En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
maïs en stress hydrique Messagerie Bretagne

Maïs : évaluer les impacts du stress hydrique à la floraison

01 août 2019

Absence de pluie depuis le 20 juin et des températures caniculaires fin juillet, notamment sur l’est de la région : telles ont été les dures conditions climatiques auxquelles ont été exposés les maïs autour de la floraison. Les conséquences sont variables.

Un mois de juillet sec et chaud

Ces dernières semaines ont été éprouvantes pour les cultures de maïs. La croissance des plantes et la floraison ont été perturbées, avec des conséquences à prévoir pour la production, en fourrage comme en grain.

Tableau 1 : Valeur des principaux paramètres climatiques en 2019, en % de la médiane depuis 1998

Moyenne de 19 postes bretons (source Météo-France)

Figures 1 et 2 : Exemple d’évolution de bilans hydriques

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

(source Irré-LIS®, données Météo- France)

La phase de plus grande sensibilité du maïs, qui va du stade 15 feuilles, jusqu’au stade limite d’avortement des grains (SLAG) se déroule en situation de déficit hydrique, plus ou moins marqué selon les situations. Sans retour de pluie significative, en sol superficiel, la réserve en eau du sol est quasiment épuisée à ce jour (à droite).

Les conséquences du stress hydrique autour de la floraison

Avant la floraison

- Les feuilles s’enroulent et prennent une teinte « vert-gris ». La fermeture des stomates limite la consommation en eau (évapotranspiration), mais réduit aussi la photosynthèse et la production de biomasse. Ce phénomène est réversible.

- Les entre-nœuds s’allongent moins vite et l’étalement des feuilles est moins rapide.

- Les feuilles du bas se dessèchent par effet de déshydratation et de remobilisation des assimilats pour soutenir la survie des organes plus jeunes.

- Le nombre de grains par rang (couronnes) du futur épi peut être pénalisé. (Le nombre de rangs est établi plus tôt, dès 10-12 feuilles).

Pendant la floraison

- Dans certains cas, le pollen a pu être émis dans le cornet et sa dispersion sur les soies peut être fortement pénalisée. La viabilité du pollen soumis au stress hydrique peut également être affectée. La température n’intervient qu’à partir de 36°C (sous abri).pendant plusieurs jours consécutifs.

- Côté épi, l’émission des soies hors des spathes peut être retardée et/ou partielle. La migration du pollen vers l’ovule peut également être perturbée. La fécondation des épis est alors très hétérogène, ce qui compromet la production de grains, y compris en cas de retour des pluies.

Il faut cependant noter que le nombre de grains de pollen par rapport au nombre d’ovules à féconder (plusieurs millions, pour 500 à 800 ovules) est très important. Cela permet en général de compenser les accidents de fécondation.

Après la floraison

- Le grain nouvellement formé peut avorter, et ce jusqu’au SLAG (Stade Limite d’Avortement des Grains) qui est fixé à 250 degrés-jour, base 6-30°C, après la floraison femelle (soit 15 à 25 jours, selon les conditions).

- La partie « tige + feuilles » peut se dessécher prématurément, ce qui limite le rendement et accélère la maturité.

En plus des conséquences physiologiques sur la formation et le remplissage des grains, le déficit hydrique perturbe l’alimentation du maïs en éléments minéraux. La carence en azote, fréquemment observée dans ces conditions, réduit la croissance des plantes.

Maïs fourrage : les prévision des dates de récolte

Tableau 2 : Prévisions des dates de récoltes fourrage (32 % MS), à partir de différentes dates de stade floraison femelle (pour des températures normales à partir du 28 juillet) – données Météo France

Besoins théoriques 600 à 640°C, selon précocité, pour atteindre le stade 32 % de MS, en base 6 – 30°C

En situation de fort stress hydrique, les prévisions de stade sont moins fiables et l’observation au champ est encore plus indispensable. Dans ces conditions particulières, les chantiers d’ensilage pourront commencer plus tôt que les dates indiquées ici.

Observer les stades au champ : repérer la lentille vitreuse

Environ un mois après la floraison femelle, une première observation au champ doit être réalisée. A l’apparition de la lentille vitreuse sur la majorité des grains, on se situe autour de 25-26 % de matière sèche (MS) plante entière pour des maïs à bon gabarit, encore bien verts. Mais pour des maïs à gabarit moyen, avec des feuilles qui commencent à dessécher, on sera déjà autour de 28-29 % MS.

A partir de ce stade, il faut en moyenne 150 degrés-jours, base 6-30°C, pour atteindre le stade optimal pour la récolte fourrage, 32-33 % MS plante entière. Cela correspond à une durée comprise entre 15 et 25 jours, selon les conditions climatiques.


Le stade « lentille vitreuse » correspond au début d’accumulation d’amidon vitreux au sommet de la majorité des grains.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10