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Croissance et prévisions de récolte du maïs Messagerie Poitou-Charentes

Maïs : de bons potentiels mais une campagne en retard

02 septembre 2021

Sous l’effet de conditions estivales plutôt douces et humides, les maïs présentent à ce jour de bons potentiels dans les situations où le peuplement s’est maintenu après des semis dans le sec.

Climat : où en est-on ?

Depuis la mi-avril, la somme de températures (base 6-30°C), moteur du développement de la culture, flirte au mieux avec la médiane et cumule le plus souvent un certain retard. Ceci est d’autant plus frappant que les dernières campagnes étaient plus chaudes.

La majorité des floraisons a réellement débuté la semaine du 14 juillet et s’est étalée jusqu’à la fin du mois, dans des conditions fraîches pour un mois de juillet mais tout à fait favorables à une bonne fécondation des épis. Selon les postes météo, le retard de somme de températures varie de 0°C en bordure maritime et un peu plus de 125°C sur les secteurs plus continentaux du nord des Deux-Sèvres et l’est de la Vienne et de la Charente. Cela correspond à un retard de 0 à 14 jours par rapport à une année médiane (figure 1).

Ajoutant à cela des semis peu précoces du fait de l’épisode de sec en avril et des levées parfois lentes, les maïs les plus précoces atteignent cette semaine 50 % d’humidité du grain en plaine. Et les ensilages ont ou vont démarrer avec 5 à 15 jours de retard par rapport aux années précédentes.

Figure 1 : Ecart à la médiane des sommes de températures (base 6-30°C) entre le 15 avril et le 28 août 2021
Ecart à la médiane des sommes de températures (base 6-30°C) entre le 15 avril et le 28 août 2021

Sur la période estivale, le cumul de pluies est supérieur à la médiane de 50 à 100 mm selon les secteurs. De plus, ces précipitations ont été relativement bien réparties pendant la période de floraison et de début de formation du grain. Ajouté à cela une demande climatique souvent contenue, les déficits hydriques sont beaucoup moins marqués qu’en années sèches. L’absence de stress durant toute cette longue période a permis la mise en place d’une très forte programmation d’ovules au niveau des épis. La fécondation et le début de formation des grains s’étant également déroulés dans de bonnes conditions, on observe aujourd’hui des fertilités d’épi souvent exceptionnelles, aussi bien en régime pluvial qu’en situations irriguées. Pour ces dernières, les démarrages tardifs et l’absence de restriction majeure, ont permis d’assurer une alimentation en eau très favorable.

A noter que l’absence de précipitations significatives depuis plus de 15 jours peut entraîner des stress hydriques tardifs, pendant la phase de remplissage, pouvant avoir un impact significatif notamment dans les sols les plus superficiels et les situations les plus tardives. Il n’en demeure pas moins que le nombre de grains par m² est d’ores et déjà fixé et promet souvent de beaux potentiels.

Un tour d’eau est toujours valorisable dans les 7-8 prochains jours dans de nombreuses situations

Le stade 50 % d’humidité du grain, qui marque la fin de période de valorisation de l’irrigation, intervient environ à 580 à 700°j après la floraison selon les précocités. A l’aide des données météo (observées + prévisionnelles à 7 jours, puis médianes et des données fréquentielles), on peut prévoir la date d’atteinte de ce stade (tableau 1).

Tableau 1 : Dates prévisionnelles d’atteinte du stade 50 % d’humidité du grain
Dates prévisionnelles d’atteinte du stade 50 % d’humidité du grain

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(Réseau Météo-France ARVALIS, données observées jusqu’au 28/08/21 et prévisions +7 jours)

L’irrigation, si elle est possible et utile, sera valorisée jusqu’à fin août – mi-septembre selon les précocités et les types de sols. En sol superficiel, compte tenu des bons potentiels, il peut être intéressant de retarder l’arrêt au stade 45 % d’humidité du grain (5-6 jours après le stade 50 %).

Ces prévisions sont valables pour des maïs n’ayant peu ou pas subi de stress (bonnes conditions, parcelles irriguées) et sont à compléter par l’observation des plantes à la parcelle. En conditions de stress hydrique, la date sera avancée par rapport à la prévision. Enfin, il faudra s’adapter également avec les éventuelles précipitations prévues ce week-end.

Une vidéo pour en savoir plus sur l’arrêt d’irrigation :

Le stade 32 % d’humidité du grain prévu en moyenne pour la fin septembre

Le stade 32 % d’humidité du grain marque la fin de la phase de remplissage. A partir de là, le poids de mille grains (PMG) n’évolue plus. Le rendement maximum est atteint. Le maïs peut être récolté à partir de ce stade.

Compte tenu du climat et si les températures du mois de septembre restent proches des normales, la maturité physiologique devrait être atteinte première semaine de septembre pour les floraisons de début juillet, au plus tôt le 20 septembre pour les floraisons du 20 juillet (tableau 2).

Bien qu’il soit d’usage d’attendre afin d’économiser en frais de séchage, la tardivité de la campagne va probablement conduire à récolter des maïs plus humides que ces dernières années. Attention, les maïs présentent souvent de grands gabarits et des insertions d’épis assez hautes qui pourraient fragiliser les cultures vis-à-vis d’éventuels coups de vent. Trop attendre pour gagner quelques points d’humidité pourrait exposer entre autres à un risque de verse.

Tableau 2 : Dates prévisionnelles d’atteinte du stade 32 % d’humidité du grain
Dates prévisionnelles d’atteinte du stade 32 % d’humidité du grain

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(Réseau Météo-France ARVALIS, données observées jusqu’au 28/08/21 + prévisions +7 jours)

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