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Conduite de Chantier

Maïs en stress hydrique : quand faut-il ensiler ?

02 août 2018

Le déficit de pluie et les températures excédentaires du mois de juillet ont accentué le stress hydrique des maïs, dans la phase sensible autour de la floraison. Dans les situations les plus critiques, les feuilles se dessèchent alors que le stade du grain est encore peu avancé.
L’observation attentive des parcelles s’impose pour décider de la conduite à tenir. La décision d’ensiler n’est pas facile à prendre. Voici quelques observations au champ qui peuvent aider à la réflexion.

Visiter et rentrer dans les parcelles

Il convient de bien visiter toutes les parcelles de l’exploitation pour prendre les bonnes décisions. Il y a souvent une forte hétérogénéité d’aspect et de stade entre parcelles. Ces variations traduisent des différences de pluviométrie locale (orages), mais sont également le reflet de pratiques culturales : précédent, date de semis, qualité d’implantation,…. Les maïs implantés en bonnes conditions, avec un enracinement correct, résistent mieux en conditions difficiles. Les hétérogénéités au sein d’une même parcelle traduisent les différences de profondeur de sol et de réserve utile.

➢ Entrez dans les parcelles
Il ne faut pas s’en tenir à l’observation des plantes en bordures. Leur gabarit et leur état ne reflètent pas forcément le reste de la parcelle.

➢ Observez les plantes, du plus général au plus précis
- hauteur moyenne et hétérogénéité,
- état des feuilles : vertes, jaunes, desséchées ; au-dessus, au niveau et au-dessous de l'épi, évolution récente de leur état,
- estimer le pourcentage de plantes ayant un épi, estimer le nombre de grains par épi, estimer le nombre de grains par m² (ne pas confondre les grains viables, en cours de remplissage, et les grains avortés),
- apprécier l'état d'avancement du grain : amidon laiteux, pâteux, présence de la lentille vitreuse à l'extrémité du grain…


Défaut de fécondation et avortement de grains en sommet d’épi

Le grain, nombre par m² (méthode d'estimation : voir encadré) et stade, est déterminant pour statuer.

Quelle décision prendre ?

Sur des maïs desséchés suite au déficit hydrique, il est toujours délicat de prendre la décision d’ensiler. Dans tous les cas, la décision doit être prise en fonction du grain (nombre de grains par m² (*) et stade de maturité) pondéré par l'état de l'appareil végétatif.

Si la part des surfaces de maïs stressées est significative sur l’exploitation : plutôt que de trouver un mauvais compromis pour la date de récolte, il peut être judicieux d’envisager deux chantiers d’ensilage. En récoltant d’abord les parcelles, ou les parties de parcelles, les plus avancées.

Pour des maïs à plus de 1 500 grains/m² et avec au moins 4-5 feuilles vertes au-dessus ou au niveau de l’épi ⇒attendre l’évolution normale du grain En absence de grain, ou moins de 300 à 500 grains/m² ⇒ c’est l’évolution de la surface foliaire encore verte qui guide la décision

(*) méthode d’estimation rapide du nombre de grains par m² :
A réaliser en dehors des bords de champ, sur des zones représentatives. Le comptage est possible de trois semaines après la floraison femelle jusqu’à la récolte.
- comptage du nombre d’épis par m² sur au moins 3 fois 10 m² (ex. : 13.33 ml x 0.75 cm écartement)
- comptage du nombre de grains par épi (= nb de rangs x nb grains par rangs) sur au moins 3 fois 20 épis successifs

Maïs trop sec : les précautions à prendre

Un maïs fourrage récolté à plus de 35% MS sera plus difficile à tasser et nécessite donc des précautions :

- Viser une finesse de hachage d’environ 8-10 mm pour faciliter le tassement. Travailler avec des couteaux d’ensileuse bien affûtés, les feuilles desséchées sont plus difficiles à couper.

- Tasser méticuleusement le silo. Il restera cependant toujours plus d’air par kg de matière sèche dans un maïs sec, notamment en haut du tas, et il faudra plus de temps pour épuiser l’oxygène enfermé (3 à 5 jours). Pendant ce délai, les bonnes fermentations lactiques ne démarrent pas, mais les levures et moisissures se multiplient. Un silo bien hermétique réduira leur activité, mais elles peuvent redémarrer lors de l’ouverture du tas.

Pour limiter le développement des moisissures et les pertes, des additifs de conservation peuvent être ajoutés (bactéries lactiques homofermentaires et hétérofermentaires). Il faut surtout prévoir une vitesse d’avancement suffisante sur le front d’attaque : au moins 10 cm par jour les mois d’hiver et au moins 20 cm pendant les périodes chaudes.

Grille d’aide à la décision d’ensiler pour des maïs en situation de stress hydrique
en fonction du stade du grain, du nombre de grains estimé et de l’état de l’appareil végétatif

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