcelle. Cette année, les dates de floraison femelle sont légèrement décalées, principalement dues aux dates de semis. En Normandie, les semis se sont étalés de fin-avril à mi-juin avec une grande partie réalisée autour du 5 mai, mais aussi tout au long du mois de mai selon le ressuyage des parcelles et l’avancée des travaux.

Les floraisons femelles ont été observées autour du 5 août pour la majorité des parcelles en Normandie, les premières étant intervenues fin juillet. Certaines parcelles dans le bocage normand semées plus tard n’ont pas encore atteint ce stade. Dans le BSV Céréales Normandie du 10 août 2016, sur les douze parcelles observées, la majorité se situe à Floraison Femelle, les stades s'échelonnant entre13 Feuilles et 15 jours après la floraison.

Les écarts de stade sont plus importants à l’est de la Normandie. Dans l’Orne, le cumul de température depuis fin avril est inférieur à la médiane sur 20 ans alors qu’il est supérieur sur la Manche et la Seine-Maritime. Les premières floraisons ont été constatées seulement fin juillet pour des variétés demi-précoces dans l’Orne tout comme pour les semis autour du 20/04 en Vallée de Seine.



Les trois semaines après la floraison marquent une période cruciale pour la détermination du nombre de grains/épi. Le SLAG (Stade Limite d’Avortement des Grains) intervient 250 dj après la floraison lorsque les grains mesurent 10mm. Ce stade marque la fin de la période de sensibilité maximale au stress hydrique. Actuellement, cette phase se déroule sans pluie mais sans excès de températures.

Par exemple, pour une variété précoce type LG30275 (série SB) semée le 5 mai à Alençon, la date de floraison est observée le 27 juillet et la date de récolte fourrage à 32%MS est estimée le 16 septembre.

Des parcelles hétérogènes suite aux conditions de début de cycle

Cette année, les accidents en végétation (dégâts de mouches, limaces, ennoiement, stress hydrique…) entraînent des interrogations sur le potentiel des parcelles. Les hétérogénéités observées peuvent être réparties sur de grandes zones dans les parcelles mais aussi au sein de la ligne de semis avec des pieds à gabarit réduit à l’ombre de pieds normaux et des décalages dans la floraison femelle.

Le potentiel de rendement d’une parcelle de maïs peut être apprécié une fois que les grains sont tous formés et que le remplissage (évolution de l’amidon dans le grain) a démarré c’est à dire environ un mois après la floraison femelle.

• Des fortes précipitations en début de cycle ayant provoqué des asphyxies racinaires…

Le début de cycle des maïs jusqu’au stade 10 F a été marqué par de fortes précipitations surtout à l’Est de la région. Ces conditions extraordinaires ont provoqué de nombreuses asphyxies racinaires dans les sols de marais, les sols battants, hydromorphes… Aujourd’hui, les conséquences s’observent avec des gabarits réduits avec de petits épis dans les zones touchées.



Les cumuls de précipitations sur le début de cycle ont été très élevés (100 à 250 mm en moyenne sur mai et juin) avec notamment les fortes pluies accumulées dans les derniers jours de mai surtout dans le sud-est de l’Orne et l’Est de l’Eure et la Seine-Maritime. Les pluies répétées courant juin ont également perturbé la croissance des maïs surtout dans les parcelles où le ressuyage est long. Des sols battus en excès ne ralentissent la croissance des maïs.

• … et des stress hydriques qui apparaissent autour de la floraison

Depuis début juillet, les cumuls de pluie sur la majorité de la région sont souvent très faibles, avec 20 à 30 mm enregistrés. La Seine-Maritime et le Nord de la Manche ont bénéficié de davantage de pluie.



En parallèle, les températures se sont élevées mi-juillet et les déficits en eau des sols se sont accentués. Des symptômes de stress hydrique sur les maïs sont apparus autour de la floraison sur les sols à plus faible réserve hydrique mais aujourd’hui de plus en plus de parcelles sont concernées.

Le déficit hydrique observé ces dernières semaines coïncide avec la phase de plus grande sensibilité des maïs. Cette période encadre la floraison femelle jusqu’au stade limite d’avortement des grains (SLAG). Après la floraison vient la phase de remplissage des grains, autre étape délicate quand les réserves hydriques sont faibles.


• Des bilans hydriques déficitaires qui se généralisent…

Quelle que soit la date de semis, la réserve en eau des sols actuellement accessible aux maïs est largement entamée. La réserve facile utilisable (RFU) est souvent épuisée. Les limons profonds en bordure maritime ne présentent pas encore de difficultés aujourd’hui mais voici deux exemples de bilan hydrique réalisé avec Irré-LIS® en Normandie, avec une situation dans le sud-Est de l’Orne et l’Est du Calvados. La période de formation des grains se déroule sous contrainte hydrique.



Variété demi-précoce  (SC) ex : Balboa
Semis 05 mai dans Le Perche (61)  - 
Sol limon argileux à réserve hydrique moyenne (RU 100 mm


Variété précoce (SB) ex : LG30275
Semis 15 mai dans le Pays d’Auge (14) - Sol limon profond sain à bonne réserve hydrique (RU 150 mm)

Prendre en compte le grain (nombre et maturité) et l’état de l’appareil végétatif pour définir la date de récolte

Le stade optimum de récolte se situe aux environs de 32-33% MS, cela intervient en moyenne deux mois après la floraison femelle. En cas de déficit hydrique marqué (1989, 1990, 2003, 2015), cette durée peut être réduite à moins de 50 jours. Dans le contexte de 2016, la vigilance s’impose. Aujourd’hui, l’étude des sommes de températures indique un démarrage des chantiers de récolte pour la dernière décade de septembre sur la Normandie.

Premières prévisions des dates de récoltes ensilage (dates médianes stade 32% MS), à partir de différentes dates de stade floraison femelle
(pour des températures normales à partir du 9 août –
données Météo France, Besoins théoriques 550 à 650°C, selon précocité, pour atteindre le stade 32% de MS, en base 6 – 30°C.



Cette année, des difficultés risquent de se présenter à la récolte. Dans une même parcelle, les plantes de maturité très différente vont cohabiter. La décision quant à la date de récolte sera à prendre au cas par cas. Pour préserver la qualité du fourrage, il faudra prendre sa décision en observant les plantes qui constituent la majeure partie du rendement de la parcelle.

Environ un mois après la floraison, il faut surveiller l’apparition de la lentille vitreuse sur la majorité des grains, indicateur du stade 25-26 % de MS plante entière pour des maïs verts à bon gabarit. Pour des maïs à gabarit moyen, avec des feuilles commençant à dessécher, on sera déjà autour de 28-29% MS. En conditions normales de végétation, le stade optimal de récolte correspond au moment où les trois types d’amidon sont répartis en trois tiers équivalents dans les grains des couronnes centrales des épis.

Pour repérer le stade optimal de récolte du maïs fourrage, consultez : 
- la vidéo Normandie : planifier la date de récolte du maïs fourrage dès aujourd’hui
- la vidéo Maïs fourrage : anticiper la date de récolte

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