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jeune plantes de maïs, 2 feuilles Résultats d'essais

Maïs : quelle forme d'engrais organiques choisir en AB ?

06 mai 2021

Afin d’évaluer l’efficacité de quelques engrais organiques du commerce à base de sous-produits animaux apportés en végétation sur le rendement du maïs conduit en AB, ARVALIS a mis en place un réseau de quatre essais en 2018 et 2019, en partenariat avec les Chambres d’agriculture de Dordogne et des Landes. Compte tenu des faibles écarts de performances agronomiques entre produits, le critère économique semble être le plus important pour choisir son fertilisant.

En agriculture biologique, l’utilisation des engrais organiques du commerce n’est pas aisée : l’azote qu’ils contiennent, principalement sous forme organique, doit d’abord être minéralisé avant d’être accessible à la plante. Plusieurs facteurs tels que la nature des produits, leur période d’apport ou la stratégie de fractionnement, en interaction avec les conditions de l’année, peuvent déterminer à partir de quand et à quelle vitesse va se produire cette minéralisation. La stratégie de fertilisation doit être, autant que possible, raisonnée de manière à ce que l’azote minéralisé soit disponible lorsque le maïs en a le plus besoin.

Pas de différence d’efficacité observée

En 2018 et 2019, différentes formes de protéines animales transformées (PAT) ont été testées à une même dose de 150 kg N/ha apportée entre 6 et 10 feuilles* du maïs (tableau 1). Leur teneur en azote varie de 8 à 13 % selon leurs proportions respectives de farines d’os, de viande, de plumes et/ou de sang.

Tableau 1 : Caractéristiques principales des expérimentations sur les engrais organiques utilisables en agriculture biologique (4 essais maïs 2018-2019)

Un gain de rendement de 3 à 31 % par rapport au témoin non fertilisé a été observé suivant les engrais et les lieux d’essais. D’un essai à l’autre, ce gain de rendement variait assez fortement (de 7 à 26 %). En revanche, au sein d’un même essai, les écarts de rendement observés entre les différents engrais du commerce apportés restent minimes et se situent dans une gamme allant de 0 à 2 % du rendement du témoin non fertilisé. De plus, le classement des produits n’est pas constant d’un essai à l’autre (figures 1, 2 et 3). Aucune différence significative d’efficacité n’a donc pu être mise en évidence entre les engrais testés.

Figure 1 : Rendements du maïs (en % du témoin non fertilisé) selon le type de fertilisants organiques (8-12-0, 9-6-0, 10-6-0 et 13-2-0) apportés en végétation à une dose de 150 kg N/ha (moyenne de 2 essais 2019)

Figure 2 : Rendements du maïs (en % du témoin non fertilisé) selon le type de fertilisants organiques (8-12-0 et 10-6-0) apportés en végétation à une dose de 150 kg N/ha (moyenne de 3 essais 2018 et 2019)

Figure 3 : Rendements du maïs (en % du témoin non fertilisé) selon le type de fertilisants organiques (10-2-2 et 10-6-0) apportés en végétation à une dose de 150 kg N/ha (moyenne de 2 essais 2018)

Une vitesse de minéralisation de l’azote variable suivant la composition des produits

Les fertilisants testés se différencient principalement par la proportion dans chacun d’entre eux des matières premières qui les composent.
Ainsi, les poudres de sang et de plumes présentent les teneurs en azote les plus élevées (de l’ordre de 11 à 14 %) et ne contiennent pas ou très peu de phosphore et de potassium. A l’inverse, les poudres d’os ont une teneur en azote plus faible (généralement comprise entre 4 et 7 %, parfois moins), mais elles contiennent davantage de phosphore (de 12 à 17 % et parfois même davantage).

Quant aux poudres de viande, leur composition se situe généralement à des niveaux intermédiaires.

La vitesse et le taux de minéralisation des engrais organiques à base de sous-produits animaux sont souvent assez bien corrélés à leur teneur en azote : plus cette teneur augmente et plus l’azote qu’ils contiennent est rapidement accessible pour les plantes. Cependant, d’autres facteurs comme la finesse de mouture des matières premières qui composent l’engrais ainsi que la granulométrie et la dureté des granulés ou des bouchons peuvent également avoir une incidence sur la disponibilité de l’azote.

De plus, une vitesse de minéralisation potentiellement élevée n’est pas toujours avantageuse. En effet, selon les conditions de l’année, il est difficile de prévoir à quel moment exact le pic de minéralisation va se produire et si la libération d’azote sera en phase avec les besoins du maïs.

Des critères de choix pragmatiques

Compte tenu des faibles écarts de performances techniques entre produits, le choix entre différents engrais à base de PAT sera avant tout dicté par le coût et les contraintes d’approvisionnement telles que la disponibilité locale des produits. La granulométrie est également un facteur à prendre en compte : elle peut impacter la facilité d’épandage et la vitesse de minéralisation.

Enfin, bien que la teneur en phosphore des engrais ne présente pas d’effet sur le rendement dans nos essais annuels, elle peut constituer un critère dans le choix des produits afin d’entretenir la fertilité des sols à moyen et long terme vis-à-vis de cet élément.

*Les apports étaient réalisés à la même date pour toutes les modalités d’un essai

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